‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 41 sur 63 · n PATEHNTTÉ , en afleclions paternelle et filble · texte numérisé non relu

n PATEHNTTÉ , en afleclions paternelle et filble

' Est-iL probable, dira-t-on , que les souverains consentent k b eréalion 4ç laitt de sceptres nouveaux f Question obeusel Toatç dûposition d'hanoonie est r^lée selon le Tteuindiridoel et collec- ^f des soi],rcraio,s et des peuples. Il faut que chacune Jes souveraitnetés ou dignités i créer soit aussi agréable au monarque béréditaire, que le sont aujourd'hui les fonclioDS de mlaîstre et de maréchal , dont il n'est pas plus jaloux que le pouce ne l'est des autres d<^gts qu'il ne veut pas faire couper pour assurer sa supériorité.

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Cest un niiet qu'il n est pas possilJe d'^réger exactement; je ne puii quellndiquer, en reavOTant an traité , II, 537 à 540, encore bien succinct sur ce problème.

DécrÎTons des fiais avant de poser des prinâpes. II &ixt spéculer sur des bomines de 140^ i5o au : rhannonie en donnera un sur douze. On en voit dès à présent ; dernièrepient la revue britannique a dté une cinquantaine d'indÎTÎdns de i4û à 180, tous d'époque assez récente.

Itburiel décédé à i5o ans a vu sa 7.' génération ; en tout 120 descendans à mentionner au testament. N'ayant en I ." degré qu'un fils et une fille déjà enrichis, il donne de fortes paria aux 6.' et 7.* descmdans. S'il léguait tout  sa I." génération, il exciterait les six inférieures à désirer la mort de la t.". 11 donne à sa liguée des 7 degrés, une échelle d'environ iso legs, comprenant moitié de sa fortune ; les deux autres quarts sont répartis entre une centaine d'adoplifs industriels qu'il a titrés dans le cours de sa vie , et une centaine d'amis et collatéraux , 7 com<pris ses épouses qui sont riches et, n'ont pas besoin de fbnes hoiries^

L'héritage ainà distribué se r^»artira indirectement sur b phalange entière , car il échoit à plus de 3oo personnes dont chacune peut avoir dans la phalange, soit en consanguins, soit en adopli^, 5 à 6 héritiers autres que les3ood'Ilhuriel. Au moyen decencochet, la succession se distribuera avec le temps entre les 1800 sociétaires. £t loTS tn&nc qu'un huitième d'entr'eux serait excepté de cette participation , l'hoirie serait encore distribuée unitairenuai, puisqu'elle s'étendrait, par voie indirecte, aux f7/8 qui en mouvement sont comptés pour le tout. D'ailleurs ce i/S exclus participera aux héritages de qudques autres gens riches. Sijdonclaphalange contient 4oridies, tout pauvre tes considère en masse, comme ses donateurs, car il peut espérer de 35 d'entr'eux une portion d'hoirie, soit directement soit indirectement ; et il devient partisan des gens riches., quand il peut se croire participant à l'hoirie de 35. ridics sur 4o. Cest le point où il faut at-

-, Goot^le

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teindre pour àablir l'équilibre dans l'affection 6mîlisle, en faire une Toie de ralliement entre inégaux. Il n'y » équilibre dans ime passion qa'auiant qu'elle est déreloppée de manière à contenter la masse de popnlation, roilectivemeat et individuellement. Mais pour amener les relations de famille k ce point , il faudra combiner arec le régime des séries, une longévité qui ne uattra que par degrés en 7 à 8 générations. Jusque là on se bornera à des approximatiqna de mécanisme.

La morale nous engage à nous considérer comote une grande famille de frères : c'est un verbiage vide de sens. Laure, Jeune homme trÂs-pauvre, peut-il considérer comme frère le riche patriarche Ilhuriel , s'il n'obtient de la grande fortune de ce patriarche aucune parcelle, ni en héritage, ni en autres prestations. Lazare peut en harmonie espérer ces avantages ; il est peut-être l'un des descendans directs ; ou des adopiifs continuateurs d'Ilhuriel , ou l'un des collatéraux , ou l'un des héritiers imtiireets', en attmdant, Lazare se rencontre avec Ithuriel dans divers groupes ou ilssont collègues , et dans les repas que ce vieux magnat donne à ses groupes , à titre de doyen, vétéran d'une industrie où il a brillé et dont il aime à s'entretenir.

