‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 24 sur 63 · Edurat. post. en mixte enfance , i5 r/a à · texte numérisé non relu

Edurat. post. en mixte enfance , i5 r/a à

. aOO NOUVEAU NOKDE

CHAP. XVIII. Education pr^aratoire , âge brut ou prime enfance.

Rappelons ici le grand problème que doit résoudre l'éducatioa sociétaire, c'est d'employer les caractères de Néron , Tibère , I^onis XI , aussi utilement que ceux de Titus, Marc-Aurèie, Henri IV.

Pour atteindre ce but, il faut, dès le berceau, développer franchement le naturel que l'éducation ûiiniliale tendàétoufferettraTestirinÊmeche%r«nfant au berceau.

Le régime civilisé ne donne à cet âge que des soins purement matériels; il n'en est pas ainsi de l'éducation sociétaire qui, dès l'âge de ûx mois, opère très-activement sur les facultés intellectuelles, comme sur les matérielles, faussées chez nous dès le plus bas âge.

La phalange d'e^i opérant sur des enfaos déjà viciés par l'éducation civilisée, ne pourra que diflîcilement essayer les dispositions d'harmonie sur les âges de g à 30 ans ; mais on pourra opérer avec succès sur les âges de 2 à g, et encore mieux sur l'âge brut , o â 2 ans.

(Nota, Je renvoie plus loin divers principes qu'il faudrait poser ici sur l'unité et l'intégralité de l'éducation ; cette didactique ennuierait le lecteur.)

Observons d'abord que l'entretien des âges extrêmes , petits enfans jusqu'à trois ans, et patriarches ou infirmes, étant considéré en association comme œuvre de cbaritéobligée pour le corps socictafre, la phalange donne gratuitement tous les soins à l'enfant jusqu'à trois ans ; c'est te canton entier qui supporte les frais des séristères de nourrissons , poupons et lutins. (Je n'y ajoute pas les bambios , âge 3 i 4 i/^> V^ gagnent déjà leur entretien.) Quant aux séries de bonnes et bonnins , 'elles sont rétribuées comme toutes les autres , par un dividende sur le produit général.

La boussole à suivre dans les détails de l'éducation sociétaire est la même que dans tout le mécanisme ; il s'a-

.Coiwic

inDUSTRIEI» UI.*S. aCM

^t tonionrs déformer les «éries, soit de fonctionnaires, scil de fonctions ; il fàndra donc former la série des bonnes, la série des salles et !a série des enfans, tontes trois distinguées en genres et espèces.

La brote enfance comprend tes catégories de nourrissons ou allaités, et poupons ou sevrés ,

Tontes deux sont subdivisées, sans distinction de ssxe , en çérie trinaîre ; saroir :

iLes pacifiques on bénins , Les rétifs ou malins.

Les désolans ou diablotins, Pour loger ces deux collections de marmots, il &nt deux séristères, chacun de trois salles au moins, avec des pièces accessoires , comme dortoirs séparés des salles bruyantes, pièces afiectées aux fonctions des bMines et nourrices , et des médecins qui visitent chaque joyr les enfans , sans distinction de riches ni de pauvres.

(^servons à ce sujet que la médecine harmonîenne spécule, comme tonte autre fonction, i contresens de nos calcols d'égoïmie dvilisë'.

■ Médeàne harmonique. En dvîlisalion le n^edD gagne en proportion do nombre de malades qu'il a trùtés , il loi convieet donc que les maladies soient nombreuses et longues , prindpalement dans la classe riche.

ZiC contraire a lien en harmonie , les médedni y sont rétrîbn^ par nn dividende sur le produit général de la phalange. Ce dividende est conditionnel pour le taux, il s'accroît de i,a,3, 4, 5, 6 dix-millièmes , ou dëcrott d'autant, en raison de la santé coltecttpe et compara^pe de la phalange entière. Moins elle aura eu de malades et morts dans le cours de l'année , plus le dividende alloué aux médecins sera fort. On estime leurs services par les résultats , et comparatÎTement aux statistiques sanitaires des phalanges voisines jouissant de pareils climats.

