‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 81 sur 124 · LA CONFIANCE AVEUGLE AUX SOPHISTES · texte numérisé non relu

LA CONFIANCE AVEUGLE AUX SOPHISTES

« Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous couverts- »de peaux debrebisret qui au dedans sont des loups ravissants. d Fous: les reconnaîtrez à leurs fruits : peut-on cueillir des » raisins sur des. épines, ou des figues sur des ronces ? » (S. Matth. du VIL)

Voilà en peu de lignes la boussole 'des bonnes études;, si on l'eût suivie on aurait depuis long-temps échappé à la civilisation. Pour, nous abuser, la philosophie s'empare- de ce- précepte , et l'applique à contre-sens» Le prince des sophistes modernes, Des» cartes*. s'atiubla de cette peau de brebis; il affecta de prêcher le doute subordonné à l'expérience; il parut se défier des lumières de la raison humaine. C'était une ruse pour se mettre <en scène) car Une voulut point soumettre au doute expérimental cet arbre de mensonge qu'on nomme civilisation, qui ne produit au peuple (fuedes épines ;ètdes ronces^ ,et au monde social que llhjustice et la fourberie. Malgré ces capactères odieux, il opina à nous. engpuflfcer, dans la. civilisatwii^au, lieu d'en chercher l'issue.

SM.'ûn-eût voulu, selon l'Evangile, juger l'arbre par son friiil, auraiU» pu> hésiter ua instant à*condamnei» la civilisation, et propeser. là recherche daroyaunaa de- justice- prooaisdansJÏCTi-

ture? Mais on ne comprenait pas le sens de l'Evangile tel que je • viens de l'interpréter ; de là vient que les hommes pieux sont restés PASSIFS devant le règne du mal. Cela ne suffisait point; il eût fallu prendre le rôle ACTIF, chercher en mécanique sociale ce royaume de justice dont J. C. nous promet si expressément la découverte. C'est peu d'une piété stérile qui se borne à déclamer contre les égarements de la raison humaine ; il faut recourir franchement, activement à la raison divine, à 1 étude des impulsions naturelles ou attractions et répulsions. La classe pieuse devait les étudier, par cela même que la philosophie les condamne.

L'Eglise n'avait-elle pas en surabondance des personnages très-doctes qui pouvaient remplir la tâche que la philosophie refusait ou n'osait tenter; tâche éludée astucieusement par les Voltaire et les Rousseau (355).

L'Eglise avait des hommes si capables, tels que les Bossuet, les Fénélon, et tant d'autres ! Ils n'ont excité aucune recherche sur l'attraction; ils n'ont proposé, ni concours, ni prix pour cette branche d'études. Jésus les a bien définis en ces mots : « Ils disent ce qu'il faut faire et ils ne le font pas. » (S. Matth. çh. XXIII. ) Pieux ou impies, tous commettent même profanation, usurpant de concert les droits du Créateur en législation. La seule différence entre eux est celle du rôle actif que prennent les sophistes : Voltaire par ses railleries sur la foi, et Rousseau par ses préventions d'obscurantisme, nous conduisent au même écueil. Tous deux, en divers sens, nous enseignent l'insuffisance de la raison pour connaître Dieu et pénétrer ses décrets, chose la plus facile ( on l'a pu voir ch. XL ) ; J. C. même nous l'assure, en disant : « Il n'y a rien de caché qui ne puisse être découvert ; » cherchez et vous trouverez. »* Mais les faux prophètes revêtus de la peau de brebis, étouffent toute idée d'investigation. L'un (355) nous persuade qu'il a cherché quand il n'en est rien, l'autre détruit l'espérance et nous détourne des recherches. Déception d'une part, impéri tie de l'autre ; tels sont Tes carctères de ceux qui dirigent la raison humaine.

Ce protée, qu'on appelle philosophie, vaincu sous une forme, en revêt un autre: aux chimères de liberté et d'égalité bien usées, on voit succéder un nouveau sophisme fardé des noms d Association y esprit d association. L'on y découvre deux sectes différentes qui, l'une et l'autre, sont les loups ravissants couverts de peaux de brebis. D'une part est l'esprit d'industrialisme qui, sous

masque d'association , tend à récréer l'esclavage dans les bagnes mercantiles, forme des coalitions de publicains pour brocanter le revenu des empires, pour dévorer l'avenir, etc. Cette secte n'a point d'esprit inventif; elle n'a pas su découvrir le moyen d'envahir le fonds, le territoire ; de réduire la masse des nations en vas* salité de quelques chefs mercantiles, et créer le monopole féodal qui constituerait l'entrée en 4e phase de civilisation. Alors la carrière du crime et de la fourberie serait exploitée bien plus grandement qu'en 3e phase, où nous sommes. Pourquoi a-t-on tardé à découvrir ce redoublement d'infamies sociales? C'est que le caractère distinctif des philosophes qui nous dirigent est la petitesse, môme dans le crime.

