‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 23 sur 63 · CINQUIEME NOTICE · texte numérisé non relu

CINQUIEME NOTICE

iBDCATIOM DE LA BASSE ENFANCE.

CHÂP. XVn. Contrariété de Téducation cwiiisée avec la nature et le bon sens.

En panant des principes à l'application, je dois rappeler qne la difficulté apparente en théorie sociétaire , c'est d'établir une répartition satisfaisante pour les 3 facultés induairietles de chacun, Capital, Thavail et Taixnt. L'ordre civilisé ne sait répartir équîtablement que sur le capital, en raison desTersemens; c'est un problème d'arithmétique et non de génie ; le nœud gordien du mécanisme sociétaire, est l'art de satisfaire chacun sur le trarail et le talent. C'est là l'obstacle qui a épouvante tons les siècles et empêché les recherches.

Pour escobarder ce double problème de répartilioa , la secte Owen met en jeu la communauté des biens, l'abandon à la masse, de tout profit autre que celui du revenu des actions. C'est avouer qu'elle n'ose pas même envisager le problème d'association.

On ne p«it atteindre à cette répartition équilibrée qu'en étendant aux 3 sexes l'harmonie des passions. Les cnfans considérés chez nous comme nuls en mécanique sociale, sont la cheville ouvrière de l'harmonie sociétaire et de l'attraction industrielle; il faudra donc examiner d'abord les ressorts que l'attraction met en jeu chez lesexe neutre oa impubère , qui étant privé de deux passions ,

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amour et paternité , n'a pa« . autant de ressources qoe l'âge pubère pour la formation des Séries passionnées- La méthode une fois étudiée sur les enfans sera d'autant plus facile à appliquer aux 2 autres sexes qui présentent plus de moyens, plus-de passions. C'est^onc par l'éducation qu'il faut commencer, d'autant mieux qu'elle sera la branche de mécanisme qu'on derra organiser la première', parce que les enfans n'étant que peu faussés par le préjugé et les défiances , seront plus dociles à l'attraction que les pères ; ils s'yJÎFrertmt en plein dès la i .** semaine,et manifesteront bien TÎte l'excellence du régime des Séries passionnées.

L'éducation sociélairea pour but d'opérer le plan développement des facultés matérielles et intctiecluelles , les appliquer toutes, même les plaisirs, à l'industrie productive.

L'éducation civilisée suit une marche opposée, elle comprime et dénature les facultés de l'eniànt; le peu d'essor qu'elle leur laisse ne tend qu'à l'éloigner de l'industrie, la lui rendre odieuse, l'exciter à la destruction. Elle dirige donc le jeune âge à contre-sens de la nature ; carie i.^ but de la nature ou attraction est le luxe (57): il ne peut naître que de l'industrie partout odieuae à l'enfant, quoique les produits industriels, gimblettes, panaches, friandises, aient un vif [allrait pour lui. Il est donc en développement faussé , en guerre contre luinaâme. Nos soi-disant obs^^ateurs de l'homme ne s'aperçoivent pas de ces contre-sens de mécanisme : analysons les arec distinction de luxe interne et £xieme ( 5j }.

Luxe interne, vigueurcorporeileeira^Snemenldes sens. L'éducation civilisée est contraire à la santé, elle aitaiblit l'enfant en raison des frais d'éducation. Cent enfàns de dix ans , pris au hasard dans la classe opulente qui leur donne des gardes et médecins, et de bons comestibles , seront bien moins robustes que cent en&ns de village à demi-nus , exposés aux intempéries, nourris de pain noir et dépourvus de médecins : ainsi l'éducation

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civilisée ék»gnc l'bomme de la santé ou luxe interne, en raison des efforts qu'elle fait pour \'y conduire. Elle ¥é~ l<Hgne aussi du raffinement des sens qui, grossiers nalurelleiaent cbes l'en&nt villageois, sont grossiers spéculatircment chez l'enfant opulent. Les pères et préccpleors entravent chez lui les pencbans à la parure et surtout au raffinement gastronomîqiie, principaliressort del'édvcatïon oattirelle ou hannonîenne.

D'autre part les civilisés, même an TÎltage, sont moins nJïostes que les sauvages qui n'ont aucun système d'é>decation philosophique. ( Je parle des contrées où le voisinage des civilisés n'a pas abâtardi les hordes, parles vexations, les liqueurs fortes, les maladies, etc. )

Cependant, parmi les civilisés, on voit souvent des exemples de longévité qui attestent qne Khomme pourra fournir une très-longue carrière, lorsqu'il sera secondé par l'éducation naturelle et l'industrie attrayante. I) atteindra rommunément au terme des uhra-centenaires , tels que la famille Rovin, en Hongrie, dont les moins robustes ont vécn| 1 42 ans , et quelques-uns 1 70 ans , longévité qni s'est étendueaoxfemmescomme aux hommes.