Laurc qui aujourd'hui n'obtiendrait pas Us mutins de la table de ce riche , deviendra en harmonie , participant i sa fortune ; il aura pour lui des sentimens de frère, et de même pour d'autres magnats de la phalange sur qui il fondera ^pareille espérance : quant i présent , Lazarepeut-ilressentirqiielqueaffection fraternelle pour des égo'istes de qui il n'a rien i attendre , ni au présent ni à l'avenir ? les philosophes nous disent que tout doit âtre lié dïns un bon système ; eh ! quel lien peuvent-ils Toir entre le* riches et les pauvres, dans leur civilisation toute pétrie de haines et d'égoi'sme P

Un des effets à obtenir en ralliement de paternité, est la franche ;^ection de l'héritier, le désir sincère de prolonger la carrière du donateur. 11 n'est guères en civîli*

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salion de cdlé plus drigo^nt que les senllmenb secrets des légataires pour leurs bien&ilears- L'élst actuel met aux prises l'affiecUon et Imtèrâ; il eit clair que les 9^10 des héritiers n'écouteront que la voix de l'intérêt , et souhaiteront un prompt départ àcelui dont ils attendent l'hoirie. D'autre part la civilisation habitue chaqoe père i oublier tout sentim«it de philanthropie et de charité, |>our enrichir sa lignée direcle, ne voir le monde social que dans celle réanioa d'enfàns, et souvent dans un aîîié à qui l'on immole les cadets et les filles. En tout pays où les pères ne sont point réprimés par la loi , ils exposent et vendent leurs enfans, ils les }ouent aux dés, ils les œutilentpar la castration, pour en fairecommerce.

!« ralliement familial doit remédier k cette double dépravation des pères etdesenlans; la problème est : déiabiir entrt les testateurs 'et les légataires , soit consanguins, soit adopUfs, une affoctUm assez vive poarque lhé~ ritier désire prohmger la vie du le^aiear qu'il est aiyourtfhai si impatient de conduire au monument-

Sur ce problème, lasolalion estla mâme quecelledu ralliement précédent; une loterie de bonnes aubaines, dliéritagespériodiques; le plaisird'hériter, si rare tti civilisation , devient en harmonie aosà fréquent que le retour des 4 saisons ; en effet : quelle que soit la loo|;évilé des faarmoniens, il en meurt qndques-ons chaque année, ne fût-ce qu'un centième, 18 sur 1800; il s'en trouvera 3 de haute fortune , 4 de moTcnae , 5 de basse , 6 pauvres.

Si l'hoirie se répartit, comme je l'ai dit, à i;8 directement et i BjS indirectement, chacun aura dans le cours de Tannée, au moins i à a hoiries directes et 4 iadirecles. 11 faut cette périodicité d'héritages , dans un ordre de choses qui doit élever à l'infini tous les plaisirs.

La soif d'héritages est entièrement calmée par cette dissémination que je viens de décrire; elle hatutue le ieune homme à des aubaines périodiques en lots de lignée ou d'adoption. La fréquence de ces récoltas le rend

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d'anlant mmnaavîde, qull a très-peade besoins en hapmonie où il troore sans dépense les pUiûrs de son âge , la plapart lucratifs ponr loi : il s'habitoe à coDSÏdérer les héritages coniine fmits saccessi&dont on attoid paliemmeat les époqno. On n est guères désireax de raisins qcand on jouit de lacerise et de la fraise; mais si on n'avait dans tout le conrs de l'année qu'nn seul fruit , d*une semaine de durée , on aurait rinqnanle semaines de vive impatience. Telle est la ^tnation des héritiers civilisés; elle est pire encore pour te grand nombre qui n'a aueone hoirie à espérer.

La ïenncsse m harmonie n'a rien dn caractère iguoUe et Torace des légataires civitieés , réduits à souhaiter la mort du déloiteur. Un harmonien recueillant chaque aimée quelque legs on branche d'héritage, patiente sans peine sur les successions différées ; il les envisage coiBme une réserve assurée, comme les boïs dont on diffère la coupe- afin d'en augmenter la valeur. Tel un héritier harmonien souhaite , pour son intérêt même , la longévité du leslatenr qui grossit le trésor; et lorsque l'hoirie lui échoit , il peut dire , avec vérité , j'aorais désiré qu'cll efut différée; j'aurais un ami de pltis, et autant en richesse , car il conservait et grossissait ma portion dont je n'ai aucun besoin.