L'autre secte, qui prétend fonder l'association, a pour agents de nouveaux philosophes appelés Owenistes, du nom de leur chef; gens qui forment, sous le nom d'association, des réunions anti-sociétai* res, car ils repoussent les méthodes d'où naîtraient l'accord des passions et l'attraction industrielle, buts de l'état sociétaire.

Ces établissements ne remplissent aucune des conditions à imposer à tout fondateur sociétaire : la première est d'opérer par attraction, entraîner à l'imitation les sauvages, et surtout des propriétaires d'esclaves dont aucun n'a adhéré au régime Oweniste. Ce régime est donc un leurre de plus, comme toutes les conceptions philosophiques; d'ailleurs, que pouvait-on attendre d'une secte qui débutait par s'isoler de Dieu, lui refuser le culte public? Son chef, avec une grande ostentation de charité et de philantropie, a repoussé obstinément la précaution que dictait une charité réelle : c'était dç mettre au concours l'invention du procédé naturel en régime sociétaire, et prendre toutes les mesures qui pouvaientprovoquer cette découverte ou les approximations.

Rob. Owen a évité soigneusement cette démarche, qui eût blessé son orgueil ; il voulait être à la fois inventeur, fondateur et orateur de l'association; cumuler les 3 rôles qui exigent trois personnages différents; il voulait pour lui seul toute la gloriole (454). Il s'est emparé du mot association, sans s'inquiéter de la chose , ne songeant qu'à s'arroger l'honneur d'une découverte à faire ; qu'à dé* tourner de cette étude , en persuadant qu'il avait rempli la tâcha à lui seul.

Abîme tout plutôt, c'est l'esprit des Sophistes.

Cet orgueil démesuré aurait pu long-temps encore éloigner les

modernes de rechercbessur l'association , si, par un heureux hasard, ^invention notait survenue à l'époque même où Rob. Owen s'en attribue l'honneur, bien qu'il ne soit qu'un- médiocre sophiste, un copiste de G. Penn , fondateur dés Quakers; enfin un homme aussi incapable d'invention que dépourvu de philantropie réelle. On en jugera par une analyse succincte de ses méthodes que j'examinerai à la Postface. /

Il recueillera de sa folle prétention , le même honneur que cet Erostrate qui détruisit le temple d*Ephèse pour se faire un nom dans l'histoire. Ainsi, Rob. Owen, pour se donner comme G. Penn le lustre de chef de secte , n'a travaillé qu'à leurrer les sociétés industrielles , qu'à faire manquer les recherches d'où dépend'leur avènement au bonheur sociétaire. Heureusement il aura été déjoué a temps.

Le succès momentané de cette jonglerie doit rallier les hommes prudents à la boussole donnée par l'Evangile, au doute expérimental ,. guide le plus fidèle en études sur l'association* comme sur tout autre sujet lï faut juger farbreâ son fruit, et se ié fier dfes loups déguisés en brebis. Or, quels sont les fruits de cette nouvelle secte? Â-l-eiïc entraîné les sauvages et lfes m^îfctJsd'fesdUves 1 Non. Si Rob. Owen , avec la faculté qulf a de fonder de grands établissements, avait quelque notion du mécanisme' sociétaire, il l'aurait, depuis vingt ans, répandu sur Ite gfobe entier par la seule influence du bénéfice et du plaisir ; il n'existerait plus ni sauvages, ni barbares, ni civilisés : il it'a au contraire abouti qu'â.profaner le mot, sans rien faire pour la chose ; qu'à inspirer une telle défiance pour l'idée d'association, qu'il faut aujourd'hui exclure ce mot d'une théorie qui enseigne lia chose , le procédé d'association naturelle.

