‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 5)Chapitre 58 sur 63 · PARTIE TKANSCEMDANTEDU MOUVEMENT · texte numérisé non relu

PARTIE TKANSCEMDANTEDU MOUVEMENT

CH. LUI. Métaphysique générale : détermination du plan de Dieu sur l'ensemble des destinées.

Il est heureux pour les partisans du voile d'airain que )e sois obligé, fauie d'espace, de laisser en suspens cette section où j'aurais prouvé que le voile n'est que de gaze. Comment ont-ils envisagé la nature ? ils n'ont étudié en mouvement que les effets, sans tenir compte des CAUSES. Sur toute question relative aux causes, ils restent muels. (Voyez 1, XXXII.) qu'on demande pourquoi Dieu a donné à Saturne sept satellites et quatre à Jupiter bien plus gros; ils se retrancheront derrière le prétendu voile d'airaiu ; cependant qu'est-ce qu'une ihcorie du mouvement , sans la connaissance des causes ?

Pour les péuélrer il faut déterminer le plan , les ressorts, le mécanisme et le but du mouvement. Sur quelles bases Dieu a-t-ïl assis son plan , quelles règles a-t-it suivies, quel but s'est-il proposé? ils ont par hasard entrevu lehutquiest l'unité d'action; qu'ils nous expliquent donc pourquoi l'homme est hors de cette unité , et si évidemment discordant avec le système de l'univers , que tous les savans l'entrevoient, p. 34> Aussi lord Byron a-t-îl fort bien dit : « Notre vie est une fausse nature, elle n'est » pas dans l'harmonie universelle. »

Le plan de Dieu a été de mettre le mouvement en accord avec son auteur, 11 faut pour celle unité que le mou-

ÏNDCSTRIEI. VII.' S. 527

Temcnt représente Dieu, qu'il soit en analogie arec Dieu, avec les douze passions primordiales dont se compose l'essence divine; et quand les livres saints nous disent : Dieu 61 rhomme à son image et ressemblance, ils nom enseignent le plan de Dieu sans l'expliquer en détail.

L'univers étant fait à l'image de Dieu et l'homme étant miroir de l'univers , il en résulte que l'homme, l'univers et Dieu sont identiques, et que le type de celte trinité est Dieu : si le Créateur ne s'était pas peint lui-même dans ]e système de l'univers, quoi donc aurait-il pu y peindrcf

T;cs philosophes entrevoient ces analogies, mais ils évilenld'enexpliqueraucuneparcellc.Si on leur demande en quel sens une rave ou un chou représente l'homme , l'univers et Dieu, ils répondent que ces Irivialilés sont au-dessous de la philosophie. S! on leur adresse des questions d'analogie transcendante, sur la distribution des astres, ils répondent : cela est hors de la sphère de 'esprit humain-, habiles escobars, bien pourvus de voiles d'airain , pour éluder tout problème qui les embarrasse.

Les ressorts du mouvement ont été expliqués dans la I .'* notice , ils sont les mêmes en matériel ou en social : la matière tend comme les passions à 3 foyers, au luxe ou soleil,aux groupes, au mécanisme.

Le mécanisme de l'univers et de toutes ses parties est dualisé.sujctà des âges d'harmonieet de subversion: nous voyons ce double effet dans les planètes et comètes. Les comètes qui sont aujourd'hui en mécanisme subversif e( incohérent, passeront un jour à t'éiat d'harmonie comme les planètes. 11 en est de même des sociétés humaines qui aujourd'hui sont dans l'Âge de subversion , fausseté et discorde, âge d'extrême jeunesse ; elle passeront bientôt à l'âge d'harmonie et d'unité.

L'harmonie et la' subversion sont sujettes à des degrés , le simple, \e mixte , le compose et autres degrés secondaires : Dans les planètes d'ordre simple qu'on nomme satellites, les habitans peuvent se contenter d'un bonheur simple et modéré; mais dans les planètes lanigères,

comme Satunoe. Honchel , Jupiter et la Terre, l'hninanilé est faile pour le bonheur ou le malheur composé . double iouifisance ou double disgrâce.

