La prétention périodique à s'élever, soit aux chœurs
INDCSTBtEL. HJ.* S. S17
et anz tribus sopërieares, soit aux catégories moyenne et haute de chaque tribu.
23. L'enthousiasme pour les prodiges opérés par lies chœurs supérieurs en degré, selon la loi de déférence pour FascendaDi ( I, 387 : et ici 218 }.
24* Les intrigues vicinales ou luttes émulatives avecles enfans des phalanges voisines et rencontre avec leurs cohortes. Ce ressort manquera à la phalange d'essai.
Je ne mentionne pas ici d'autres stimulans qui n'agissent guères avant l'âge de 4 ans, lels que
La concurrence des sexes et instincts,
L'appât du gain et des forrs dividendes- Ces deux 'ressorts n'ont point encore d'influence sur les latins et peu sur les bambins; ce n'est que parmi les chérubins qu'ils commencent à se développer.
La réunion de ces amorces opérera en moins d'un mois , au bout duquel on aura fait éclore chez l'enfant 3 on 4 de ses vocations primordiales qui, avec le temps, en feront éclore d'autres ; celles oîl le travail est dimetle ne pourront naître que vers l'âge de 3o à 82 mois.
L'éclosion sera facile ,sî l'on observe la règle générale , (cbap.VetVI,)demettre en jeu lesSpassions mcranîsantes: elles peuvent déjà germer, 209, 210, parmi les poupons, et bien mieux parmi les lutins : la Cabaliste, la Composite, la Papillonne, seront pleinement satisfaites chez les lutins , par leurs visites', furetages et essais aux petits ateliers , où tout est charme et intrigue pour eux.
Le bonnin ou la bonnîne qui promènent l'enfant d'atelier en atelier, savent discerner les époques opportunes pour le présenter à tel travail ; ils tiennent note de ce qui a paru lui plaire , on essaie à a ou 3 reprises si le goût naîtra , on juge s'il iaut attendre quelques mois , et on n'insiste jamais quand la vocation ne se déclare pas ; on sait qu'il ca édora une trentaine dans le cours de l'année, peo importe lesquelles.
Un bonnin promène communément trois lutins à la fois ; il aurait peu de chances avec un seul , mais sur 3 il
at8 NQUyEAl] MONDE
s'en trouve un plus adroit.uo autre plos ardent, l'un des deux entraîne le 3.' à l'ouvrage. Le bonnin ne les prend pas tons trois de même ^e ; d'ailleurs il en change dans les ateliers, il laisse tel lutin à l'égoussage, il emmène les autres qui n'ont pas accepté et un 3.' qui a achevé.
La fonction de bonninisme convient aux 2 sexes, et exige un talentspécial qu'on peut tronverchez tous deux; celle de bonne est communément pour les femmes seules, sauf rares exceptions.
Le meilleur stimulant pour un lutin doutant, aéra la vérité qu'il ne trouve jamais vers les père et mère, tous d'accord à flatter un marmot de 2 ans sur toutes sesEQaladresses- Le contraire a lieu dans les ateliers sodétaires; les eufans entre eux ne se font point de quartier, et raillent impitoyablement un maladroit; on le renvoie avec dédain , il va pleurnicher vers le patriarche ou le bonnin qui lui donnent des leçons, et le présentent de nouveau quand il est de force ; et comme on lui ménage toujours de très-petits , très-faciles travaux^, il s'insinue bien vite dans une dizaine de groupes où son éducation se fait par pure attraction et très-rapidement, car on n'apprend vite et bien que ce qu'on apprend par attraction.
De tous les ressorts qui peuvent exciter l'enfant à l'industrie, le plus inconnu , le plus travesti eu civilisation, est f entraînement ascendant; le penchant de tout enfant à imiter ceux qui sont un peu supérieurs en âge, déférer à toutes leurs impulsions, tenir à honneur de s'incorporer avec eux dans quelque petite branche de leurs aoiusemcns. (Tous les travaux sont amusemens pour les enfans harmoniens ; ils n'agissent que par attraction ).