Tel est notre *9e siècle, vantant ses progrès en raison, et ne sachant organiser que l'anarchie scientifique d'où il sortirait à l'instant, s'il voulait se rallier au précepte évfcngélique : «twpecter les faux savants, et juger t arbre à son fruit. Au lieu de cette prudence, il s'engage de chimère en chimère^ H n'encourage que les inventions malfaisantes, les subtilités fiscales et les pièges d'agiotage. Entraînée par le torrent mercantile, notre philosophie ne s'aperçoit pas que le monde social courte la 4r phase de etvHisatson, plu» scélérate eacore cpi» ta &, où nous sommes» Les philosophes modernes, dit fort bien l'Evangile v sont les aveugles, qui conduisent les aveugles.

TIRÉE DBS SAINTES ECRITURES. 3$t

Gettfrseete de prétendu» esprits forts* pkfufcfcfttooir qu*dt> beFesprit 9a» génie inventif, a fermé un#« ligue secrète pour étevfet» les dérouvertes qui sorte* de la sphère* aoadftuqte. « II» ont (dît h C.) saisi laelé de la stâence pour en fermer l'en- » »ée. » II» reprochent à lew^rivawr le- prinetpa Compelle intrare; etilsaéeeleatlepriaeipeeeaeore-pirec Pmhib+i*trure? aussi, te»*4n promettant des torrents dfc lvmiàret* se refusent-ife à mettre* as ooacours le» nombreuses irarentien*. qafc restent à foire, et surtout la«coiitinuatiea et l'achèvement de eateni de^'attractieit'OYmmencépar Newton* Tel est l'état d* laraises au dïxneuvième siècle ; tel est l'abîme où eH* s'est plong&ev par soMbstinatio*à nepas/syer Varbrepafwvm fruits viee dont le résultat inévitable est d'ouvrir» la perte à toutes lesdbariataoewes^etieiw mer l'aecto aux* vraies lumières.

L'examen/ (Tm seul des précep^érangéliquefc, eetoaÂâejnftr l'arbre par- Irfrtdt, suffirait- à démontrer que les> civtfiaés ne veolèntfaire auew» sj>ftic«l»si|ire^mjièf^^ taines-;. je pourra» étendre* le>démeastffitia»»à vûmj autres, pri- "ceptes-, r! suffire/d'»* seeoaé} dkïiJNMi caBém^cxmmsoétwa<Àf que notresièdà, ewaflectant de reehsrdier la vérité, ne cnerene qu'a l'éteufler; carde tous ce» écrivain qui eut prôné ledeote, pas un n'u «voûta dtartei» de la nécessité- des deux société»- civil*sée et barbares mettre en prel^i^ si ette»sen^ ou si eHeysomVàVfrmoastwioei^ é^écMêm^mr

s'acb*«iffterT)hi94omi peur stëtevep à des pé^ds&sseieJe&inej»» inSufieureuses t

Uite remarque è^faire sue le* préeept»^ sont l*seurc»oa*oatp»ieei*lèw^^ après toufro^cett*oV>*trh»o> Besicejtesv mtag raleurr ofe la ptttosepWe>*wéeriie? C'estmi a*p04&>gsana)«ra <fci ptèÊÊfMmn couds daw^'B'waw^le-: u âtfi** d*wpÛ*ti»etyjieefi timire par lèfrvit: Efesewtes^Wfc sauce peiraatf»;mB& vante, sysleme qu'rl n'a? peint suivi ; il^estto^e^kaekief deoiemlettPv.qwid il n'a faitf que paraphraser une* Mm qiu|wmntéfc àjJé*us42Mst?Ia torturer et' raccommoder à se* doctrine* sas* en faire* un usage régulier teT' que rordcra»8««aleurt ïo«le*ii**flHettcespWosophiques' w> reposent de mes*» ojuteavf de* plapats^ 4s»Mu> retfouverritl»type» daaale*sawle*]^taiie% Genàae; Kwfrgifc, ete. CHes^aifts» «que^les idéetogae», peu» sacrée* \m*Êwmet outtrartestMe met dm#-en u*e fér^tawgoliiiqu^ fc*P*fW|P-

372 COiNFlBMAT£ON

tion de sensation, de cognition du moi humain. La philosophie n'étant qu'une spéculation de librairie, il faut bien qu'elle complique et embrouille chaque sujet, qu'elle y mette autant de prolixité qu'il y a de concision aux sources où elle a puisé.

Redisons que les philosophes ne sont pas les seuls coupables du - long délai qu'aura éprouvé l'avènement à l'harmonie ; faisons à chacun sa part des torts. Ceci nous conduit à l'examen d'un 2e précepte : cherchez et vous trouverez; et des égarements où sont tombés les hommes pieux, par leur mépris pour cet avis répété en triple sens par le Sauveur qui nous dit : ch bâchez, demandez, FRAPPEZ A LA PORTE.