L'intérêt des médecins harmoaiens est le mâme que celui des assureurs sur la vie ; ils sont intéressés i prévenir et non à trùter le mal ; aossî veillent-ils activement k ce que rien ne compromette la santé d'aucune classe, que la phalange ait de beaux

20a NOUVEAU MONDE

Dans une grande phalange, les fonctions des bonnet et sous-bonnes on adjointes, n'occupent gpuère que le TÏDgtième ou vingt-quatrième du nombre immense de femmes que la civilisation absorbe à ce service; et pourtant l'enfant le plus pauvre y est beaucoup mieux soigné que ne peut l'être en dvilisation l'enfant d'un monarque ; expliquons ce mécamstOK.

La séné des bonnes et sous-bonnes comprend à peu près un quart des femmes actives, et ne les occupe que le sixième dn temps qu'on donne au soin des enfans civilisés, ce qui réduit le service au vingt-quatrième du temps actuel : examinons.

On emploie chaque jour, pour les dx salles des deux sérbtères de nourrissons et poupons, 1 8 bonnes en six séances , relayées de deux en deux heures. GofBcières, pour inspection et direction.

Total : 34 bonnes de garde chaque jour, avec parùl nombre de sons-bonnes , qui la plupart sont de petites filles de 7 à g ans. On en trouve de très-zélées à cet âge pour le service des petits enfans. Le total du poste qui soigne les marmots est donc d'environ quarante-huit femmes ou petites filles.

Et comme on ne fonctionne à ce service qu'un jour snr trois, la série des bonnes et sous-bonnes doit être de cent quarante-quatre, fournissant chaque jour un

Tinllards, des enCans bien robustes , et que U mortalité s'y réduise an minimum.

Les dentistes spéculent de même sur les râteliers , moins ils opèrent plus ils gagnent; aussi surveillent -ils assid&ment les dents des enfans comme des pères.

Bref, l'intérêt de ces fonctionnaires est que chacao ait bon appétit , bon estomac , bon râtelier ; s'ils étaient comme les nôtres , dans le cas de spéculer sur tes maladies individuelles , il y aarait dans leur industrie duplicité d'action , contrariété de l'intérêt individuel avec le collectif, comme dans le mécanisme dvilisé qui (4i) est une guerre universelle des individus contre les masses . et nos sciences politiques osent parler d'unité d'action !

INDUflTBIEL. III.* S. ao3

tien. Ajontons six officiÈres supérieures; total : cent cinquante femmes pour la série des bonnes et sousbonnes. C'est le quart dece qu'en emploie la civilisation; car un bourg de dix-huit cents personnes contient neuf cents femmes, dont sixcents entremisesau soin des enfans.

Les bonnes , réduites au quart en harmonie , ne font que lesîxième du service des&mmesactueJles.caronn'estde garde au séristère qu'un jour sur troib , et pendant cette ioumée on ne fait que huit heures de faction sur vingtquatre ; les bonnes civilisées en font seize heures , et souvent plus à la ville.

Le soin des enfans est donc réduit au vingt-quatrième du temps et des bras qu'il emploie en civilisation; i/4 de réduction sur le nombre , i/3 » sur les jours de service,

i/a > sur les heures de faction.

Ces trois nombres multipliés donnent 1/24.

On pent répliquer que le calcul est exagéré , en ce que les ièmmes de village ne donnent pas seize heures par jour aux enfans; elles vont aux champs, il est vrai; mais souvent elles donnent à l'enfant une partie de la nuit : mère et fille le veillent s'il est indisposé, et ses cris troublent encore le sommeil du père. C'est perte réelle pour un paysan qui a besoin de repos. Au surplus, pour compenser au juste , réduisons l'ensemble des trois économies à un douzième au lieu d'un vingt-quatrième; mon usage étant de réduire toujours à moitié de l'estimation régulière-

Je passe au parallèle des deux méthodes.

Une bonne n'est pas tenue de stationner vingt-quatre heures au séristère, comme un soldat de garde, on comme les bonnes de la classe riche : il sufEit qu'elle ai^ rive aux heures de faction.

Ce service deviendrait fastidieux s'il avait lieu tous les jours : une bonne peut , pendant les deux jours de vacance, ne pas se mêler du soin des enfans; il ne varie pas malgré les changemens de bonnes , car leur série est

3o4 NOUVEAU MONDE

divîséfl en groupes cabalistiques, exerçant chacun sw tel aystèose, à la pratique duquel on n'admet que les adeptes passionnées pour ladite méthode.

