Intervention musicale et chorégraphique à l'Opéra
2. Lavage de 120 assiettes en une demi-heure, sans en fêler aucune.
3. Pelage d'un demi-quintal de pommes en temps donné, sans en re-
trancher au-delà de tel poids indiqué.
4. Triage parfait de telle quantité de riz ou autre grain en temps fixé»
5. Art d'allumer el couvrir le feu avec intelligence et célérité.
En outre , on exigera d'elle des brevets de licenciée dans cinq groupes,
De bachelière dans sept groupes , De néophyte dans neuf groupes.
Ces épreuves, dont le choix est libre pour la postulante, sont
exigées lorsqu'elle veut monter de chœur en chœur ; on en exige d'autres pour monter d'échelon en échelon , comme des bas chérubins aux mi-chérubins, etc.
L'éducation harmonienne dédaigne l'usage des prix qu'on donne aux enfants civilisés et parfois aux pères ; elle n'emploie que des ressorts nobles, plus justes que les prix si souvent donnés à la faveur, comme on l'a vu lors des prix décennaux sous Bonaparte. Elle met enjeu l'honneur et l'intérêt ; l'honneur de s'élever rapidement de grade en grade , et l'intérêt ou récolte de forts dividendes dans plusieurs séries. (l'oyez chapitre XIX, tableau des ressorts pour la basse enfance ; j'en décrirai bien d'autros pour Ja haute enfance). •
Jusqu'à 9 ans les épreuves roulent sur le matériel plus que sur le spirituel ; et au-delà de 9 ans , plus sur le spirituel quo sur le matériel qui est déjà formé.
Dans la basse enfance on s'attache d'abord à obtenir l'exercice intégral des fonctions corporelles, et le développement simultané des organes. Si des bambins ou bambines se présentent aux chérubins, on exigera d'eux, outre les cinq emplois et les brevets indiqués plus haut, une autre épreuve en dextérité intégrale, expliquée aux diverses parties du corps ; par exemple, les sept exercices qui suivent :
1" De main et bras gauche; 2e de main et bras droit. 3e De pied et jambe gauche ; 4r de pied et jambe droite. 5« De 2 mains et un bras; G* de 2 pieds et une jambe ; 7e Un des quatre membres,
plus une thèse intellectuelle qui, selon les facultés de leur âge, \ roulera sur la compétence de Dieu seul en direction sociale, etf £ l'incompétence de la raison humaine dont les lois n'engendrent que ^ barbarie et civilisation, que fourberie et oppression.
En gradation des chérubins aux séraphins, on sera plus exigeant, soit en matériel sur des exercices plus difficiles que les précédents, soit en intellectuel sur des sujets à portée de l'âge de 6 ans.
Si l'on exige de la basse enfance majorité ou totalité d'épreuves en matériel, c'est pour se conformer à l'impulsion de l'âge qifl est tout au matériel. On ne s'applique en harmonie qu'à seconder l'attraction, favoriser l'essor de la nature avec autant de soin que la civilisation en met à l'étouffer.
L'éducation se terminant aux deux chœurs de jouvenceaux et
jouvencelles, ils n'ont plus d'épreuves à subir pour passer aux deux chœurs d'adolescents et adolescentes; mais ces épreuves se prolongent par degrés dans tous les chœurs et échelons de l'enfonce ; elles sont le ressort qui excite l'enfant impatient de s'élever,, et honteux de quelques revers, à solliciter passionnément l'instruction.
Les chœurs et tribus, même les plus jeunes, sont pétris d'amour-propre, et n'admettraient pas un candidat maladroit. Il serait renvoyé mois par mois , d'examen en examen. Les enfants sont des juges très-rigoureux sur ce point. L'affront du refus devient piquant pour ceux qui ont passé l'âge d'admission dans une tribu. Après six mois de tëpit et d'épreuves réitérées, ils sont, en cas d'insuffisance, placés dans les chœurs de demi-caractère. Les parents ne peuvent pas se faire illusion sur leur infériorité, ni prôner comme à présent la gentillesse d'un enfant idiot. L'émulation est étouffée dans sa source, tant que les gâteries du père n'ont aucun contre-pords.
Le renvoi au demi-caractère , quoique peu flatteur , n'est pas offensant, parce que cette classe contient beaucoup d'individus disgraciés en facultés sensuelles, quoique remplis d'aptitude intellectuelle. Ladite classe contient aussi certains ambigus précieux, figurant dans deux caractères et doublant l'un et l'autre.
D'ailleurs , comme le plein caractère forme un corps très-nombreux où l'avancement est difficile, les enfants faibles en moyens intellectuels se décident aisément pour le demi-caractère, où la faiblesse réelle d'un sujet se trouve déguisée sous un rôle d'ambigu.
En outre , lorsqu'un enfant passe au demi-caractère de la tribu supérieure, c'est pour lui un avancement réel qui ne l'empêchera pas de passer au plein caractère de cette tribu, lorsqu'il fera preuve de l'aptitude nécessaire.
Certains individus peuvent passer leur vie entière dans les chœurs de demi-caractère ; ils n'en sont pas moins heureux pour cela, ni déconsidérés, puisque cette classe, je l'ai dit, contient des individus de très-grand prix. On sait d'ailleurs que souvent un caractère, mal prononcé dans les premiers âges, se déploie avec le temps et devient un titre de très-haut degré.