Si la classe qui se dit pieuse avait eu quelque dose de foi et d'espérance, elle aurait essayé de prendre à la lettre les pronostics de Jésus-Christ qui nous fait augurer sans cesse la découverte du code divin, si nous voulons le chercher; et qui nous fait sentir combien il serait injurieux à nous, de soupçonner son père d'un manque de prévoyance en quelque point, le soupçonner d'avoir eu pour nous moins de sollicitude qu'il n'en a pour des êtres méprisables tels que les corbeaux. Jésus nous dit au contraire que Dieu entre dans l'examen de nos besoins jusqu'au point de compter tous les cheveux de notre tête (allusion à l'extrême prévoyance de Dieu) ; comment donc aurait-il omis de pourvoir au besoin le plus pressant des sociétés humaines, celui d'un code régulateur de nos relations industrielles, garant de la justice? je . l'ai dit ailleurs : Dieu fait des lois d'harmonie sociale pour les créatures les plus immenses comme les mondes planétaires, et pour les plus petites, les abeilles, les fourmis ; aurait-il pu manquer à en faire pour l'homme, ainsi qu'il le dit lui-même ?

Tel est le problème principal qui devait occuper les classes pourvues de foi et d'espérance. Que de discussions importantes seraient nées de cette question, que de lumières elle pouvait répandre, que d'ardeur elle aurait inspirée pour procéder enfin aux recherches selon le précepte, cherchez et vous trouver ez\ J'extrais du Traité (II, 250) quelques phrases sur ce sujet

Si c'est à l'humanité à se donner des lois, s'il n'est pas besoin que Dieu intervienne, il aura donc jugé notre raison supérieure à la sienne en conceptions législatives. De deux choses l'une : ou il n'a pas su, ou il n'a pas voulu nous donner un code social fa* vorable à l'équité : s'il n'a pas 4u, comment a-t-il pu croire que notre raison réussirait dans une tâche ou il aurait craint d'échouer

lui-môme? s%il n'a pas voulu, comment nos législateurs peuventils espérer de construire l'édifice dont Dieu aurait voulu nous priver ?

Prétendra-t-on que Dieu a voulu laisser à la raison une portion de régie, une carrière en mouvement social ; qu'il nous a départi les fonctions législatives, quoique pouvant mieux les exercer luimême ; qu'il a voulu laisser cette chance à notre génie politique? Mais nos essais de 3,000 ans prouvent assez que le génie civilisé est insuffisant, inférieur à la tâche ; Dieu a dû prévoir que tous nos législateurs, depuis Minos jusqu'à Robespierre, ne sauraient qu'enraciner les fléaux connus, indigence, fourberie, oppression, carnage.

Connaissant, avant même de nous créer, cette impéritie et ces résultats déplorables de la législation humaine, Dieu nous aurait donc donné à plaisir une tâche au-dessus de nos forces, et qui aurait été si légère pour les siennes l Quels motifs aurait-il eus pour se refuser à nous donner un code étayé d'attraction? Il y a sur cette lacune sextuple alternative :

4° Ou il n'a pas su nous donner un code garant de justice, vérité, attraction industrielle ; dans ce cas il est injuste à lui de nous créer ce besoin, sans avoir les moyens de nous satisfaire, comme les animaux, pour qui il compose des codes sociaux, attrayants et régulateurs du système industriel.

2° Ou il n'a pas voulu nous donner ce code ; dans ce cas il est persécuteur avec préméditation, nous créant à plaisir des besoins qu'il nous est impossible de contenter, puisque aucun de nos codes ne peut extirper les fléaux connus.

3° Ou il a su st n'a pas voulu ; dans ce cas il est l'émule du \ démon, sachant faire le bien et préférant faire le mal.

4° Ou il a voulu et n'a pas su ; dans ce cas il est incapable de \ nous régir, connaissant et voulant le bien qu'il ne saura pas faire, J et que nous saurons encore moins opérer.

5° Ou il n'a ni su ni voulu ; dans ce cas il est au-dessous du démon qu'on peut bien accuser de scélératesse, mais non pas de bêtise.

6° Ou il a su et il a voulu ; dans ce cas le code existe, et il a dû nous le révéler; car à quoi servirait ce code, s'il devait rester; caché aux humains à qui il est destiné?