Une bonne peut , pour voyage ou autre cause , se faire suppléer par une collègue. Le service de nnit ne la iàtigoe point, car il y a dans les cabinets du séristère, des lits pour les bonnet qui veulent 7 passer une portion de naît, comprise entre deux actions, contme de annuit à quatre heures- Une bonne, enciTÏtisation, est grondée, querellée par ceux qui la paient pour cet esclavage perpétuel ; en hai^ monie, elle est compHnNntée sans cesse par les mères qui viennent au sérïstère allaiter ou voir l'enfant , admirer la bonne tenue des nattes et berceaux.

La série des bonnes et sous-bonnes reçoit non-seulement un fort dividende, mais de grands honneurs; elles sont considérées comme mères communes, et tiennent un rang distingué dans les festivités. Leur fonction procure beaucoup d'avancement, car elle exige beaucoup d'oflîcières , au moins un tiers sur te tout. Il faut la réunion de tontes ces amorces et facilités d'exercice , pour qu'on parvienne à former une série Wen passionnée et bien intriguée, sur un travail si peu attrayant par luimême.

Ces bonnes sont très-précieuses pour les mères harmoniennes qui ne peuvent pas , comme les nôtres , vaquer au soin de leurs enfam. Une mère , dans l'état sociétaire, fréquente une quarantaine de groupes industriels, dont elle épouse chaudement les intrigues; elle est déjà fort ennuyée que la corvée des couches l'ail distraite , pendant un mois , de toutes ces réunions cabalistiques; en conséquence, dès le jour des relevailles, elle sera fort empressée de revoir tous ces groupes; elle ne sera pas inquiète de l'enfant, assurée qu'il est soigné au mieux dans le séristère des nourrissons, oii veillent nuit et jour des bonnes etpertes, disposées-par la nature pour ce service.

iMDcsTitiEL. IIL'S. aoS

l'ai dk (ooi) que les nourrUsons et poiqton» sontdistriboés en nz salles distinctes pour les pacifiques , les réti&et les diablotins; afio que les hurleurs ou diaUotÎDs ne irnÛKot incommoder ni les pacifiques , ni mime les réti& d^i tnitables.

Parmi ces six corvées , les bonnes ayant l'option , cboistisent le poste où t'attraction les appelle , et sont stim»léespar riralité avec des f^Unges voisines, qui peu- ^nt différer en méthode. Elles ont aussi entr' elles 4es •^fitènaes différens, qu'on applique à divers groupes d'enJàns; c'est nn sujet d'intrigue pour les pères et Dières , dont ckacun se passionne pour la méthode de tel groupe de bonnes. Obligées de soutenir leur renommée, elles éprouvent les enfans dans une «aile préparatoire'avant deles classer et les ad mettreaux salles desnatles.

La civilisation, toa]o\tTS simpliste , ou simple dans 'ses métbodcs, ne connaît que le berceau pour asile dii nourrisson; l'harmonie, qui opère partout en ordre composé, d<Hine à l'enfant deux 'situations; elle le fait altemerdu berceau k la natte élastique. Les nattes sont placées à hauteur d'appui , leurs supports forment des cavités oii chaque enfant peut se caser sans gêner ses voisins. Des filets de corde ou de soie , placés de distance en dislance , contiennent l'enfant sans le priver de se mouvoir, ni de voir autour de lui, et d'apiH'ocher l'enfant voisin , dont îl est séparé par un filet.

La «aile est chauffée au degré convenal)le pour tenir l'eafanten vêtement léger, et éviter l'embarras de langes et de fourrures. Les berceaux sont mus par mécanique : on peut agiter en vibration vingt berceaux à la fois.- Un seul enfant fera ce service , qui occuperait chez nous vingt femmes.