Cette manie d'entraînement ascendant est très-pemicieuseaujourd'bui, parce qnelesamusemensd'une troupe d'enfanslibressont,ou malfaisans, ou dangereux, ou trèsinutiles; mais ces eufans libres ne s'adonneront qu'aux travaux productifs, grâces aux amorces mentiounéesplus haut; on reconnaîtra l'erreur fondamentale où sont tombes tousles auteurs de systèmes sur l'éducation civilisée.
INDUSTRIEL. Itl.* S' 219
Ils ont prétendu qoe l'iostitateur natarel est le père ,
ou bien on précepteur endoctriné par le père ; la nature
opine en sens contraire, elle veut exclure le père d'élerer
le fiis, il en est triple motif.
i'° Le père cherche à communiquer ses goûts à l'enfant, étouffer l'essor des vocations naturelles presque toujours différentes de père à enfant. Or tout le mécanisme des Séries passionnées serait détruit', si le fils héritait des goûts du père.
2.0 Le père incline à flatteret louera l'eicès le peu de bien que fera l'enfant , celui-ci au contraire a besoin d'élre critiqué très-sérèrement par des groupes de collaborateurs fort exigeans.
3." Le père excuse toutes les maladresses, il les prend au besoin pour des perfections, comme font les philosophes sur leur infâme civilisation qu'ils appellent un perfectionnement de la raison ; \è père entrave donc tous les progrès que doit opérer une critique soutenue, si elle est goûtée de l'enfant.
La nature pour parer à tons ces vices de l'éducation paternelle, donne à l'enfant une répugnance pour les leçons du père et du précepteur : aussi l'enfant veut-il' commander et non pas obéir au père. Les chefs qu'il se choisi ^ssionnément sont toujours les enfans dont l'âge est de V3 ou de '/4 supérieur an sien, par exemple :
A.18 mois, il révère l'enfant de 2 ans, et le choisit passionnément pour guide :
A 2 ans il choisira l'enfant de 3o mois ;
A 3 ans , celui de 4 ans ;
A 8 ans, celui de 10;
A 12 ans, celui de i5.
Cet entraînement ascendant redoublera de force, si l'enfant voitles enfans supérieurs en lien corporatif, et jouissant d'une considération méritée par des succès dans l'Industrie et les études.
Les instituteurs naturels de chaque âge, sont donc les enfans un peu supérieurs en âge. Mais comme en civili-
sation ils sont tous eoclins an mal , %t s'enlraîneat re»-
pectirement i mal Ëiire, on ne peut pas établir parmi
eux nne hiérarchie d'impatsions utiles : cet effet n'est
possible que dans les Séries passionnées, hors des<juclles
l'éducation naturelle est impraticable, même enapproxi-
malions.
Elle sera le plus frappant des prodiges qu'on viendra admirer dans la phalange d'essai où on laissera les 7 ordres d'enfans s*élerer les uns par les autres et se diriger. selon levœn de la nature, par entreùrumerd ascendarU qui ne ponrra que conduire au bien la masse entière ; car si les jourenceaux , ordre le plus élevé, ne tournent qu'au bien en industrie, en étude et en mœurs, ils ne pourront qn'entraîner au bien les g^mnasiens à qui ils donneront l'impulsion; même influence des gymnasiens sur les lycéens, des lycéens sur le* séraphins, puis sur les chérubins, les bambins.les lutins; les 7 corporations abaudoonées à l'entraînement ascendant , rivaliseront d'excellence et d'activité aux travaux utiles et aux harmonies sociales , quoique abandonnées à leur pleine liberté. En voyant ceprodige on ne pourra plusdouterque l'attraction estl'agent de Dieu, sauf à la développer en Séries passionnées, et que dans ce mécanisme elle est vraiment ta main de Dieudirigeant l'homme au plus grand bien possible.