La conclusion sur les six alternatives est que le code existe t on devait donc le chercher, puisque J. G. nous dit que nous ne

374 CONFIRtfATIO*.

' trouvewnsTft^àuten* que nous chercherons, qwmrUê i t&, puùate Haperietur vobiê.

On n'aurait pas douté un seul instant de ce code, snl'oltèÉt Observé combien il est aisé à Dieu de nous accorder cette fà^ur. Bn effet, pour nous délivrer du fléau des taré» tanières* poter nous* donner urr codé propre à harmoniser «os* relations domestiques-, industrielles et sociales, qu'en c©ôlë*tMi> à^ Die**? RIS»: oui, rien du tout. H n'a pas même besoin dêgéme dont sant (toute il est bien pourvu; il lui suffit de vouloir; car d'aprèsil^Êaetttté que lui seul possède, d'aprè» son pouvek* ^imprimer aUm»titm, ffephis mauvais code composé par lut) etédtyéd'atteacti^ se soutiendrait de soi-même, et s'étendrait à tout le genre bu* main par l'appât du plaisir ; tandis que- te meklfcu» codeGompoôé par leshommes, ayant besoin d'être étayédk©e«*raii*teefcde supplices, devient une source de* discordes etde»malheiire, par la seule absence d'attraction pour l'exécution de», leés. Aussi toutes les constitutions des hommes s^ecrouleraièniHrtles à l'raa tant, si on cessait de les soutenir de<strffe$e£de'giftete»

On peut de- là tirer un© «mcfesion b»aiTe, mais fort juste; ctest que notre bonheur' ne peut naître que des lois divans, tomnlmB que Dieu semt moms-habfîeeîï'légiskrtion' que les pfailosopftte. Que seraMwdouc si Dieu est leur égal en* génie,, ce qu'ont peut présumer sans leur faire injure. Son code nefû^ilqnelîégaldOB leurs en sagesse; aura toujours un titre de> supériorité inappréciable, en ce qu'il sera» soutenu eto -PàHtattion passionnée, seul gage de» bonheur peurf**» qui* obéissent. L'bowîiiie est piugîbe»reux d'obéir à une maîtresse- que de commander' à un eseteve. Ce n'est pa*de le/ liberté seute que natfo le conterHemenfc, mais aussi de la convenance «d!une ftoelien» a^^Alet-g«fcli* oekiitqui l'exerw:

Ainsi' I»ev serait assuré de faire nwtr«'bOTheupp«R*un2€«te attrayant } fût-il inférieur en < sagesse*- &oemt àmhamams% et, d'autre part} Itfeu est assuré- de nous voir tomber dana le" malheur sous tous les code» venant' de» 1* raisons humrtiev par cela seul qu'ils ne seront pas attrayants ; car le législateur Jaunie n'a psfrhr faculté de nous imprimer attraction? peur«e«pefoepteurs^ stâtes; garnisaîres, oenseriplion» et autres? perfe^taiUÛte des chartes civilisées, qu'on» dit libérales.

Ces ^considération* qui n'ooti pas pu échappe» à<krcaçtssa divise, oaU d&la^dtoeminer à- nous donror un,cate> sonate qwé-

TIRÉE DES SAINTES ÉfcMTtfRES. -Ffo

conque, étayé dû ressort d'attraction passionnée. Ces-mêmes cowsitiératibns devaient stimuler les hommes à rechercher si ce code dîvin qui régirait tout par attraction, n'est pas existant et ignoré par suite des méthodes vicieuses de la science, qui n'aura su, ni le découvrir, ni même le chercher. Il fallait donc mettre en question par quelles voies on devait procéder à la recherche- et à la détermination de ce code. Tout raisonnement sur ce sujet eût conduit à mettre au concours P étude anatytiçtseetsyrtêfiétiïfue de 1'atlraclion passionnée, facile étude qui est l'épouvantai? dte philosophes, et qui est pourtant la seule vc^e- directe* et méthodique pour s'élever à l'invention du calcul de l'harmonie sottft» taire*

Si nous en étions au coup d'essai, aur premiers âges- de civfâ* sation, nous serions peut-être excusables de fonder quelque espoir de bien social sur nos propres' fourrières, sur ces constittttfons philosophiques qui ont tant pulttrié depuis un- demi1 siècle: Mèris nous sommes amplement désabusés par une* Rwtgue1 expérfeiïce, nous n'avons évidemment rien de bon & espéref'dfr nos quatre sciences, MtoraJe, Métaphysique, Politiqueet Bconomisme*. Vingtcinq siècles d'épreuve ont prouvé* qu'elles sont autant de cereftss vicieux qai, loin de remplir aucune de leurs professes, ne donnent que des fantômes de garantie et ne savent que> foire éfelore de nouvelles calamités, aggraver tous les fléaux qu'elles promettaient d'extirper.

