‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 11 sur 124 · XIV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XIV AVANT-PROPOS

les sociétés civilisées et barbares, et prouvera qu'elles ne ne sont point la destinée de l'homme.

. Alors finiront nos controverses parasites sur le bonheur, la sagesse , la vertu , la philanthropie : il sera prouvé que le vrai bonheur consiste à jouir d'une grande richesse et d'une variété infinie de plaisirs ; vérité que nos philosophes ont niée , parce que leur science ne peut donner ce genre de bonheur à personne, pas même aux sybarites ni aux monarques. César, parvenu au trône du monde, n'y trouve que le vide, et s'écrie : N'est-ce que cela ! Madame de Maintenon dit : a Ne voyez-vous pas que je meurs de tristesse dans » une fortune qu'on aurait eu peine à imaginer, et qu'il n'y » a que le secours de Dieu qui m'empêche d'y succomber? s> (secours bien faible s'il la conduit à mourir d'ennui !) elle ajoute : « Que ne puis-je vous faire voir l'ennui qui dévore d les grands, et la peine qu'ils ont à remplir leur journée ! » tous les états laissent un vide affreux, une inquiétude, une » lassitude, une envie de connaître autre chose. » Horace l'avait dit en d'autres termes: Post equhem sedet atra cura. C'est donc en vain que les sybarites parisiens nous vantent leur talent de vivre si bien et si vite ; je prouverai, par un parallèle avec les plaisirs de l'harmonie sociétaire [période 8e du tableau précédent), que leur vie est bien mesquine, bien traînante, et que l'homme le moins riche, le moins favorisé dans l'état sociétaire, sera plus heureux que les sybarites parisiens, parce qu'il pourra donner cours à ses douze passions dont le développement combiné est le seul gage de parfait bonheur.

On persuade aux civilisés qu'ils volent à la perfectibilité, quand ils sont accablés de calamités nouvelles et récentes, dont 24 sont décrites au chap. XLVIII ; entre autres le fléau des dettes publiques, toujours croissant, et qui, à la première guerre entre les Occidentaux, amènerait une banqueroute universelle suivie de révolutions.

Il est bien d'autres plaies inarperçues : tel est l'empiétement du commerce qui menace de tout envahir, et dont les

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