‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 83 sur 218 · PERLES · texte numérisé non relu

PERLES

les a séparées dans le commerce, où les perles de moules n’ont aucune valeur en comparaison des perles d'huîtres; cri es des moules sont communément plus grosses , mais presque toujours défectueuses, sans orient, brunes ou rougeâtres et de couleurs ternes ou brouillées. Ces moules habitent les eaux douces, et produisent des perles dans les étangs et les rivières, sous tous 1rs climats, chauds, tempérés ou froids. Les huîtres, les patelles , et les oreilles de mer, au contraire, ne produisent des perles (pie dans les climats les plus chauds; car dans la Méditerranée, qui nourrit de Ires-grandes huîtres , non plus que dans les autres mers tempérées et froides, ces coquillages ne forment point de perles. La production des perles a donc besoin d'une dose de chaleur de plus : elles se trouvent très -abondamment dans les mers chaudes du Japon, où certaines patelles produisent de tres-belles pelles. Les oreilles de mer, qui ne se trouvent que dans les mers des climats méridionaux , en fournissent aussi; mais les huîtres sont l’espèce qui en fournit le plus.

On en trouve aux îles Philippines, à celle de Ceylan , et surtout dans les îles du golfe Persique. La mer qui baigne les côtes de l’Arabie du côté de Moka en fournit aussi; et la haie du cap Coniorin , dans la prcsqu île occidentale de l’Inde, est l’endroit de la terre le plus fameux pour la recherche et l'abondance des belles perles. Les Orientaux, et les commerça ns d’Europe, ont établi en plusieurs endroits de l’Inde des troupes de pécheurs, on, pour mieux dire , de peli'es compagnies de plongeurs, «| ni , chargés d’une grosse pierre , se laissent aller au fond de la mer pour en détacher les coquillages au hasard, et les rap-

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porter à ceux qui les paient assez pour leur faire courir le risque de leur vie. Les perles que l’on tire des mers chaudes de l’Asie méridionale sont les plus belles et les plus précieuses , et probablement les espèces de coquillages qui les produisent ne se trouvent que dans ces mers ; ou s’ils se trouver! I ailleurs, dans des climats moins chauds, ils n’ont pas la même faculté , et n’y produisent rien de semblable, et c’est peutêtre parce que les vers à tarière qui percent ces coquilles n’existant pas dans les mers froides ou tempérées.

On trouve aussi d’assez belles perles dans les mers qui baignent les terres les plus chaudes de l’Amérique méridionale, et surtout près des côtes de Californie , du Pérou, et de Panama ; mais elles sont moins parfaites et moins estimées que les perles orientales. Enfin on en a rencontré autour des îles de ia mer du Sud ; et ce (pii a paru digne de remarque, c’est qu’en général les vraies et belles perles ne sont produites que dans les climats chauds, autour des des et près des continens , et toujours à une médiocre profondeur; ce qui sembleroit indiquer qu’indépendamirient de la chaleur du globe , celle du soleil seroit necessaire à cette production, comme à celle de toutes les autres pierres précieuses ; mais peutêtre ne doit-on l’attribuer qu’à lexistt^ice des vers qui percent les coquilles, dont les espèces ne se trouvent probablement que dans les mers chaudes , et point du tout dans les régions froides et tempérées; il faudrait donc un plus grand nombre d’observations pour prononcer sur 1rs causes de cette belle production , qui peuvent dépendre de plusieurs accidens dont les effets n’ont pas été assez soigneusement observés.

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