Cette harmonie qui sera nn coup de foudre pour la civilisation et la philosophie , avorterait si l'on manquait à développer l'attraction dans toutes ses branches admissibles. L'amour ne sera pas admissible dans l'essai, mais cette exception ne gênera pas le mécanisme des 7 ordres d'enfans exerçant en industrie. C'est pourquoi il faudra s'attacher dans le début, à l'organisation des enfans, seul des 3 sexes qui puisse arriver d'emblée au plein de l'harmonie.
Achevons sur le service des bonnins : loin de flatter ou excuser l'enfant, leur tâche est de lui ménager des refus, des laffronts dans divers groupes, et le stimuler à s'en venger par des preuves d'habileté. Un père ne pour-
rait pas remplir cette fonctioa, il donnerait tort au groupe qui aurai t repoussé son eofant,!! prétendrait que ce groupe est barbare, ennemi de la tendre nature ; de là Tient que pour les fonctions de bonnin et bonuine, et de même pour celles de bonne, il faut des caractères fermes et judicieux , cabalistiques dans leurs fonctions , gens qui par esprit de corps se passionnent pour le progrès des lutins en général et non pour les caprices de tel ou tel.
On n'avance en grade chez cette série , comme chez toute autre, que par des succès d'ensemble ; chaque bonnin est en concurrence avec des rivaux; chacun peut choisir les enfans adaptés à ses moyens , ceux dont il compte pouvoir faire éclore les vocations sans délai, soit en plein , soit en demi instinct ; et dans ce choix d'enfans , il se guide sur les renseignemens donnés par les pouponnistes , bonnes du sérislère des poupons d'où sortent les Intins.
L'importance du ministère de bonnin se fonde sur ce qu'ils opèrent sur l'époque la plus influente en éducation: si l'eurant réussit bien en début industriel, c'est un gage de succès continu pour toute sa carrière enfantine : une fois initié à dix branches d'industrie, il le sera bient&t i cent, et connaîtra à l'âge de i5 ans presque toutes les cultures, fabriques,sciences et arts dont s'occupent sa phalange et les voisines. Examinons cet eifet.
Tel eufânt, quoique fils d'un prince, témoigne dès l'Âge de 3 ans du goàt pour l'état de savetier, et veut fréquenter l'atelier des savetiers, gens aussi polis que d'autres en association. Si on l'en empêche, si on réprime sa manie savelière , sous prétexte qu'elle n'est pas à la hauteur delà philosophie, il s'Irritera contre les autres fonctions, ne prendra aucun goût pour les travaux et études auxquelles onvoudra l'entraîner ; mais si on le laisse débuter par le point où l'attraction le conduit, par la savaterie, il sera bientôt tenté de prendre connaissance de la cordonnerie , de la tannerie , puis de la chimie sous le rapport des diverses préparations du cuir, puis de l'agrono-
mie sous le rapport des qualités que les peaux de bestiaux peuvent acquérirpar tel système d'éducaliou et de régime, telle sorte de pâturage.
Peu à peu il s'initiera à toutes les Industries par suite d'une émulation primitive en savaterie. Peu imporlera par quel point il ait commence, pourvu qu'il atteigne dans le cours de sa jeunesse à des connaissances générales sur toutes tes industries de sa phalange et qu'il en conçoive de l'affection pour toutes les séries qui Ty auront initié.
Cette instruction ne peut pas s'acquérir en civilisation où rien n'est lié. Les savaos nous disent que les sciences forment une chaîne dont chaque anneau se rattache au tout et conduit de l'une à l'autre; mais ils oublient que nos relations morcelées sèment la discorde parmi toutes les classes d'industrieux, ce qui rend chacun indifférent pour les travaux d'autrui ; tandis que dans une phalange chacun s'intéresse à toutes les séries, par suite d'intrigues avec quelques-uns de leurs membres, sur la gastronomie, l'opéra, l'agriculture, etc- Le lien des sciences ne suHît donc pas pour entraîner aux études ; il faut y joindre le lien des fonctions , des individus , des intrigues rivales , chose impraticable en civilisation.