Du reste, dans le demi comme dans le plein caractère, les nombreux moyens d'Attraction industrielle [yopz ceux de la basseenfance) conservent toute leur influence. La seule envie de passer des aspirants aux néophytes de tel groupe, des néophytes aux
bacheliers, suffit pour électriser un jeune enfant dans les aleiiw ■». jardins, étableâ et manœuvres : l'on est moins en peine d'exciter son émulation que de modérer son ardeur, et le consoler d'une impéritie dont il s'indigne et s'efforce de se corriger. Quel contraste avec les enfants civilisés qu'on dit charmants et qui , a 4 ans, n'ont d'autre talent que de tout briser et souiller, et de résister au travail auquel on ne peut les résoudre que par le fouet et la morale ! %
Aussi leur sort est-il si fâcheux, qu'ils soupirent tous après la récréation, chose qui sera ridicule aux yeux des enfants harmoniens : ils ne connaîtront d'autre amusement que de parcourir les ateliers et les réunions bien intriguées sur l'industrie. L'un des prodiges qu'on viendra admirer dans la phalange d'essai, sera lo spectacle d'enfants qui ne voudront jamais se récréer, mais toujours passer d'un travail à un autre, et qui n'auront de sollicitude que celle de savoir quels rassemblements vont être négociés à la bourse , pour les travaux du lendemain , par les chœurs de chérubins do qui les bambins prennent l'impulsion ; car ils ne sont pas 'encore en activité à la bourse, et n'ont la direction d'aucun travail.
La pleine liberté qu'on accorde aux enfants harmoniens ne s'étend pas aux licences dangereuses ; il serait ridicule qu'on permit à un bambin de manier un pistolet chargé. Les harmoniens n'abusent pas du mot liberté comme les civilisés qui, sous prétexte de liberté, autorisent chez un marchand toutes les fourberies imaginables.
L'admission à manier l'arme à feu, les chevaux nains, les instruments tranchants, n'est accordée que par degrés, lorsqu'on s'élève de chœur en chœur, d'échelon en échelon ; et c'est un des moyens d'émulation qu'on met en jeu pour stimuler l'enfant à l'industrie, à l'étude, sans jamais l'y obliger.
On ne verra pas cette émulation en pleine activité dans la phalange d'essai, parce qu'elle manquera de tous les ressorts que fournissent les relations extérieures pour exciter l 'amour-propre et les rivalités parmi l'enfance. Un enfant de cette phalange n'aura pas la perspective d'arriver, dès l'âge de 42 à 43 ans, à de hautes dignités, ^lles que le commandement de dix mille hommes dans une manœuvre de parade ou d'armée; mais il suffira des résultats déjà très-brillants qu'on obtiendra au début, pour faire juger de ceux que donnera le nouvel ordre,* quand il sera
pourvu de toutes les ressources, et élevé au plein mécanisme par l'organisation générale.
Il est dans l'éducation des bambins et bambines, une branche sur laquelle je n'ai pas pu disserter, c'est l'art de déterminer le caractère et le tempérament de l'enfant, l'échelon qu'il occupe dans une échelle de 810. pleins et 405 mixtes, plus les transcendants. C'est une discussion qui sortirait du cadre des connaissances actuelles; j'ai dû l'éviter et je n'en fais mention que pour signaler la haute importance du rôle de mentorin et mentorine auquel sont affectées ces fonctions scientifiques.
Faut-il s'étonner que la nature qui assigne aux mentorines un emploi si éminent, leur inspire du dégoût pour les rôles subalternes de l'éducation, le soin des marmots au berceau ! Comment pourraient-elles vaquer à l'éclosion des caractères, à celle des penchants industriels, à la classification des tempéraments, ei aux épreuves très-délicates qu'exigent ces divers services, si elles étaient obligées de passer tout leur temps à donner la bouillie aux marmots, écumer le pot, ressarcir les culottes, pour se rendre dignes d'un mari moraliste? Il est donc dans l'ordre que les femmes réservées à ces hautes fonctions dédaignent la broutille du ménage, et que ne trouvant pas dans l'état civilisé des emplois dignes de leur talent, elles se jettent dans les distractions, bals, spectacles, amourettes, pour combler le vide que la mesquinerie civilisée laisse à tous les caractères supérieurs. C'est bien à tort qu'on les accuse de dépravation, quand on ne doit accuser que le régime civilisé qui, en éducation comme en toutes choses, n'ouvre de carrière qu'aux femmes enclines à la petitesse, à la servilité, à l'hypocrisie. L'étalage d'amour maternel n'est souvent qu'hypocrisie, marche-pied de vertu pour les femmes qui n'ont aucune vertu réelle, aucun moyen.
Diogène dit que l'amour est l'occupation des paresseux ; on en peut dire autant des excès maternels. Ce beau zèle de certaines femmes pour le soin du marmot, n'est qu'un pis aller de désœu» <• vrement. Si elles avaient une vingtaine d'intrigues industrielles à suivre pour leur intérêt et leur renommée, elles seraient fort aises qu'on les délivrât du soin des petits enfants, sauf garantia de leur bonne tenue.
L'harmonie ne commettra pas comme tous la sottise d'exclure les femmes de la médecine et de l'enseignement, les réduire à la couture et au pot. Elle saura que la nature distribue aux deux