Le but du mouvement est de donner au bien , ans âges d'harmonie, une duréeseptuple'aumcttnsde celle dn mal qw a son rang astigné dans l'ordre général. On ne peut pas éviter qu'il ne règne plus ou moins de temps , aux deux extrémités de carrière, d'un homme, d'une nation, d'un globe, d'un univers. Voyez le cbap.suivant.

Le mouvement est lié, et son lien se forme par le mode ambigu que les philosophes n'ont pas voulu distinguer , quoiqu'il règne dans tout le système, entre les âges harmonique et subveruf , entre les modes simple et compose, on rencontre toujours l'ambigu; c'est par obstination à le méconnaître , que la philosophie tombe sans cesse dans les écarts systématiques, prenant l'ambigu, lestranr sitions ou, eiceplions , pour des bases de système. Manquerait-elle d'élre ignorante sur l'ambigu, quand elle l'est sur tout l'ensemble et tous les détails du mouvement ! Je ne pousserai pas plus loin cette dissertation peu à portée des lecteurs, mâme de la classe savante.

CH. LIV. j4naiogies généraks du moueemmt.

Un des travers de l'esprit civilisé , est de ne savoir pas envisager l'unité , l'étudier dans l' infiniment grand a>mmc dans t'infiniment petit. Si on leur dit qu'une planète commeJupiter, Saturne, la Terre, est une créature ayant une aine et des passions, une carrière à parcourir, des phases de jeunesse el de vieillesse, des époques de naissance et de mon , ils crient au visionnaire ; cela est trop vaste pour leurs petits esprits, et pourtant ils posent en principe l'unité et l'analogie dans te système de l'univers.

Si on leur dit que notre tourbillon d'environ 200 comètes et planètes , est l'image d'une abeille occupant une alvéole dans la ruche ; que les autres étoiles fixes entourées chacune d'un tourbillon, figurent d'autres abeilles; et

N..,j-,Goot^le

l^BVSTItIEI.. VII.c S. 5ag

q.ii£ reosemble de ce vKta uDiver» n'est compta à son lotir que pour une abeille < daaa une ruch* form^ d'en*- TÏron cent mille univers sidéraux dont l'easemble est un BINIVEBS ; qu'ensuite viennent les TUMVBHS {ormes de pluùears oiitlïm» de binïvera , et ainsi de suite ; enfin que chacun de ces univers, bioîvvs, trinirers, est nse créarure ayant comme noui ton àme, aes phases de jeunesse et vieillesse , mort et naissance , et que nos âmes après la inortdenotrcplanèteparcoiirrontcetteinânité de mondes; ilsneUifiserontpasachevep sur ce sujet, ils crieroat à la démence, aux rêveries ^f^teeques ;.et pourtant ils posent en principe l'analogie universelle , p.* 16.

A quoi bon, disent-ils, ces etcursions dans rimmeusilé? bomeir-vous au sujet : d^aceord. mais je veux le traiter exactement, et non pas à la manière gasconne de nos auteurs, qui, fatwiquant des systèmes de la nature, prooietteot des preuves et n'en donnent aucune; je dois donc faire savoir que je possède les preuves et suriont la prinàpale , c^ de l'analogie unirmelle tant proclamée par les fâiseuK de systèmes ; tels que ScbeJlIng cité p. 16, et tant d'autres qui , posant en principe l'analogie et la Fccommandsoit pour bousaole d'études, n'en disent janiais UA aeol mot, et ne savent établir xncnne échelle d'analogie» entre l'homme, l'oatrers et Dieu, entre lespassîons et les substances créées dans ks divers règnes.