Il reste encore divers détails sur l'éducation des lutins, on peuttes joindre à celle des bambinsdont je vais traiter.
CHAP. XX. Education de la tribu des bambins par les mentorins et mentorines.
r^OUS abordons une classe fort intéressante parmi les enfans sociétaires , celle qui dès l'âge de 4 ^i^ sait déjà gagner beaucoup d'argent : je dois faire sonner ce mérite, puisque c'est le plus apprécié en civilisation , chez l'enfant comme chez le père'.
Les enfans dont il s'agit, les bambins et bambines, âge de 3 à 4 '/> tiennent un rang très notable dans la phalange; ils forment la t." des i6 tribus d'harmonie : mais
la I.*" et la i6.* éiant 2 âges extrêmes on âges de transition, d'ambigu , dérogent en divers points aux règles générales; par exemple elles n'ont point de sous-tribu en demi-caractère. J'en ai expliqué les causes.
La distinclion du plein et du demi-caractère est l'objet principal de l'éducation des bambins , confiée à une catégorie de fonctionnaires spéciaux : le nom de mentorins et mentorines que je leur donne est assez impropre, carun mentorest un homme qui étouffe le naturel pour y substituer les doctrines ; au contraire les mentorins d'harmonie ne s'attachent qu'à développer très-exacte* ment le caractère, afin qu'on parvienneà en discerner le rang en échelle générale , et que ce rang soit bien connu vers l'âge de 4 ans 'A où l'enfant devra entrer aux chœurs de chérubins et cbérubtnes.
Les mentorins ont une 2.* tâche qui est de discerner le tempérament de l'enfant et lui assigner comme au caractère, son rang dans l'échelle des 8io tempéramens de plein titre, ou des 4o5 de demi-titre.
On ne réussirait point à discerner caractères et tempéramens, si l'enfant pendant l'année passée aux lutins avait été gêné dans ses fantaisies industrielles ou gastronomiques ; la période lutine est celle du dégrossissement en l'un et l'autre genre ; un lutin s'est déjà prononcé pour diverses branches 'd'industrie , on voit quelle carrière il vent suivre, à quelles fonctions la nature le destine. Il en est de m£me en gastronomie ; l'enfant au sortir des hauts lutins , âge de 3 ans , a déjà des goûts prononcés en gastronomie ; il est engagé dans les cabales et l'esprit de parti, aux tables, aux cuisines, et par suite dans les jardins', les vergers ; ce genre de passion ne se trouverait pas chez un bas lutin de 26 à 28 mois: ainsi le lutin de 36 mois est pleinement dégrossi en arrivant aux bambins.
Parmi leslulinsonévitededlstinguerles2sexesparcostûmes contrastés, comme le jupon et tepantalon ;ce serait risquer d'empêcher l'éclosiondesvocationset défausser la
224 NOtTEAU MONDE
proportion des sexes en chaque fonction. Quoique c\iSr que branche d'industrie soit spécialement convenable à l'un des sezee • comme la couture pour les femmes , la cbarrue pour les hommes, cependant la nature reut des mélanges, quelquefois par moitié et sur quelques emplois par 1/4 ; elle veut an moins ■/& de l'autre sexe dans chaque fonction . Ainsi quoique la cave soit spécialement le domaine des hommes , il convient que la série des cavistes contienne un huitième de femmes , qui prendront parti an travail des vins blancs , mousseux, bourrus, sucrés, et autres genres agréables aux femmes , dont quelques-unes, comme la femme du savant Pitliscus, aiment les vins mâles et vendent au besoin la bibliothèque da savantas pour solder en secret le marchand de vin.
Moyennant ce mélange, en chaque emploi, le sexe féminin formera une malïté utile au masculin. On se priverait de celte concurrence en excluant un sexe entier de quelque fonction, comme la médecine et l'enseignement ;et ce serait l'en exclure par le fait, que d'empêcher le développement de ces instincts chez les enfans de 2 à 3 ans. La différence de costumes serait un obstacle à cette écloslon; les filles se sépareraient des garçons; et il convient de les laisser confondus à cet âge, alin que les pencbans txtra^sexueh, penchans mâles chez une petite fille , penchans féminins chez un petit garçon , éclosent sans obslarle , par la présentation confuse des deux sexes à chaque atelier, à chaque travail.
