CONFIRMATION TMKE DES SAINTS ÉVANGILES
Ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles. (s. Matthieu, ch. xv)
Je leur parle en paraboles, parce que selon la prophétie d'Isaïe : Ils entendront de leurs oreilles et ne comprendront pas; ils regarderont de leurs yeux, et ne verront pas. (/tod.., ch. xiii.)
Eh I quelle est la cause de cet aveuglement dont les peuples civilisés sont frappés? C'est qu'ils n'ont ni foi, ni espérance en Dieu. Ceux mêmes qui nous paraissent pieux, n'ont qu'une demicroyance en la sagesse divine : ils s'imaginent que Dieu n'a pas pourvu à tout; ils consultent les philosophes sur les voies de bonheur social; ils doutent de l'universalité de la providence; ils n'espèrent point en la découverte des lois de Dieu.
Que signifie ce début ascétique ? Est-ce un pèlerin revenant des saints lieux ? Est-ce quelque anachorète arrivant du désert ? Non, c'est un homme habitué au milieu de vous; mais qui, muni d'une boussole inconnue, d'une science neuve qui manque à vos esprits forts, peut vous indiquer l'issue du labyrinte politique où vous êtes égarés depuis tant de siècles, vous désabuser sur ce tilre pompeux d'esprits forts dont se parent des têtes faibles et superficielles. Bientôt on qualifiera d'intelligence faussée tout siècle, tout savant qui n'a pas cru à l'universalité de la Providence.
J'ai employé le chap. XL à prouver que deux vertus dédai* gnées et presque ridiculisées, la foi et l'espérance en Dieu, auraient conduit directement àdécouvrir la théorie du mécanisme sociétaire ; je continue sur le thème des destinées, et sur le défaut de foi qui nous en a fait manquer si long-temps la découverte.
Défiants comme Moïse qui frappa deux fois le rocher, les hommes pieux semblent craindre que Dieu tarde à intervenir pour les besoins de l'humanité, quand elle réclamera son appui; ils sont encore les faibles disciples à qui Jésus Christ adressait
ce reproche : « 0 hommes de peu de foi ! ne vous inquiétez » point en disant : que mangerons-nous, que boirons-nous, de » quoi nous vètirons-nous ? car votre père sait que vous en avez » besoin. Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa » justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroit. » (S. Matth. , VI.) « Considérez les corbeaux, ils ne sèment ni » ne moissonnent, ils n'ont ni celliers, ni greniers; cependant » Dieu les nourrit. Combien êtes-vous plus excellents qu'eux l » (S. Luc, XII) et par conséquent plus dignes de la sollicitude de Dieu.
Moïse, en punition d'un doute outrageant à la Providence, fut privé d'entrer dans la terre promise; tel, le genre humain, en punition de son manque de foi, est banni de la terre promise à lui dans l'Évangile. Le royaume des cieux, ou harmonie sociétaire, était annoncé aux humains; ils pouvaient y entrer sans délai, s'ils eussent voulu voir de leurs yeux et entendre de leurs oreilles; voir l'absurdité du régime philosophique nommé civilisation, toujours favorable à l'injustice et à l'oppression; entendre la parole divine qui leur promet le royaume des cieux dès ce monde, s'ils veulent le chercher ; quœrite et invenietis, cherchez et vous trouverez.
J'essaie de dessiller leurs yeux dans cette homélie où j'expliquerai le sens mystérieux d'une parabole non comprise jusqu'à ce jour, celle jdu royaume des cieux , que le Messie conçoit en double sens : il annonce le royaume de justice en Vautre monde et en celui-ci, annonce évidente par la promesse des biens terrestres qu'il garantit formellement aux hommes, dès l'instant où ils auront trouvé le royaume de Dieu et sa justice, l'harmonie sociétaire, image du royaume céleste, et avankeoureur de la félicité promise aux élus dans une autre vie.
Jésus savait que dans l'autre monde nous n'aurons besoin ni de vêtements, ni de comestibles ; il ne prophétise donc pas pour la vie future, lorsqu'il nous promet ces biens terrestres ; et pour nous garantir de toute équivoque, il insiste en disant: « Que celui-là entende qui a des oreilles pour entendre. » C'est assez nous avertir que la parabole est à double entente et qu'il faut la commenter pour en saisir le vrai sens.
Diverses causes, qui seront expliquées dans ce discours, ont empêché que les hommes pussent entendre cette révélation allégorique du destin sociétaire, et que le Christ pût s'expliquer plus
amplement sur ce sujet. Jésus annonce évidemment un royaume des cieux qui adviendra dès ce monde, indépendamment du bonheur promis dans l'autre; il reconnaît que si -nous manquions des biens temporels, Dieu serait moins généreux envers l'homme qu'envers les oiseaux du ciel. Je vais exposer le vrai sens de ces paroles du Messie dans les 2 articles suivants, où j'examine 4° les erreurs en interprétation des saintes Ecritures, 2° l'impéritie en application de leurs sages préceptes sur nos études.