Il faut le redire : dans cette Angleterre, foyer de l'industrialisme, la capitale, (30), à elle seule, contient deux cent trente mille indigents; fes provinces en proportion ; etiksecours annuel de deux cents millions aux pauvres, ne sert qu'à y perpétuer une misère et un esclavage dont les tableaux font Horreur. Voilà' lfes fruits de la nouvelle chimère d'industrialisme, et le sceau dér réprobation pour ce siècle qui, rétif aux instructions de l'Evangile, ne veut point juger Parbreàsoh fruit, se défier dfer /muorn* vants, espérer en Dieu seul et chercher son code si on ventile découvrir. {Voyez H, 258, le tableau desabsurdîtés sans nomffce où serait tombé' Dieu, s'il eût manqué à là composition et révélation d'un code social attrayant.)

D'après cet aperçu des égarements de l'esprit humain encalctii des destinées, il est bien évident que la saine partie* desrcivHiséfe, la ctasse qui se ditetsecroitpieuse, est tombée dlrnslhinêln&emfttr qucvles impies, dans fa défiance de la providence, et suwtoufde

l'universalité de cette providence. Le plus grand outrage à lui faire, est de la croire limitée , partielle , insuffisante , selon l'opinion civilisée. Ceux mêmes qui écrivent contre l'indifférence en matière de religion, sont coupables de cette apathie qu'ils dénoncent; coupables du manque de foi et d'espérance, puisqu'ils ont refusé de chercher le code social divin , et qu'ils ont, par le Jait, secondé les philosophes tous ligués pour empêcher l'étude des sciences vierges et négligées (37), conduisant à l'invention de ce code.

Jésus-Christ nous dit de la secte philosophique : ce sont des aveugles qui conduisent des aveugles; mais quel redoublement de déraison ! Ces aveugles, qui reconnaissent que la philosophie les a conduits en fausse route, ce siècle qui déclame contre l'irréligion, soutient la prétention sacrilège des philosophes à dépouiller Dieu de la législation ; il doute encore de l'intervention de Dieu, quand il est évident que Dieu, par l'attraction, dicte des lois sociales à tout l'univers. La théorie Newtonienne, dont notre siècle s'enorgueillit, lui a révélé cette vérité et il persiste à la méconnaître : il repousse le code divin qui lui est apporté. C'est donc pour notre siècle que l'Évangéliste a dit : « Et la lumière c est venue des ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point cora- « prise. » (S. Jean, en. I.)

J'ai pu leur paraître bizarre lorsque j'ai dit, au début de cette homélie : Les nations modernes se sont perdues par défaut de foi et d'espérance en Dieu; langage ridicule aux yeux d'une gé- , nération habituée à railler sur ce qu'elle ne comprend pas de prime abord. Quand Voltaire plaisante sur ce que la nouvelle Jérusalem aura 500 lieues de haut, il ignore que c'est une allusion aux 500,000 phalanges que formera, dans son début, l'harmonie sociétaire ou nouvelle Jérusalem.

Combien citerait-on de ces allégories qui, par leur style orien- . tal, semblent risibles à nos esprits forts, et qui seront des tableaux aussi gracieux que fidèles, dès que l'esprit humain aura quitté le sentier des fausses lumières ! Par exemple, nous voyons que J. C. n'adopte que les nombres XII et VII; qu'il choisit 12 apôtres, et leur promet 4 2 trônes au jour de la régénération ; c'est un emblème de l'harmonie qui reposera sur le règne des 42 pas* sions. Par analogie, J. C. a dû choisir douze colonnes de sa doctrine, et admettre parmi les douze, un traître, un Judas, image de la passion dite lien de famille, qui est source du mal, germe

de l'industrie morcelée et de la fausseté en relations sociales.

Négligeons ces détails qui sont hors de notre sujet; bornonsnous à signaler les torts intelligibles selon les lumières actuelles : il est évident que sous un vernis de sentiments religieux, nos hommes pieux ne sont que des philosophes mitigés, des sceptiques niant les propriétés primordiales de Dieu (352). Ce sont des fauteurs de l'incrédulité, doutant de la suffisance de Dieu, sanctionnant la prétention des hommes à faire des lois sociales, comme si Dieu avait pu oublier d'en faire.