Ces penchans sont déjà éclos à 3 ans, lorsque l'enfant passe à la tribu des bambins et bambines. J^on commence à distinguer les sexes qu'il était sage deconfondre parmi les lutins. Il semble que celte confusion s'écarte de la règle générale de rivalité des sexes, voulue par la 10.* passion , la cabaliste : à cela il faut observer que les lutins et lutines, âge de 2 à 3 ans, sont la classe de soustransitioa en industrie, demi-avénementàl'induslrie, car ils ne font que TeHleurer ; les bambins, âge de 3 à 4 7> • sont la pleine transition à l'industrie. Or la nature
IHDtSTRlEL. m." S, 225
exige que dans les périodes formant transition ou amlûgu , Ton déroge aux lois générale* du mouveinent ; aussi i l'eitréiDité de chaque série de végétaux on animaux, place-t-elle des produits de transition nommés ambigus, mixtes, bâtards, comme le coing, le bmgnon, Tanguilte, la chauve-souris, produits qui font exception aux méthodes générales, et qui servent de li«i.
C'est pour avoir ignoré la théorie des exceptions ou transitions, théorie de l'ambigu, que les modernes ont échoué partout dans l'étude de la nature; ils commencent i s'apercevoir de cette erreur.
Las mentorins ont le même but qne les autres instituteurs , c'est de diriger toutes les facultés de l'enfant i l'industrie productive et aux bonnes étndes , par des amorces judicieuses.
En amorce d'industrie , te ressort primordial est toujours la série on division trinaire: ainsi, qu'on opère sur desbambins,surdeschérubinsou autres, ondoit toujours les distinguer en 3 ^degrés, les hauts, les mo/ens elles jvis, distinction que nous avonsvue appliquée même aux poupons et pouparts, soit pour les âges, soit pour les C2> ractèm. Plus on forme de séries, plus le mécanisme est &cile.ljasérieà4divisionsn'est pas moins parfaite qu'àS.
On applique d'abord cette échelle aux instituteurs; formant pour la basse enfance une série quaternaire , bonnins et bonnines, mentorins et mentorines; aucun de ces précepteurs n'exerce sur tous les caractères indifféremment : chacun d'eux se fixe aux catégories d'enfans qui lui conviennent, soit par les passions déjà apparentes, soit par les penchans industriels. Chaque instituteur, dans le choix des enfansà régir, consulte ses sympathies ; aucun ne se chargerait comme en civilisation d'une cohue d'enfans confusément assortis. L'enfant de son côté consulte aussi ses affinités ,dans le choix des instituteurs ; le régime de l'attraction réciproque devant s'établir en éducation comme partout , il n'y existerait plus du noment où on adopterait la confusion civilisée.
Je ne Irailerai'pas desprocédés qu'emploient les menlorîns pour distinguer les caractères et les tempéramens; cette branche d'éducation ne sera pas praticable dans les débuts. D'ailleurs avant d'en parler, il faudrait donner connaissance du claTÏer général des caractère^ ; TOfez 5.* section.
La phalange d'essai manquera d'officiers eiperis en ce genre, au lieu de gens habiles à discerner le naturel des enrans, donner cours à leurs penchans, elle n'aura que des esprits faussés par la morale, excitant Tenant à réprimer l'aitractlon , à mépriser les richesses (perfides , i être en guerre avec ses passions etc:detetlesTisîons nommées aujourd'hui saines doctrines seront inadmissibles dans un .ordre où il faudra exciter l'enfant au raffinement des passions, dès l'âge dedans, car on ne peut discerner ni son tempérament ni son caractère, tant qu'il n'a pas des goûts prononcés et cabalistiques sur le choix des travaux et des comestibles.