Nota. L'affluence de dignités et fonctions puhliqnes produit en harmonie même générosité chez tous les prétendans, aujourd'hui si impatiens de la mort des titulaires. Quand on possède une vingtaine de dignités, on n'est pas avide d'en obtenir une 21* au prix de la mort d'uB ami ou d'un supérieur estimé.

Résnmons sur le ralliement &milial , objet des t<biu de tous les pères ; le thème est ,

Que l'état sociétaire m donnant à chaque passion le plus vaste déodoppement, ( l'essor en tous degrés l , 3^4 • ) est assuré den voir nmtre ^ gages de concorde générale ; et des raîlianent entre les classes les plus antipatkîquts , riches et pmivres , testateurs et héritiers , de.

..Lioo^le

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Mais pour. appliquer ce prÎDcipe au lien de famille, que de conditions à remplir, et dont la plupul ;exigeront plus d'un sièrie ; telles sont la longévité qui ne sera bien recouvrée qu'à la 8* race harmonienne, et la lignée en ma/orilé, effet à'défïnir.'

Sur 1800 individus de la phalange, le patriarche Ithor rïel est parent de la majorité : ses descendaus vivans en ligne directe s'élèvent à 120; ses adoptî& au même Domfare, total 24^' formant au deU du 8* du canton; en 7 ajoutant les collatéraux de celle lignée directe qui doivent être en nombre quadruple, on a 1200, les a/S- de la phalange en parens d'Ithuriel; sa lignée forme la HAr JOEITÉ; de sorte qnt par esprit de /amille , il est forcé à désirer le bien public, le bien de toute la phalange dont le tiers, non parent avec lui, se compose d'anciens amis et amies, et de leurs enfans- Ici l'intérêtfamilialse trouve d'accord avec l'intérêt public dont il est sans cesse isolé m ré^me civilisé.

On a va que ce [' ralliement , cette fusion de la &■ mille et de l'état, tient à absorber l'esprit de famille, le disséminer , le noyer dans la masse énorme de ses rameaux; ce qui confirme le principe, gue tout ralUemenl d'antipathies s'établit en donnant à la passion de souche, les plus vastes déeeïoppemens dont elle est susceptible.

Cette théorie, je l'avoue, devient très-aride en appli*cation au groupe de famille; elle serait excessivement gaie si on l'appliquait au groupe d'amour dont tes développemens , lorsqu'ils s'étendent à un grand nombre , an moins un millier d'acteurs , fournissent les combinaisons les plus gracieuses , les plus piquantes qui existent en jeux de passions. Malheureusement cette charmante branche de théorie ne peut pas être exposée à des lecteurs civilisés : notre politique sociale est trop pygmée , trop bonflîe de préjugés pour pouvoir s'initier à ce nouveau grimoire, j'ai dû, par déférence pour ses opinions, établir un ralliement d'amour sur la plus petite combinaison possible , bornée à denx personnes , quoique las trois

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ralliemens d'amitié , d'ambition et de paternité, s'éien-. deot aux plus nombreuses combioaiioDS qui sont en amoar la voie des bautes harmonies.

Mais quoique le ralliement de pateroitésoit une théorie ardue, il coarient de la faire entrevoir, pour garantir au lecieur qn'aucune partie des calculs n'a été négligée ; j'ai dû insister sur cet accord , pins exactement encoreqoesur les autres accords , parceque le groupe de famille est pivot du mécanisme civilis»oùil joue, parmi les 13 passions, le même râle que JUDAS parmi les 12 ap6- Ires ; c'est de ce groupe que nait te vic#- radical , ïïnorceh lemeni eifausseU, c'est donc sur ce groupe qu'il faut poi^ ter la coignée, par un régime d'association propre à absorber complettement les influences de la famille dans les intérêts de la masse.

En terminant cet aperçu des ralliemens dont je n'ai fait qu'effleurer la théorie , observons que ce genre d'accords est de tous les phénomènes passionnels le pins propre à dissiper les préjugés d'impénétrabilité et de voiles d^airain , car il prouve que pour enlever le voile, il suffisait d'oser sortir de l'ornière philosophique , de ne pas spéculer sur la phis petite réunion domestique , mais sur la plus grande possible; et y appliquer la distribution recommandée par tes philosophes mêmes , tantùm séries juneturaque poUei , LA. séhib et le lien ; la série qui est méthode adoptée par -Dieu dans toute la distribution des règnes, et d'où naissent les Uens les plus sublimes , les ralliemens d'antipathies , les ressorts d'enthousiasme industriel et de perfection émnlative, lorsqu'elle est appliquée à des masses de ifioo sodétdres.

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