Les voilà confondus par la découverte du code social divin. S'ils persistent à soutenir cette philosophie qui veut ravir à Dieu la prérogative de législation, il faut se borner à leur répondre : jugez l'arbre à son fruit, voyez quels fruits a produits la législation humaine, Indigence, Fourberie, Oppression, Carnage, et tant d'autres fléaux inséparables du régime civilisé et barbare ; concluez-en qu'il eût fallu depuis long-temps chercher l'issue du labyrinthe où la raison est égarée : quœrlte et inverti tUs.

Lorsqu'enfin un homme a cherché et trouvé le code dont vous désespériez, quelle conduite devez-vous tenir à l'égard de cette invention? Êtes-vous sensés si vous la diffamez avant qu'elle n'ait subi un examen régulier ? Vous accordez aux chimères d'athéisme de la secte Owen vingt épreuves dans autant d'établissements qui trouvent des fondateurs en Europe et en Amérique, et tous ne voulez pas même permettre accès à la véritable théorie sociétaire ! Rougissez de cet acte de vandalisme ; c'est pour vous que l'évangéliste a dit : La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres, parce que leurs actions étaient mauvaises ( S. Jean, ch. III) ; parce que leurs sciences trompeuses, dites morale et politique, ne pouvaient supporter aucun parallèle avec la science de vérité, avec l'oracle des décrets divins, le calcul mathématique de l'attraction passionnée.

Hommes qui prétendez à la piété, et qui ne croyez pas à l'universalité de la Providence, à la transmission de son code, vous êtes dans l'erreur, voulez-vous y persévérer ?

Errart humanum est9 perscverare autem diabolicum. Vous pratiquez i'égoïsme et non la piété ; vous ajoutez, au défaut de

3BÈ dOMPHQIftTKH*

fei etJd'espéWHiee, fodétirat dé charité , vice dont $ fftal' nous dit: « qrâa& j'aurais tonte la foi possible, jusqu'à transporter » kg* montagnes, si je afai la charité' je ne suis rien: » ( Ep*; aux Goriithi )>

Vous» doriez-, pour- lîameur du prochain, un tribut d'études, une exploration avrtvâ' des loi» sociales de Dieu ; vous deviez, au' moins mettre an concoure cette recherche ; et vous avez, par iaéotencei éludé la» tâche j laissé le champ libre aux philosophes, en vous bornant à quelques déclamations contre leur malfaisance, à: quelques* simulacres- d'esprit religieux : vous êtes les pervers dent J'j G. a dit : «Ce peuple m'honore des lèvres, mais leur »'ccsurest lem de moi ; et le culte qu'uV me* rendent est vain et riHvotev puisqu'ils enseignent des maximes et des ordonnances «humiae* »•( 9i lff*rnt; eh. XV. )

Voilà* en termes précis^ la condamnation des lois des hommes et d*oeux* qui: croient à 1» sagesse de ces lois.

Puisqu'enfin le cocfr' social de I>ieu vous est apporté, n'hésitez point? ànabjvrer v&& emure : voulez-vous* renouveler' le scandale <*onué par les siècles d^seurantigroe qui pereéeutèren* les Colomb, teeGfeiflée?'

Votre capkaie du sophisme a hérité de cet esprit satanique, de ce^ vandalisme dm quinzième siècle. C'est pour toi, moderne Babytone, pour toi, ville de Paris, que J. G. a dit1: r Jérusalem , ^Jérusalem, qui tues les prophètes, etqut lapidesoeux» qui sont xr envoyés vere* toi'. » Tes docteurs sont une légion deZbïtes-que Jésus a démasqués^ en disant : « Malheur à vous, scribw etrçmavwstens qui bâtissez des tombeaux aux prophètes* et» qui dite*: » si nous eussions été du temps de nos pères, nous ne nous fussions y "pas joints à e«!^ pour répandr«le'sançdes- prophètes.» (95 Lei. Xr, S. UAvm. XXII*. )

Tel est aujourd'hui votire langage^ septlistestqar pervertissez l'opinion; vous déclamez contre les générations qui ontpersosulé de vrais savants, et vous êtes plus -iniques encore contre les ' inventeurs que la providence vous envoie. Pour les traverser, vous vous affublez d'un manteau de raison qui n'est que man • teau de TOndatfsme, pire qu'au siècle des Colomb; dèsGfcHlëe.