La fonction des honnins et honnines, l'art de faire édore les vocations, s'exerce encore sur les bambins comme sur les lutins , car il est beaucoup d'industries hors de la portée d'un lutin et sur lesquelles on n'a pas pu mettre ses penchans à l'épreuve; il est des branches de travail qu'il ne pourra aborder qu'à lo ans, d'autres à |5 : jusqu'à ce qu'il soit parvenu aux chérubins où l'émulalion seule sufhra à le guider, il faut lui appliquer tes méthodes d'éclosion artificielle. Ce sujet nous conduit à parler des gimblettes harmonitfiies, sorte d'amorce industrielle qu'on emploie avec les lutins et bambins : un exemple en va faire connairre l'usafic.
Nisus et £ur)*ale touchent à l'âge de 3 ans et sont impatiens d'être admis parmi les hambins qui ont de beaux costumes, beaux panaches, et une place à la parade sans y figurer activement. Pour être admis i cette tribu, il faut donner des preuves de dextérité. en divers genres d'industrie , et ils y travaillent ardemment.
Ces 2 latins sont encore trop petits pour s'entremettre
ao traTail des jardins. Cependant un matin , le bonoîa Hilarion les conduit au centre des jardins, au milieu d'une troape nombreuse de bambins et chérubins qui Tiennent de faire une cueillette de légumes. L'on en charge douze petits cbars attelés chacun d'un chien. Dans celte troupe figurent deux amis de rtisus et Ea-r rfale, 3 ez-lutîns admis depuis peu aux bambins.
r4isus et £uryale voudraient s'entremettre avec les bambins; ou les dédaigne en leur disant qu'ils ne sauront rien faire , et pour essai on donne à l'un d'eux un chien  atteler, à l'autre des petites raves à lier en botte; ils n'en peuvent pas venir à bout, et les bambins les congédient sans pilic', car les enfans sont très sévères entre eux sur la perfection du travail. Leur manière est l'opposé de celle des pères qui ne savent que flagorner l'enlànt maladroit, sous prétexte qu'il est trop petit.
Nisus et Euryale congédiés reviennent tout chagrins vers le bonnin Hilarion qui leurpromet que sous 3 jours ils seront admis s'ilsTeulents'exerceràl'atfelage. Ensuite on voit déBler ce beau convoi de petits chars élégans; les chérubins et bambins après le travail achevé ont pris leurs ceintures et panaches, ils partent avec tambours et ianfare, chantant l'hymne autour du drapeau.
Nisna et Euryale dédaignés par celle brillante compagnie remontent en pleurant dans le cabriolet du bonnin; à peine sont-ils arrivés, qu'Hilarion les conduit au magasin des gimbletres harmoniques, leurpréscnle un chien de bois, leur enseigne à l'atteler à un pelil chariot, ensuite il leur apporte un panier de petites raves et oignons de carton, leur apprend i en former des paquets, el leur propose de prendre pareille leçon le lendemain; il les stimule à venger l'affront qu'ils ont reçu, et leur fait espérer d'être admis bientôt aux réunions des bambins.
Ensuite les 2 lutins sont conduits vers quelque autre compagrye et i^Aki un autre, bonnin par Hilarion qui a terminé avec jeïj^ïa faction de a heures.
Le lendeioain ils seront empressés de reroirle bonnin ■ i5.
320 NOUVKAC M0ND1E
Hrlarîon, répéter avec lu! la leçon de ta Teîlle. Après trois jours t\e pareille élude, il les conduira au groupe delà cueiltclie des pclils légumes, ils sauront s'y rendre miles, et on les y admettra au rang de novices postulans. Au rcloUr, à 8 h. du matin , on leur fera l'insigne honneur de les inviter k déjeuner avec les bambins.
C'est ainsi qUe la fréquentation d'une masse d'eofàns aura entraîné an bien deux enfans plus petits qui, en cirilisaiion, ne suivraient leurs aînés que pour faire le mal avec eux, briser, arracher, ravager.
