HYACINTHE
Après le grenat se présente l’hyacinthe, qui approche de sa nature , et qu’on doit aussi regarder comme un produit du schorl mêlé de substances métalliques. L’hyacinthe se trouve dans les mêmes lieux que le grenat, elle donne de même une double réfraction; ces deux pierres cristallisées se rencontrent souvent ensemble dans les mêmes masses de rochers : on doit donc la rapporter aux cristaux vitreux, et c’est après le grenat la pierre vitreuse la plus dense *. Sa couleur n’est pas franche , elle est d’un rouge plus ou moins mêlé de jaune; celles dont cette couleur orangée approche le plus du rouge sont les plus rares et les plus estimées : toutes perdent leur couleur au feu et y deviennent blanches, sans néanmoins perdre leur transparence, et elles exigent pour se fondre un plus grand degré de feu que le grenat. On voit des hyacinthes en très - grande quantité dans les masses de roches vitreuses et autres matières rejetées par le Vésuve , et ces pierres se trouvent non seulement en Italie dans les terrains volcanisés , mais aussi en Allemagne , en Pologne, en Espagne, en France, et particulièrement dans le Vivarais et l’Auvergne : il y en a de toutes les teintes , de rouge mêlé de jaune, ou de jaune mêlé de brun; il y en a même de blanches qu’on connoît sous le nom de jargons. Il s’en trouve aussi d’un jaune assez rouge pour qu’ou s’y trompe en les prenant pour des grenats ; mais la plupart sont d’un jaune enfumé, et même
i. La pesanteur spécifique de l'hyacinthe est de 368^3 , et celle du grenat syrien de 40000.
brunes ou noirâtres. Elles se trouvent quelquefois en groupes, et souvent en cristaux isolés; mais les unes et les autres ont été détachées du rocher où elles ont pris naissance comme les autres cristaux vitreux.
M. Romé de Lisle dit, avee raison, que « l’on donne quelquefois le nom d'hyacinthes orientales à des rubis d’Orieni de couleur orangée, ou à des jargons de Ceylan dont la teinte jaune est mêlée de rouge, de même qu’on donne aussi quelquefois aux topazes orangées du Brésil le nom d'hyacinthes occidentales ou de Portugal ; mais l’hyacinthe vraie ou proprement dite est une pierre qui différé de toutes les précédentes, moins par sa couleur, qui est trèsvariable, que par sa forme, sa dureté, et sa gravité spécifique. »
Et en effet, quoiqu’il n’y ait, à vrai dire, qu’une seule et même essence dans les pierres précieuses , et que communément elles soient teintes de rouge, de jaune, ou de bleu , ce qui nous les fait distinguer par les noms de rubis , topazes , et saphirs, on ne peut guère douter qu’il ne se trouve aussi dans les climats chauds des pierres de même essence , teintes de jaune mêlé d’un peu de rouge, auxquelles on aura donné la dénomination d hyacinthes orientales ; d’autres teintes de violet, et même d’autres de vert, qu’on aura de même dénommées améthystes et émeraudes orientales : mais ces pierres précieuses , de quelque couleur qu’elles soient , seront toujours très-aisées à distinguer de toutes les autres par leur dureté, leur densité , et surtout par l’homogénéité
MINÉRAUX
de leur substance qui n’admet qu’une seule réfraction, tandis que toutes les pierres vitreuses dont nous venons de faire l’énumé-
ration sont moins dures, moins denses, et en même temps sujettes à la double réfraction.
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