‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 40 sur 124 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Éducation dei lutins par les honni ns et bon ni nés.

Je viens de décrire la période matérielle de l'éducation, celle j

où les fonctions ne s'étendent guère qu'à la culture des sens, à \

l'art de les dégrossir et les préserver du faussement dont ils sont !

frappés en civilisation dès le bas âge. Sur mille enfants français }

il en est 999 qui ont l'oreille faussée, et ainsi des autrc3 sens.

Nous passons à la période d'initiative en industrie et en Attraction industrielle, sans laquelle tout est faux en éducation ; car le j premier des trois buts de l'homme étant la richesse ou le luxe, on peut dire que son éducation est faussée et qu'il se dirige à contresens, si dès les premiers pas, dès l'âge d'environ 2 ans, il ne s'adonne pas spontanément au travail productif, source de la richesse ; et s'il se livre, comme l'enfant civilisé, à ne faire que le mal, souiller, briser, commettre des dégâts que de sols parents trouvent charmants. '

Cette duplicité d action dans le bas âge, cet instinct, de si

onne heure en divergence avec l'attraction, serait la honte du Créateur, s'il n'avait pas inventé un autre mécanisme propre à faire concerter les passions et l'attraction à tout âge. Examinons ce mécanisme sur le premier âge susceptible d'industrie.

Dès que l'enfant peut marcher et agir, il passe de la classe des poupons et pouponnes à celle des lutins et lutines. S'il a été élevé dès sa naissance dans les séristères d'une phalange, il sera dès l'âge de 24 mois assez fort pour passer aux lutins. Parmi ces enfants on ne distingue point les deux sexes; il importe de les confondre à cette époque pour faciliter l'éclosion des voca-

lions et l'amalgame des sexes à un même travail. On ne commence à distinguer les sexes que dans la tribu des bambins.

J'ai dît que la nature donne à chaque enfant un grand nombre d'instincts en industrie, environ une trentaine, dont quelques-uns sont primaires ou dirigeants et doivent acheminer aux secondaires.

Il s'agit de découvrir d abord les instincts primaires : l'enfant mordra à cet hameçon dès qu'on le lui présentera ; aussi dès qu'il peut marcher, quitter le séristère des poupons, les bonnins et bonnines à qui il est remis s'empressent-ils de le conduire dans tous les ateliers et toutes les réunions industrielles peu éloignées ; et comme il trouve partout de petits outils, une industrie en miniature, exercée déjà par les lutins de 2 1/2 à 3 ans, avec qui il veut s'entremettre, fureter, manier, on peut discerner, au bout d'une quinzaine, quels sont les ateliers qui le séduisent, quels sont ses instincts en industrie.

La phalange ayant des travaux excessivement variés, (voyez chapitres xv etxvi), il est impossible que l'enfant qui les parcourt n'y trouve pas l'occasion de satisfaire plusieurs de ses instincts dominants; ils éclateront à Paspect des petits outils maniés par d'autres enfants plus âgés que lui de quelques mois.

Au dire des pères et instituteurs civilisés , les enjants sont de petits paresseux : rien n'est plus faux ; les enfants dès l'âge de 2 a 3 ans sont très-industrieux, mais il faut connaître les ressorts que la nature veut mettre en œuvre pour les entraîner a l'industrie dans les Séries passionnées, et non pas en civilisation.

Les goûts dominants chez tous les enfants sont :

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