Bfe vous, hommes pieux, qui croyez servir Dieu en soutenant le parti des philosophes ennemis de* toute- découverte-, frisant commercer de sophismes, vous prétendez: bâtir la maison* do ^eifeneur, et vous ne bâtissez- que pour Beizébuth, car rot» fave-

THIÉB. DOS SAIFttES- BtttVBWIW. 311

risttr la philosophie, eniétouffaat 1* théorie d'attraction paufenr» née, interprète du code divin,

Vous avez depuis vingt siècles servi Dieu en vaines paroles, en stériles- holocaustes ; faites enfin quelque ches* pour la foi, et 1* charité ;. fendez la maison de- Dieu, la phalange d'essai en qbkmonte sociétaire,- essai qui ralliera aibiiemefcfri* globe entier aeue la bannière divine et qui comblera de richesse, e* de gloice tous les fondateurs) même le* coopérateurs secondaires.

Que sont vos entreprises actuelles-? des raffinements' de barba» rie pour river les fer» des peuples par la Déduction du salaire, et par remprisormement.de; laclasse pauvre dans les bagnes industrtelsr nommés grandes manufactures, qui ne lut assurent ni bien* être, ni retraite. Ce» vexations, mercantile* sent réprouvées de J. C. et des Pères de l'Eglise, S. Chrysostâtiie nous dit qu'un marchand ne saurait ékre agréable à Bitu\t et Jésus battait de vierge» les marchands; il les chassait dudeanple en leur disant : Pomjhitevde ma maison une caverne de valeur».

Jusqu'ici, ri a- puvous sembler difficile de lutter, contee lepivotée qu'on appelle commerce. Vous ne sa*rie&paK epiei peint l'attaquer, car il maîtrise les gouvernements mêmes devenus ses vassaux. Enfin la Providence vous- en-voie un guide qui connaît les côtés faibles de l'hydre mercantile, et qui, par inauguration du régime véridique,. vousdelivrera.de caveau d'or, idole digne d'une secte d'aveugles qui conduisent des aveugles, idole digne des philosophes modernes.

<rEt toi, Capltt*rne\Tnr(toi, philosophie), t'élèv©*a**-tu toujours » jusqu'au ci eux? Non, tu seras précipitée jusqu'au fond' des en~ » fers. » (S. Luc^ch. X.) Voilà votre arrêt, sophiste» ennemis de l'attraction, ennemis des richesses et de l'harmonie; Iésus vous l'a dit : « Vous êtes des sépulcres 'blanchis qui) an dedans, »soiït pleins de pourriture. Serpents, race de vipères, comment »pourre**vou*«viter d'être condamnés au feu éternel? (S. Match., ch. XXIlf. ) or Quelle secte a plus mérité d'être plongée dans la y géhenne, où ri n'y a que pleur» et grincements de dents ?

Laissons à Bien le soin de vous juger, et de discerner s^il en est parmi vous quelques-uns* dignes de sa clémence: jusque* là courrei-vous- de cendre ; hâtez-vous*, comme' l'hérésiarque traimis, dV faire abjuration publique et de déchirer vos livres. Votre châtiment, dès ce monde, sera* de voir le» nations s'élever atx BorAeur et1 à l'opulence, en foutent aur pieds- vo» doctrines

perfides. Vous-mêmes livrerez aux flammes ces bibliothèques, dépôt humiliant de contradictions et d'erreurs \ tandis que les nations, délivrées de leurs chaînes , s'introniseront dans la nouvelle Jérusalem, en disant avec Siméon : a Seigneur, nous » avons assez vécu, puisque nous avons vu l'œuvre de votre sa- » gesse, le code sociétaire que vous avez préparé pour le bonheur » de tous les peuples. »

Alors le monde entier retentira de malédictions contre les lois des hommes et contre les infâmes sociétés civilisée et barbare ; alors les peuples, comblés de richesses, de délices, et trouvant les voies de fortune dans la pratique de la vérité, s'écrieront dans une sainte ivresse : « Voici venir les jours de miséricorde promis » par le Rédempteur disant : Heureux ceux qui ont faim et soif » de justice, car ils seront rassasiés. ( S. Matth., ch. V. ) C'est » vraiment par l'harmonie sociétaire que Dieu nous manifeste «l'immensité de sa providence, et que le Sauveur, selon sa pro- » phétie, vient à nous dans toute la gloire de son père. C'est le » règne du Christ ; il triomphe, il est vainqueur : Christus

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