Les nourrices ( i8o ) forment une série distincte et doivent être classées par tempérament, afin qu'on puisse les assortir aux enfans , surtout dans les cas de changement de lait. Le nourrissage indirect est fort usité en harmonie, parce qu'il est très-lucratif et peu feti-

2û6 NOUVEAU MONDE

gant , et parce que les hannonieiis plus judicieux que J.-J. Rousseau , penseront'que lorsque la mire est d'une complexion délicate, it est très-prudeut de donnera l'eulant une nourrice robuste ; c'est le greffer, le renforcer , la nature Yeut ces croisemem ; si on accole un enfant fâîble à une mère faible, c'est lesexténuertousdeuxpourrhoan^ir d'une rêverie morale. Au reste on s'appliquera beaucoup à perfectionner le r^ime d'allaitement artifiôél , 'et l'employer concurremment avec le naturel, ou îsoVément.Daa$rélatsociélaire, unemèrej, quelque opulente qu'elle soit, ne peut jamais songer à élever son en&nt cbez elle isolément; il n'y recevrait pas le quart dessoins qu'il trouve an séristère des pouparts ou nourrissons ; et avec toutes les dépenses ima^nables, on ue pourrait pas y réunir une corporation de Sonnes passionnées , intelligentes , se relayant sans cesse , en trois caractères assortis à ceux des enfants. Une princesse , malgré tous ses ' frais , n'aurait pas des salles si babilement. soignées , des uatles élastiques, avec voisinage d'eofans qui se servent réciproquement de distraction , et sont assortis en caractères. C'est principalement dans cette éducation déprime eD&nce qu'on reconnaîtra combien le plus riche potentat civilisé est au-dessous des moyens que Tbarmonie prodigue aux plus pauvres pères et enfans.

Loinde là tout est disposé en civilisation, de manière que le nourrisson fait le tourment d'une maison organisée pour le tourmenter lui-même. L'enfant, sans le savoir, désire les dispositions qu'il trouverait dans un sénsière d'harmonie ; à défaut de quoi il désole par ses cris, parens, valets et voisins, tout en nuisant à sa propre santé.

Ceci nous conduit à parler des germes d'éducation intellectuelle que les potentats mêmes ne pourraient dans aucun cas Ëiire donner à leurs enfans de t et a ans. Ils font, pour y parvenir, une dépense énorme, sans autre fruit que de travestir le caractère de leur enfant, fausser ses acuités et nuire à sa santé.

-, Goot^le

INDtJSTfilBL. III.* S. 207

Pour expliquer cette duperie, je m'appuie d'uD prîucipe qui ne sera pas contesté , c'est que « tes deux âges » extrêmes, âges de transition, doivenfétre préservés de M passions Tires et ramenés au calme, parce que leurs » organes , leurs sens n'ont plus ou n'ont pas encore la » force de se prêter aux émotions violentes qui leur se- ]• raient nuisibles et souvent mortelles; mais ils peuvent m comporter les émotions douces ; elles sont donc bonnet » à employer dans l'édocation des enfans de o à 2 ans. »

Indiquons cet emploi par quelque exempte de culture des sens appliquée à la masse des enfans.

A l'âge de 6 mois où nous ne songeons pas à donner aux marmots te moindre enseignement , on prendra de nombreuses précautions pour former et raffiner leurs sens, les façonner à la dextérité, prévenir l'emploi exclusif d'une main et d'un bras qui condamne l'autre bras à une maladresse perpétuelle; habituer dès le berceau l'enfant à la justesse d'oreille en faisant chanter des trios et quatuors dans les salles de nourrissons, et promenant les poupons d'un an au bruit d'une petite fanfare à toutes parties. On aura de même des méthodes pour joindre le rafïïnement auditif au raffinement musical, donneraux enfans la finesse d'ouie des rhinocéros et des cosaques, exercer de même les autres sens.

II est , sur chacun des 5 sens , quantité de perfectionnemens auxquels on façonnera l'enfant harmonien. Les bonnes auront sur la' culture du matériel divers systèmes eu rivalité. Delà Tient que l'enfant sociétaire sera,à3 ans, plus intelligent , plus apte à l'industrie, que ne le sont à 10 ans beaucoup d'enfans civilisés qui n'ont i cet âge que de l'antipathie pour l'industrie et les arts.

L'éducation civilisée ne fait éclore chez l'enfant au berceau que des manies anti-sociales ; chacun s'exerce à lui fausser les sens, en attendant l'âge où on lui Êiussera l'esprit. Si c'est en France , les parens et valets lui chantent à l'envî des airs faux et sans mesure : partout ou lui ôte l'usage des doigts de pied et on l'habitue â se fausser un bras.