Je puis renvoyer sur ce sujet, à un articis de coeniogonie appliquée ; 1 , 5 19 à Sâg; cl aux articles UOfiioijlLiK, en dirers règnes ; 1, 497. ^^ •

Je me bornerai ici à quelques, lignes anr la. carrière généiale dn genre humain. On a vu, à l'Avant^Propos, une table de neuf p^ode»afM-iales<,&uaia«l lai.^ phase ou ei^ance du monde , et meublée» jusqu'à prëaint' de. Scrâa.tiQ|^, dont la 1." a été détruite parle cataclysowgér néral ou grand délu^, différent du petit ddnge. Elle était création d'essai, faite sur un échantillon bien plus ample que celui des suivantes; car les fossile» qu'oo en trouve sont de dimension colossale ; des ccocodiles de

53o NOUVBAU MONDE

60 pieds, et antres formes gigantesques, dont ta proportion aurait exigé des hommes de neuf pieds de baut. Cet écliantilloii fut reconnu trop fort : on adopta le degré inférieur, ( différence de 16 à 17.)

L'espèce humaine qui n'existait pas lors de cette cré»' lioD d'échantillon , ne fut formée qu'à l'époque des deuz' créations, n.* 2 el3, qui furent faites , la 2.' sur l'ancien conlinoit , la 3** en Amérique. Elles sont distribuées pour servir de mobilier aux périodes i, 2, 3, 4< 5, 6. Le globe ne pourra avoir un nouveau mobilier que pour les périodes 7 et £ qui recevront tes créations n^* 4 et 5.

Si le monde social s'élevait par degrés à ta période 7 noiotnée Sodantteme , il recevrait aussitôt la créalioii n." 4< bonne, mais peu brillante i et lorsqu'on parvien* drait à la période n." 8, Harmonisme , on recevrait la création n." 5, déjà trè»-magnifique, mais moins encore que celles qui suivront , et qui formeront le mobilier des périodes n.* 9 et au-dessus.

Comme nous allons franchir les périodes 6 et 7, et nous élever immédiatement a la 8.*, nous recevrons cumulativement les deux créations n." 4 et 5. Elles commenceront dès ta pleine fondation de l'harmonie : cette plénitude aura lieu 3à 4 ans après t'inslallation de la phalange d'essai. Il suit de là que si on eût fait les préparatifs de l'essai en 1823 et l'installation en i824( l'anuée i8a8 aurait tu s'achever l'organisation générale , et r^nnée 1829 verrait la création en pleine activité, nous donnant tousles cOATaE-HOULKS des créations 2 et 3; tels qne ranti-rat,ranti-punaÎ5e,eic. :lebean Paris, si richement meublé de punaises, de rats et autres beautés, trouverait bien son compte à cette création qui nous délivrerait de toute l'engeance démoniaque dont noire globe est souillé; i3o espèces de serpens, 42 espèces de punaises, autant de crapauds; en voyant ce mobilier d'ordures, on peut bien se demander, comme en voyant les 4 sociétés existantes, qa«t-ce que l'esprit infernal ferait de.pb, si OD lui donnait à meubler et régir le globe?

iNDCSTaiEi.VII*. S. 53i

Cepenibat ces horribles créations sont l'ooTrage d'un Dieu iafinimenl sage et prévoyant; queb moliSt l'ont déterminé à des œurres si mal&isantes pour l'hgrame ? vous l'aves-dît vous*méines ; ce motif, c'est l'unité de système que proclament vos philosophes {Schelling cité p. i6. ) Il faut pour cette unilé , pour ce miroir analogique, douoer à chaque période sociale an mobilier emhlématlque des jeux de passions qu'elle produira. £n conséquence Dieu a dû tous meubler de deux créations épouvantables, ovk sont représentés tous les jeux de passions civilisées, barbares, patriarcales et sauvages; les l3o serpens représentent i3o effets de la calomnie et de la perfidie, qui sont l'essence des sociétés mensongères distribuées par familles. Vos âmes étant pour le moment l'image des démons. Dieu a dû, par analogie, peindre sous les Irails du tigre, du grand singe et du serpentsonnette, les passions de Moloch, Bélial et Satan, dont vos Âmes civilisées sont les miroirs fidèlesl Mab dès que vous sereEparvenusaux80ciété8 7el8,où vosâmrs renaîtraient par degrés à la vertu, vous recevrez des créations qui seront miroir des vertus affectées i ces périodes sociétaires. Et comme tout le système du mouvement doit être lié. il faut que les créationsinfémales.n.» 2 et 3, contiennent on rameau de transition, formé de quelques bons animaux, cheval, bœuf, mouton, abeille, qui nous peignent le système des créations futures oik tout se ralliera à l'homme , et qui fournissent à nos sodélés les moyens de créer la grande industrie, et de s'élever aux périodes 6, 7 et 8, où d'autres crézt'iom amire-mouiees purgeront le globe, ses terres et ses eaux, de rhorribie mobilier que Dieu a dû lui donner pour les périodes I, 3, 3, 4t ^> ^> selon le principe d'analogieet d'unité.

