‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 46 sur 124 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Avant d'aller plus loin en éducation, remarquons la contrariété de nos méthodes civilisées avec le vœu de la nature. Loin de vou-

loir que les femmes soient toutes uniformes en penchants maternels, toutes empressées de soigner les petits enfants, elle n'en veut affecter à ce soin qu'environ le huitième, et répartir ce petit nombre à des fonctions très-opposées, celles de bonnes, bonnines et mentorines qui n'ont aucun rapport, et qui encore sont subdivisées chacune en emplois parcellaires, en différents rôles sur lesquels on a l'option.

En outre la nature veut mettre en concurrence les sexes et les instincts ; ce sont des instincts très-différents, que ceux des trois corporations précitées; et cependant ils concourent à former une série coopérative des deux sexes dans l'ensemble de la basse éducation.

Ainsi, dès son enfance, l'homme n'est point compatible avec la simple nature ; il faut pour l'élever un vaste attirail de fonctions contrastées et graduées*, même dès le plus bas âge où il n'est point fait pour le berceau. J.-J. Rousseau s'est insurgé contre cette prison où l'on garotte les enfants, mais il n'a pas su imaginer le régime de nattes élastiques, des soins combinés et des distractions nécessaires à l'appui de cette méthode. Ainsi les philosophes ne savent opposer au mal que des déclamations stériles, au lieu d'inventer les voies du bien qui, fort éloignées de la simple nature, ne naissent que des méthodes composées.

. Plus nous avancerons dans l'examen de l'éducation harmonienne, plus nous reconnaîtrons cette contrariété de la morale avec la nature. Il convient d'en récapituler ici quelques détails tirés de l'éducation de basse et prime enfance.

La morale veut fonder le système d'éducation des petits enfants sur la plus petite réunion domestique, celle du ménage conjugal. La nature veut fonder cette éducation sur la plus grande combinaison domestique, distribuée en trois degrés, les groupes, les séries -de groupes et la phalange de séries. Hors de cette vaste réunion, l'on ne peut ni former les deux échelles de fonction et de fonctionnaires exerçant émulativement sur chaque parcelle de l'échelle, ni satisfaire chez l'enfant le caractère et le tempérament qui ont besoin des salles et des services annexés à cette double échelle, services impraticables hors d'une phalange de Séries industrielles. Aussi , dans les ménages de famille, l'enfant s'ennuiet-il au point de hurler nuit et jour, sans que ni lui, ni les parents puissent deviner les distractions dont il a besoin et qu'il trouverait dans un séristère do primo enfance.

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