308 NOUVSAU HONDK

On croit ai cirili^tion que les doigts de pied sontimitiles : les harmoniene s'en serviront romme des doigts de main : par exemple une orgue harmonienneauia des clariers pour les doigts de pied ;et l'organiste enfourché sur une selle, travaillera des doigts de pied presqu'aulaot que de ceux de main. 11 fera du talon le service des pédales que nous faisons du pied.

Le r61e de bonne exigera donc de nombreux talens,et ■e fie bornera pas comme en France à chanter faux et faire peur du loup. Les bonnes s'cxefceront surtout à prévenir tes cris des enfans;le calme leur est nécessaire, et ce sera sur Tart de le maintenir que s'exerceront les prétentions cabalistiques et émulatives.

Lé vacarme des petits enfnus si désolans aujourd'hui , se réduira à peu de chose; ils seront très-radoucis dans les séristÈTes, et il en est une raison bien connue, c'est que les caractères querelleurs s'humanisent avec leurs semblables : ne voyons-nous pas chaque jour, les férulleurs et pourfendeurs devenir fort doux, et renoncer à l'humeur massacrante quand ils se trouvent en compagnie de leurs égaux? 11 en sera de même des marmols élevés dans un séristère d'harmonie et distribués en plusieurs salles de caractère. J'estime que ceux de 3.*genre, les diablotins ou démoniaques , seront déjà moins méchaos, moins hurleurs, que ne sont aujourd'hui les bénins. D'oii naîtra ce radoucissement? Aura-t-on selon le vœu de la morale , changé les passions des petits enfans? non , sans doute ; on les aura développées sans excès, en leur procurant les délassemensde réunion sympathique, la distribution en séries trinaircs, en groupes de carartè~ res bénin, mixte, et malin, dans les 2 âges de prime enfonce, comprenant nourrissons et poupons.

Quelle distraction donnera-t-on à ces diaboliques rejetons. Ce sera chose à inventer par les bonnes : stimulées par les rivalités de méthodes, elles auront, en moins d'un mois, deviné ce qui peut calmer les enfans, et mettre fin à leur infernal charivari. Je me home k établir

INDUSTBIEL. III.* S. 209

en prinàpe, la nécessité de les réunir en corps, et les dùiribaer par séries d'âge et de caractère, de même que les bonnes par séries de caractères et de systèmes. La série est toujours la boiKsole de toute sagesse en harmonie sociétaire; c'est le fanal que Dieu nous présente dans le rayon de lumière. S'écarter du régime sériaire, c'est s'engager à plaisir dans les ténèbres.

Le point où il est le plus à craindre d'échouer, c'est dans la tenue des petits enfans , parce qu'ils ne peuvent expliquer ni leurs besoins ni leurs instincts; il faut tout deviner:quel en est le moyen?celui qu'indique l'attracdon pour tes pères mêmes ; former en tout sens des séries, en fonctions, en salles, en tempéramens, en caractères, en âges, en méthodes et en tout.

Vu la nécessité d'éducation unitaire et fusion des classes parmi les enfans, j'ai recommandé et je réitère l'avis de choisir pour la phalange d'essai , des familles polies , sartoQl dansla classe inférieure, puisqu'il faudra dans les travaux mélanger cette classe avec les riches, et leur faire trouver dans cet amalgame un charme qui dépendra beaucoup de la politesse des subalternes; c'est pourquoi le peuple des environs de Paris , Blois et Tours , sera irèsconvenafalepourl'essai, sauf encore à faire un bon choix.

Il reste à vériBer la régularité des dispositions indiquées, leur conformité aux vceux des 3 passions mécanisantes qui doivent tout diriger , et dont le jeu combiné est gage d'équilibre et d'harmonie. ( Chap. Y et VI. )

La Cabalisie , dans les salles où l'on élève les nourrissons et poQpom, a pour aliment les méthodes rivales que pratiquent lesbonnes, dansla phalange et dansles voisines. Ces méthodes sont un sujet de débat et d'esprit de parti chex les parens'; ils ont l'option de confier leur enfant à telle classe de bonnes , sauf adhésion de celles-ci ; elles ne reçoivent pas un enfant capable de compromettre leurrenommée. Si pour vice de tempérament ou excès de malignité , il n'était admis par aucun groupe debonnes , on leplacerait à la salle d'ambigu , soignée comme d'autres.

n,,Nr..i-,Goot^le

310 A'OUVEAi; MONDE

Quant à l'enfant en si bas âge, il n'est point encore susceptible d'esprit cabalistique, étant privé de la parolu et ne connaissant en intrigue d'autre ressort que les pleurs par lesquels i^saîtréduire ses parens à l'obéissance.