Remarquons ici l'emploi fructueux des gimblettes : on donne aujourd'hui à l'enfant un chanol,un tambour qui seront mis en pièces le jour même, et qui dans tous les cas ne lui seront d'aucune milité. La phalange lai fournira toptes ces gimblettes en diverses grandeurs, mais toujours dans des circonstances où elles seront eni* ployées à l'instruction. S'il prend un tambour, ce sera pour se faire admettre parmi les bas tambours, enfans qui figurent déjà en chorégraphie: je prouverai de même que les gimblettes féminines, poupées et autres, seront utilisées chex les petites filles , ;comme le chariot et le tambour chez les petits garçons. ( Voyez 7.' notice,)
Des critiques diront que le metm service des 12 petits chars à légumes, serait fait plus économiquement par un grand char. Je le sais, mais pour c^tte petite économie on perdrait l'avantage de familiariser de bonne heure l'enfant à la dextérité dans les travaux agricoles , chargement,' attelage et conduite, puis l'avantage bien plus précieux de créer aux enfans des intrigucssur les cultures auxquelles ils auront coopéré par ces petits services, qui les passionneront peu à peu pour l'ensemble de l'agriculture' Ce serait une bien fausse économie [que de négliger ainsi les semailles d'attraction industrielle, et les moyens de faire éclore les vocations; épargne aussi désastreuse que la concurrence réducliVe du salaire, qui réduit les ouvriers en victimes de nanmachîe , s'entretuant politiquement pour se disputer le travail-
INDUSTRIE!.. lU.* S. 219
Un stimulant qa'oa ne peut pas faire valoir en civilisation cl qui eit décisif eu régime sociétaire, c'est la précocité de certains cnfans. Dans toutes les catégories il «'en trouve' de précoces d'esprit ou de corps. J'en ai vu un qui à iSmois, valait en l'un et l'aijitre geureles enfans d« 3 ans. Ces précoces montent en grade ,avant |le lems ; c'est un sujet de jalousie et d' émulation pour leurs* pareils dont ils ont quitté la compagnie. La civilisation ne peut tirer aucun moyen émulatif de cette précocité que l'harmonie utilise en matériel et en intellectuel. L'ascension prématurée d'un enfant fait une vive impression sur les pins habiles de la tribu qu'il abandonne, ils redoublent d'efforts pour l'égaler, se présenter bientôt aux examens d'ascension ; cette impulsion se communique plus ou moins aux iuféneurs, et l'éducation marche d'elle même par tons ces petits ressorls dont la civilisation ne peut faire aur^n emploi , parceque ni l'industrie ni les études ne sont attrayantes hors des Séries pass.
L'état sociétaire peut seul présenter à l'enfant , dans toutes lesbrau<Jies 'd'industrie, un matériel échelonné qui faii le charme du bas âge, comme' sera une échelle de chariots , bêches et outils' en sept grandeurs différentes, appliquées aux sept corporations de lutins, bambins, chérubins, séraphins, lycéens, gymna^eos et jouvenceaux. Ijes outils tranchans, haches, rabots, ne sont pas encore livrés aux lutins et bambins.
C'est principalement par emploi de ceue échelle qu'on tire parti de la singerie ou manie imilative qui domine chez les eniàns; et pour renforcer cet appât, jon subdivise les diverses machines , en sous-échelons. Tel outil à l'usage des lutins est encore de 3 dimensions adaptées aux 3 catégories de hauts lutins , mi-lutins et has lutins; c'est à quoi devront veiller ceux qui feront les préparatifs de la phalange d'essai.
On [emploie de même cette échelle dans les grades industriels qui sont de 'plusieurs degrés , aspirant', néophyte, bachelier, licencié, officiers divers.
a3o NOUVEAU HOhDE
Dans tout travail , ne fut-ce que l'assemUage des allomeltes, on établit cette échelle de grades et|de signes dislinctit^, afin que l'enfant puisse décheoir ou s élever d'un degré selon son mérite.