Récemment en France un chirurgien nomméTiauN, à Yandemont en Lorraine (octobre i825), est mort i l'igede i4oans, avec des drcoustances qni promettaient 180 ans. « La veille de sa mort , disent les rapports , il > avait fait avec beaucoup d'habiletéet d'une main ferme , ■ l'opération du cancer à une femme âgée. Jamais il » n'avait été saigné ni purgé, ni médicamenté, n'ayanl

• jamais été malade, quoiqu'il n'ait jamais passé aucun

• jour de sa vie sans s'enivrer à soujtë, repas qu'il n'a » jamais manqué de faire. » On voit que sa mort prématurée fut l'effet de quelque impression nuisible que lui causa l'opération de la veille. Tel est le genre de santé qu'onobtiendracommunémenlde l'éducation sociétaire.

La nôtre, qui nous éloigne delasantéouluxeinteme, opère de même i comre sens quant au luxe externe ou richesse. Je viens de l'observer au sujet de la manie des*

igS NODVEAï] MONDE

tradÎTe des enl&ns, et de leur aversion pour Tindastrie utile. Mais de toutes les preuves , la plus frappante est celle déjà donnée dans la préface , Yabsorptkm des vocations. J'ai cité à ce sujet (48) le charretier devenu habile foaàtMT par effu du hasard , par ÏDÏtiation fortuite. Cet événement est la condamnation de tous lessytèmes d'éducation civilisée ; ils ne donnent aucun moyeu de discerner et faire éclore dès le bas âge les vocations industrielles , au nombre de vingt et trente , et non pas une seule : au contraire , ils travestissent tous les caractères. Sénèqne et Buirhus ont formé Néron , qui eût été en harmonie un très-beau caractère; Condillac, avec ses sobtiliiésmétaphysiques,nesut produire qu'un imbécille; J-.J.Rousseau n'osa pas élever ses enfans; Diderot et tant d'autres n'ont pas mieux brillé en ce genre. Au reste , la civilisation sent fort bien qu'elle est tout-à-fàit hors de nature en éducation ; c'est à peu près le seul point sur lequel elle soit assez modeste pour avouer qu'il lui reste beaucoup à inventer.

Je supprime plusieurs pages de|déiails très-imporlans sur cette contrariété de l'éducation civilisée avec la PiA- TOBE. 11 resterait à examiner sa contrariété avec le bon SENS , par confusion de méthodes et duplicité d'action. Indépendamment des variantes de système en institution publique, on entremet encore, soit dans le domestique, soit dans le monde, une douzaine de méthodes hétérogènes', donnant à l'enfant autant d'impulsions contradictoires, lesquelles, à l'â^e de puberté, sont absor^ bées par une nouvelle éducation, dite Vesprii da monde; c'est encore un des chapitres à omettre pour abréger. J'ai décrit quatre de ces méthodes, II , 284 ; il en est un bien plus grand nombre : j'en compte jusqu'à seize, données par les pères , les précepteurs , |les voisins , les parens , les camarades , les valets , etc. Je me borne à en citer une.

La MONDAlIfE, ou absorbante, qui broche sur toutes les autres : elle en élimine on modifie tout ce qui n'est

pasà'saconTenance. Lorsque l'ertfànt, à 16 ans, fait son enlr^ dans le monde , on lui enseigne à se moquer des dogmes qui intimident et cootienaent le bas âge, à se conformer aux mœurs de la classe galante, scrire comme elle des doctrines morales ennemies du plaisir , se rîre bientôt après des principes de probité, lorsqu'il passera des amourettes aux afiaires d'ambition. Quel le absurdité à nos sciences de façonner les enfans à un système d'opinions et de préceptes qui so^nt dëdai^és et même conspués dès l'entrée en âge pubère; car on ne verra pas un jeune homme de vingt ans qui , trouvant une heureuse occasion d'adultère, veuille, comme )e chaste Joseph , résister à la belle Zaluca , pour obéir i la morale et aux saines doctrines. Un tel jeune homme', s'il s'en trouvait un , serait la fable du pnblîc et des moralistes mêmes. Le monde âgé se moquerait mieux encore d'un financier qui, malgré l'assurance d'impunité, ne (çrivelerAÎt pas une obole. II serait de toutes voix titré « d'imbécille, de visionnaire, qui ne sait pas que lors- » qu'on est au râtelier, c'est pour manger. » Dans quelle fausse position se pla<%nt nos sciences , avec ces doctrines de civilisation perfectible , qui ne sont parfaites qu'en impraticabilité on en sottise: telle est parmi les iSédacations divergentes, l'héréditaire, tendance du pèreà inoculer aux enfans tous ses défauts. Un procureur, un marchand , donnent pourmodèle à leurs enfans le plus rusé ; un père jnifvanteieplusrampantjunbuveuradmirecelui qui boit bien dèslcbasâge;[unjoueurlesfaçonneaaimerle]'eu; puis la morale nous conte que l'instituteur naturel est le père !

Passons à l'éducation naturelle ou harmonienne,bien exempte de ces contradictions. Je la'dïviseraî en 4 phases et un Iprélude ou dégrossissement appliqué au bas âge.

Prélude, en âge brut, ou prime enfance, o à 2 ans. '

i.'< Phase, édnc. antér. en basse enfance, 3^4 '/a.

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