Cest parmi' les civilisés un plaisant préjugé que de croire qu'une planète qoi a fait des créations n'en pourra pas faire d'autres. Autant vaudrait prétendre que cela! qui a planté an verger, n'en pourra pas planter un autre , on qu'une femme qui a fait un enfant n'en pourra

n,.r„..i .GoOt^le

pas fîûre ua second' I^s créations mobitièns , bien différentes de» rtprvducfives , sont pour cliaque planète une opération pérîodicpM ; les saldilites ou étoiles inférîeores en fout canuse ; les lunigères , Saturne , la Teire , en font vmgl-huU; parce que sur nos 36 périodes sociales, il en est 8 qui ne reçoiveot pas de mobilier; elles sont 4 «> phase d'enfance , et 4 en phase de caducité de la planète.

{ Nota. ) Au traité j'ai compté seulement 3= périodes, omettant à des$<âo les deux d'apogée, entre la i6.* et la 17; et les 3 trausitoires, avant la i.'* et après la 32.'Cette différence décompte n'est pas erreur, mais abréviation.

Expliquons 1^'phénomèue d'un doubledéluge : le i .''fut énorme, il détruisit la création d'essai; le 3^' faible, n'a pas anéanti les races produites en 2.' et 3.* ciblions.

Kedisons que ce chap. qui .efiarouchera les pygnaées, est oblig* à^xii une synthèse générale du mouvement. Je passe de l'analogie générale aux spéciales , où le monde savant va trouver un câté bien charmant , même poer les moralistes, beaucoup pioîns ennemis des richesses qu'ils n'a£Eectent de l'être.

CH. LV. jinaiogies tpéeialÊS au mouvement.

Les beaux esprits qui nous disent : Funùvrs est/ak sur le modèle de l'âme humaine, la m&ne idée se réfléchit œnstammeni du tout dans chaque partie, (Schelting, p. 16) nous diront-ils comment un cèdre ou une rave qui font parlie de l'univers nous réfléchissent luie idée du toul ? quelle portion de l'univers est dépeinte dans un chou, un oignon, dans un chêne, un oranger?

Interrogeons d'abord les raves qui vont répandre des torrcns de lumière et se montrer dignes du haut jaug que leur assigne la morale. C'est une pépinière de belles analogies que la bourgeoise famille des ravra et betteraves, carolles et panais, salsîf» , céleris, et toutes racines qui nourrissent l'homme. Leur coUection représente le* coopéralcurs du travailagricole. Chacun de ces légumes

iKDCSTBicr. VJI.' S. 533

^' allie avec la claiM dont il est le portrait : la grosse rave morale reste 4 la tabîe des gros paysans dont elle est l'i- Biage ; le oavet , moins rustique , est l'emblème du fermier hupp^, traitant avec les grands; soaà le navet peutil, mdyennant de bons apprêts, figurer aux bonnes tables; la petite rave ronde peint rhomme opulent, qui, à la campagne, effleure l'agriculture, en prend une légère idée; la petite rave pivotante ou allongée, peint cet homme riche appro&ndîssanl te sujet , faisant son délassement de l'agronomie ; toutes deux, par analogie, figurent sans aucun apprêt aux tables de ta classe riche dont elle» dépeignent l'intervention superficielle en agricultare.

