‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 109 sur 124 · CHAPITRE LVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE LVI

De l'immortalité de l'âme.

Cest la question qui doit terminer une étude intégrale <Je la nature ; c'est le sujet, sur le lequel les modernes ont le plus échoué.

l'immortalité doit être démontrée en preuve composé* et non pas simple. Nous avons la preuve simple, tirée des doctrines religieuses qui nous garantissent l'immortalité ; c'est une très-bonne preuve sans doute, mais elle est simple Pour l'élever au mode composé, il faut y ajouter la preuve scientifique : l'esprit humain ne peut pas l'obtenir, tant qu'il n'est pas initié à l'analogie d'où on tire les septbranches de preuves nécessaires en théorie del'im-

mortalité. C'est une étude fortétendue que je me borne à indiquer ; elle comprend :

4 , a, 3, 4, les 4 traités d'analogie appliquant les 4 règne» animai, végétal, mi»éral et aromal, au règne passionnel eu pivotai, re^foofttftal;

5 le teeité de l'ambigu, des transitions;

6 le traité du contact des extrêmes ou diffraction;

7 te traité du ralliement des extrêmes en hauts degrés. Enfin l'analogie mathématique. {Voyez sur ce sujet II, 304, où

j'ai préludé à la théorie de l'immortalité en y appliquant les théorèmes des aires proportionnelles aux temps, et des carrés de temps périodique» proportionnels aux cubes des distances.)

Tel est le cortège de preuves nécessaires : faut-il s'étonner que les- philosophes n'aient su en donner aucune ? Elles sont toute» puisées djana l'analogie dont ils n'ont jamais voulu faire aucune étude..

Un débat récemment élevé dans le monde savant,, sur le m&r gnétisme, peut nous servir ici pour aperçu d'une preuve qui se rapporte à la 6' bronche du tableau ci-dessus, au contact des extrêmes.

Dieunouadevanl sur cepoint une preuve composée, une- preuve matérielle et rationnelle, il faut que certaines démonstrations soient de natoe à affecter nos sens, les initier momentanément aux faculté» dont l'âme jouit dans une autre vie. Ce serait peu de connaître ces facultés par le raisonnement, il faut des preuves palpables.

Pour les chercher recourons à la boussole de la justesse, à la série progressive : spéculons sur une série de 3 situations de l'âme, savoir : une situation moyenne et deux extrêmes, cmi doir vent être en contact.

La situation moyenne sera l'état de vbuar, l'existence pleinje où le corps opère combinément avec l'âme : c'est lemote corn* po$é*

La situation extrême inférieure sera l'était de semisu*, vie iaitik sée, mode simple , état ou le corps ne s'associe pas aux veijonfléô de l'âme.

L'extrême supérieur sera la vie ultrà-mon»*!» et tfmoan^ p&êé*rôtmki\ gîagiède déterminer les. familles.

Précisons 1» djâgnanee entre ce* 3 situations.de l'âme : Btetjâftpfeet înfiwmù&dmin, le :

Etat composé ou mondain, la veille.

Etat surcomposé ou supra-mondain, la vie future dans laquelle nos âmes prendront des corps plus parfaits. Nos corps actuels sont terre-aqueux, formés des deux éléments grossiers qu'on nomme terre et eau ; les corps de nos âmes dans l'autre vie, seront ether-aromaux, formés de deux éléments subtils nommés air et arôme.

Selon la règle du contact des extrêmes, les deux existences extrêmes, dites infra-mondaine et supra-mondaine , doivent être en rapport : la plus basse doit donner des images de la plus élevée ; en effet le' sommeil peut, chez certains sujets et dans certains cab, initier l'homme aux facultés sensuelles des supramondains. On en voit la preuve par les somnambules artificiels, ou magnétisés, et par les somnambules naturels ; l'un et l'autre état donnent à l'homme des sens ultra-humains, comme la faculté de lire un écrit malgré l'interposition d'un corps opaque, de voir ce qui ce passe à de grandes distances, en lieu fermé où l'œil ne pourrait pas atteindre. Ces somnambules ont donc les facultés visuelles des ultra-mondains ; ils sont en contact avec le terme supérieur de la série d'existence dont ils forment le terme inférieur. Ainsi l'exige la loi de diffraction, étendue à toute la nature.

Pour donner du poids à cette explication, il faudrait que le lecteur connût les contacts d'extrêmes, qu'on trouve par centaines, et dont on n'a jamais fait aucun tableau. J'en ai décrit deux au chap. LV, en traitant du faux sucre et de l'esclavage. Une collection imprimée, d'un millier de ces contacts d'extrêmes, convaincrait que ce contact, nommé diffraction, est loi fondamentale dans Tordre de la nature, et qu'elle doit s'appliquer à la théorie de l'immortalité, en former une des branches.

En théorie de l'immortalité, il faut bien parler de la mort, qui est le point de passage, et parler des emblèmes de la mort qui sont les plus répugnants de toute l'analogie. Les lecteurs français seraient déraisonnables sur ce point ; ils ne veulent que des tableaux agréables : cela m'oblige à supprimer la plus palpable des preuves de l'immortalité qu'on puisse tirer du corps humain et de son mécanisme.

Quant à la preuve citée, celle du magnétisme, on peut trancher sur le débat qui existe à cet égard. Les médecins allemands ont pleinement raison d'y croire, malgré le scepticisme de la fa-

Page 1