Les 'enfans harmoniens ont le mêoie' faible que les pères civilisés, le goût des hochets, des titres pompeux, des décorations en tringle, elc : un enfant de 3 ans, haut lulin, a déjà pour le moins une vingtaine de dignités et décorations, comme celles de
Licencié au groupe des allumettes,
Bachelier au groupe d'égoussage ,
Néophyte au groupe du réséda , elc , elc : avec ornemens indicatifs de toutes ces fonctions.
L'on procède avec beaucoup de pompe dans les distributions de grades qui ont lieu aux parades.
L'impatience d'admission à ces dignités, ainsi qu'aux échelons bas, moyen et haut de chaque chœur, est un grand stimulant !pour les enfans; cet âge étant peu distcait par l'intérêt, point par l'amour, est tout à l'ambition de gloriole; 'chaque enfant brûle de s'élever de tribu en tribu, d'échelon en échelon, toujours empressé de devancer l'âge, s'il n'était contenu par la sévérité des examens et des thèses: chaque tribu en laisse le choix au récipiendaire, car il est indifférent que l'enfant prenne parti pour tels ou tels groupes industriels. ( chap. 19. ) 11 doit seulement faire preuve de capaciré dans certain nombre de groupes qui , en se l'aggrcgcant, allcslent par le fait sa dextérité et son insiruci ion. Cesaitesiations sont expérimentales, et nulle prolectîon ne pourrait les faire obtenir, puisqu'il faut opérer et figurer adroitement dans les fonctions d'épreuve. Les groupes d'cnfans étant très orgueilleux , aucun d'eux n'admettrait un postulant qui pourrait exposer le groupe aux railleries dans les rivalités avec les phalanges voisines.
' Je rite pour exemple une bambine de 4 ^i^s c' demi, postulant l'admission au chœur des chérubines. Elle subira , à peu près, les épreuves suivantes :
INDUSTRIE!. III.' S. aSi
l.IsterTendonmustcaleetcTiorégraphîqneàrOpéra.— 3. Lavage de 120 assiettes en une demi-heure, sans en Celer aucune. — 3. Pelage d'un'demi-quintal de pommes en tems donné , sans en retrancher au-delè de tel poids indiqué. — 4* Triage parfait de telle quantité de m ou autre grain en tems fixé. — 5. An d'allumer et couvrir le feu arec intelligence et célérité. £n outre on exigera d'dle, des brevets de licenciée dans cinq groupes, debachelière dans sept groupes, de néophyte dans neuf groupes.
Ces épreuves dont le choix|est libre pour la postulante, «ont exigées lorsqu'elle veut monter de choeur en chœur ; on en exige d'autres pour monter d'échelon en échelon, comme des bas chérubins aux mi-chérubins, etc.
L'éducation barmonîenne dédaigne l'usage des prix qu'on donne aux enfâns civilisés et par fois aux pères; ellejnemploie que des ressorts nobles, plus justes que les prix si souvent donnés à la faveur, comme on l'a vu lors des prix décennaux sous Bonaparte. Elle met en jeu l'honneur et l'intérêt; l'honneur de s'élever rapidement de grade en grade , et l'intérêt ou récolte de forts dividendesdans plusieurs séries. (Voyezchap. XIX le tableau des ressorts 'pour la basse enfance : j'en décrirai bien d'autres pour la haute enfance ).
Jusqu'à 9 ans tes épreuves'roulent sur le matériel plus que sur le spirituel ; et au delà de 9 ans, plus sur le spirituel que sur le matériel qui est déjà formé.
Dans la basse enfance on s'attache d'abord à obtenir l'exercice intégral des fonctions corporelles , et le développement simultané des organes. Si des bambins [ou bambines se présentent aux chérubins, on exigera d'eux outre les cinq emplois et tes brevets indiqués plus haut, une autre épreuve en dexiértiè intégrale, appliquée aux. diverses parties du corps, par exemple, les sept exercices qui suivent ;
■ .^, de main et bras gauche ; a.* de main et bras droit. 3.*, depiedetjambegauche;4'', de pied et jambe droite.
a3a NOUVEAU mondb