La Composite est développée cbez les bonnes pardouble charme; i." l'exercice parcellaire borné à telle fonction préférée, sans surcharge d'autres emplois, comme chez les bonnes civilisées qui font le travail en entier. Les bonnes et sous-bonnes barmoniennes se subdivisent l'ouvrage, chacune, aux^heures de faction, n'exerceque sur la partie dont elle s'est chargce;ilyatou)ours ausérïstère i6 bonnes, sous-bonncs et oflicières, c'est plus qu'il n'en faut pour se répartir les fonctions selon les goûts. 2." Le tribut de louanges qu'elles reçoivent des parens qui ont pris parti pour leur ntclhode, puis des voisins de canton ou des voyageurs passionnés pour celte méthode.

Chez les enfans, la Composite naît du double charme que leur procure le régime des nattes élastiques divisées par cases contiguës; ils y gagnent, pour le corps, liberté el souplesse des mouvemens , pour l'esprit , contact avec leurs semblables qu'ils aiment à voir et approcher, contact qui serait dangereux et causerait des maladresses sans la séparation des cases par un fdet de soieoudelin.

La Papillonne est satisfaite chez les bonnes par l'intermittence d'exercice borné à un jour sur 3, et à 8 heures en 4 séances dans l'intervalle desquelles on vaque » autre chose, sans tomber dans l'esclavage des mères et bonnes civilisées qui n'ont aucun répit.

Elle est satisfaite chez l'enfant par alternat du berceau à la natte, par variété dans les plaisirs de tous les sens, alimens, concerts, spectacles, gimbletles, promenades en char , etc.

Voilà pour l'éducation du i.'' âge, des règles fixes et nonpasdessysrèmes que chacun peut varier selon son ca~ price : je suivrai la même base dans l'éducation des autres âges d'enfance, et dans toutes les retalions des pères; toujours le développement combiné des 3 passions mé-

INDCSTBIEX.. lll.'S. 2tl

canisanles qoi doiveot diriger les 9 aulres, et par suite diriger l'ensemble du mécanisme soriétaire distribué en Séries passionnées , hors desquelles il est impossible de faire joaer combinément les 3 passions reclrices.

Pour compléter les preuyes, il faudrait rérifier sur chacune des dispositions, si elle favorise le jeu des 3 passions mécanisantes ; tout ce qui peut les entraver est faux et doit être supprimé, remplacé par un procédé qui atteigne au but.

Les règles données surl'éducationdcla prime enfance, ne sont que l'application des principes établis aux chap. Vel VI; et comme elles s'étendront à tous les âges, à toutes les relations, l'on voit que le Créateur a pourvu à tout par des méthodes fort simples dont l'observance ^rantit de tout écart. Cessons donc de prêter t'orellle aux alarmistes qui nous effraient de l'impénétrabilité des mystères : l'Évangile leur disait : cherchez et vous trouverez ; mais eu éducation comme en tout , ils ont mieux aimé faire le commerce de systèmes arbitraires et répressifs , que de chercher le système de la nature , qui , une fois connu, donne congé à toutes ces méthodes civil îsées tendant à réprimer et changer les passions, soit des enbxa soit des pères.

CHAP. XIX. Education des lutins par les bomùns etbonnines.

Je viensdedécrirelapériodematérielle de l'éducation, celle où les fonctions ne s'étendent guères qu'à la culture des sens, à l'art de tes dégrossir et les préserver du faus' sèment dont ils sont frappés en civilisation dès le bas âge.Sur 1000 enfans français il en est 999 qui ont l'oreille &ussée, et ainsi des antres sens. ... ;

Nous passons à la période d'ïnili^îve en industrie et en attraction industrielle sans laquelle tout est faux en éducation ; car le i ." des 3 buts de l'homme étant la ririieise ou luxe, on peut dire que son éducation est faus-

aie et qu'il se dirige à contre-sens, si dès les premier» pas, dès l'âge d'environ 2 ans , il ne s'adonne pas spontanément an travail productif, source de la richesse ; et s'il se livre connue l'enfant civilisé à ne faire que le mal, souiller, briser, comoiettre des dégâts que de sots parens trouvent charmans.

Cette duplicité d'action dans le bas âge,cet instinct, de SI bonne heure en divergence avec l'atlraclion, serait U bonté du Créateur, s'il n'avait pas inventé un autre raé- 'cantsme propre à faire concerter les passions et l'attraction à tout âge. Examinons ce mécanisme sur le i.'' âge susceptible d'industrie.

Dès que l'enfant peut marcher et agir, il passe de la classe des poupons et pouponnes à celle des lutins et lotines. S'il a éié élevé dès sa naissance dans les séristère» d'une phalange, il sera dès l'âge de 11 mois assez fort pour passer aux lutins. Parmi ces enfans on ne distingue point les 2 sexes; il importe de les confondre i cette époque pour faciliter l'érlosion des vocations et l'amalgame des sexes à un même travail. On ne comiAence à distinguer les sexes que dans la tribu des bambins.

J'ai dit que la nature donneàchaque enfant un grand nombre d'instincts en industrie, environ une trentaine, dont quelqnes-uns sont primaires ou dirigeans etdoiveni acheminer aux secondaires.

Ils s'agit de découvrir d'abord les instincts primaires : l'enfant mordra à cet hameçon dès qu'on le lui présentera; aussi dès qu'il peut marcher, quitter le séristère des poupons, les bonnins et bonnines à qui il est remis s'empressent -ils de le conduire dans tous les ateliers , et toutes les réunions industrielles peu éloignées; et comme il trouve partout de petits outils, une industrie en miniature, exercée déjà par les lutins de 2 '/a ^ 3 ans, avec qui il veut s'entremettre , fureter, manier, on peut discerner au bôiit d'une quinzaine, quels sont les ateliers qui le séduisent, quels sont ses instincts en industrie. La phalange ayant des travaux excessivement variés,

IKDUSTHIEL. III.* S. 2i3

( Toya chap. XV et XVI ) , it est impossible que l'enfant qui les parcourt n'y trouve pas l'occasion de satisfaire l^iuieurs de ses instincts domiiians ; ils éclateront à l'aspect des petils outils maniés par d'autres enlans plus âgés que lui de quelques mois.

Au dire des pères et instituteurs cÎTilisés , les etifans sont de petits paresseux : rien n'est plus faux ; l,es enfans dès l'âge de 3 à 3 ans sont très-industrieux , mais il faut connaître les ressorts que la nature veut mettre en œuvre pourles entraîner à l'industrie, dansles Séries passionnées €i non pas en civilisation.

Les goûts dominans ches tous les enfans, sont :

1 Le FDRETAGE OU penchant à tout manier, loat visiter, tout parcourir, varier sans cesse de fonction ;

2 \jt fracas industriel, goftt pour les travaux bruyans;

3 La singerie ou manie imitative ;

4 La miniature industrielle, goût des petits ateliers;

5 L'ektbainembnt progressif du faible au fort.

U en est bien d'autres, je me borne à citer d'abord ces 5 trèa-connos des civilisés; examinons la méthode à sui* Tre pourles appliquer à l'industrie dès le bas âge.

Les hennins et bonnines exploiteront d'abord la manie de furetage si dominante che£ l'enfant de deux ans. Il veut entrer partout , manier, retourner tout ce qu'il voit. Aa^î est- on obligé de le tenir à l'écart dans une pièce démeublée, car il briserait tout.

Ce penchant à tout manier est une amorce naturelle à l'industrie; pour l'y attirer, on le conduira aux petits ateliers; il y verra des enfans de 2 '/a et 3 ans opérant déjà avec de petits outils, petits marteaux. Il voudra exercer sa m^nie imitative dite singerie; on lui prêtera quelques outils, mais il désirera élre '.admis avec les en- fans de 26, 27 mois, qui savent travailler |et qui le repousseront.

U s'obstinera si ce travail est au nombre de ses iostincls : alors le bonnin ou le patriarche présent lui enseignera quelque parcelle du travail, et il parviendrabien

ai4 NOUVEAU MONDE

rite à se rendre utile tnr quelques riens qui loi soriront d'introdoction ; eiaminons cet effet sur un mena travail à portée des plus petits enfans, un égoossage et triage de pois verts. Ce Iravail qui occuperait chez nous des bras de 3o ans, sera confié à des enfàns de 2, 3, 4ans : la salle contient des tables inclinées, à diverses concavités ; deux bambines sont assises au cdté 'supérieur, «lies égrènent des pois en silique; l'inclinaison de ta table fait rouler le grain vers le côté inférieur où se trouvent assis 3 lutins ou lutines de zS, 3o, 35 mois, chargés du tnage et pourvus d'instrumens spéciaux.

Il s'agit de séparer les plus petits pour le ragoût an sucre, Jes moyens pour le ragoût au lard et les gros pour la soupe. La lutine de 35 mois choisit d'abord les petits qui sont les plus difficiles à trier; elle renvoie tout le gros et moyen à la cavité suivante , où la lutine de 3o mois pousse à la 3.' cavité ce 'qui paraît gros , renvoie à la i."ce qui est petit, et fait glisser le moyen grain dans le panier. Le lutin de 25 mois placé à la 3." cavité a peu de chose à faire, il renvoie quelques moyensgrains à la 2.* et recueille les gros dans sa corbeille.

G est à ce 3.* rang qu'on placera le lutin débutant ; il s entremettra fièrement à pousser les gros grains dans le panier; c'est un travail de rien, mais il croira avoir fait autant que ses compagnons \ il se passionnera , prendra de l'émulation , et dès la 3.* séance i) saura remplacer le bas lutin de 25 mois , rejeter, les grains de 2.* grosseur en 2.* case , et recueillir seulement ceux de 1 ." faciles à distinguer. Dès qu'il saura figurer à ce minime travail, on lui placera solennellement sursonbourreletou bonnet unpompon d'aspirant augrouped'égoussage des pois verts. C'est une précaution employée dans tous les ateliers sociétaires que de réserver aux très-petits enfans un travail de nulle valeur comme celui de recevoir quelques gros poisiqu'on fait glisser vers l'enfant et qu'il pousse dans une corbeille. On pourrait faire cela sans lui et sans perle de temps, mais on manquerait Tamorce industrielle

INDtlSTBIEL. III.' S. 2i5

*qu il fant toujours présenter à un lutin arrivant dans l'atelier et même à un bambin ou cbcrubin ; râr tel qui n'a pas pris parti à 2 ans pourra s'engager à 3 ou à 4-

Celte amorre qu'on réserve partout aux divers âges , ne peut être pour le lutin dv. il^ mois qu'une ombre de travail , flattant son amour-propre , lui persuadant qu'il a &it quelque cbose, et qui I est presque l'égal des bas lutins de s6, 28 mois, déjà engages à cegroupe , déjàrevétus derpanaches et omemens qui inspirent un profond respect au lutin débutant \ ai8).

L'enfant de 2 ans trouve donc aux petilsateliersd'nne phalange quantité d'amorces 'que la civilisation ne saurait lui offrir, elles sont au nombre d'une vingtaine dont je Tais donner un tableau.

L Ressorts d'éclosùm des vocations.

1. Le charme de petits outils en dimension graduée pour les divers âges et de petits ateliers.

2. Les gimbleltes harmoniques ou application de tout Tatlirail des gïmblettes actuelles, chariots, poupées, etc. à des emplois d'apprentissage ou de coopération en industrie ( Voyez cbap. XVIII ).

3. L'appât des omemens gradués; un panache sufBt déjà chez nous|pour ensorceler un villageois, lui faire signer Tabandon de sa liberté ; quel sera donc l'effet de cent parures honorifiques, pour enrôler un enfant au plaisir et à des réunions amusantes avec ses pareils.

4. Les pnvîlèges de parade et maniement d'outils ; on sait combien ces amorces ont de pouvoir sur l'enfnnt.

5- La gaîté inséparable des réunions enfantines quand elles travaillent par plaisir ou attraction,

6. L'enthousiasme pour la phalange oll l'enfant jouira de tous les plaisirs dont son âge est susceptible.

7. Les compagnies de table, variées chaque jour selon " les intrigues du moment , et servies de mets adaptés au goût des enfans qui ont leur cuisine spéciale.

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