Ainsi chaque sorte de raves s'accoUe avec ses pareils : il eq est de même des autres raônes ; la carotte représente l'agroiKune raffiné , expérimenié , utile par-tout ; aussi est-elle an légume précieux employé par la confiserie ta la médecine, légume utile en tout sens, fovirais-' saot par sa feuille un fourrage salutaire, par la torréfac* tion un parfum de pelage, eb:. : le céleri, danason aiocrbe saveur, dépeint les amours «^ampètres, les tendres paysans et paysHines se courtisant à grands coups de poing.

L'étude de l'analogie est à double fin, elle conduit à l'agréable et i l'utile. C'est pour nous use triste entame que l'hisloire naturelle, tant que nous ignorons l«s effets de passions dépeints hiéroglypbiqueiBent dabs cha-: que «ubstance, comme je viens de les expliquer trop briëvcBwnt sur quelques légumes. Des fleurs peuvan'H nous plaire, iBaiselIes ont plus de charme quand on eon,-. nait le sens de ce» labtoaux, quand ou apprmd par. vÏDgt détails eiplkalifs sur chaque fleiii-, que la rose pesot 1« fille vierge el pudique; l'aillet peiiit la fille pressée, par le besoin d'amoar; l'bortMKta peint la cciquieUc); I». acâbieuse peint la prude; etc.

Ceci ne touche qu'i l'agréable : il est uii but bieii autrement important dans U science de l'analogie , c'est de', découvrir les propriétés cachées de toutes les subslaiices, des divers règnes ; H faut toujours que le haMrd ihnofi/

534 KOUTEAD HONDK

à notre secoQnponr noQsindiquer leurs Tcrtiuoccnlies; pendant 3ooo mille ans, le café fut dédaigné dans les champs de Moka , jusqu'à ce que les chàvres , par leur ivresse, en eussent décelé la propriété. Il en serait de même encore du quîoa , du mercure et autres antidotes, si le hasard ne nous eCU enseigné leurs emplois curatifs.

Il s'agit donc de déterminer, par c^lcnl général sur l'ensembledes règnes, toutes les propriétés des substances ; nous connaîtrons alors le remède aux maladies les plus libelles i l'art, telles que goutte, rhumatisme, ëpîlepsîe, hydrophobie, etc. La théorie de l'analogie peut seule nous Conduire à ce but. On demandera pourquoi je me suis borné sur ce sajet à des parcelles d'étude ? c'est qu'il m'eût fallu, pour aborder la théorie générale, au moins trois années d'étude sur l'histoire naturelle, et je n'ai pas pu y donner ce temps. 'Je lègue au monde savanl cette nouvelle science et tant d'autresdont je ne puis qae livrer la clé , me bornant i la branche de l'attraction industrielle et du mécanisme sociétaire'

Pour aperçu d'analogie en ce qui touche i l'utile, mettons en sc^e la bellerave, illustrée dans le monde mercantile à qui elle a fait cadeau du faux sucre, qui lait couler et gâter les confitures au bout de six mois. Cette plante va nous expliquer une^ des méthodes i suivre eu recherches d'analogie, laràgle du contact des extrême^.

Tout est lié en système de la nature; les analogies se Kent enir'elles, et la connaissance de l'une conduit-  d'autres; si l'on avait su que la canne à sucre et sa liqueur sont emblèmes de l'unité sociétaire eu indastrîe, ( unité oMn/w5«e alliant l'accord matériel et l'accord pasuonnel,) on aurait cherché le contre-sucre, ou sucre simple et &ux, dans un emblème de l'unité industrielle simple, de l'aclion combinée sans passion , telle qu'on la voit dans nos bagnes i nègreset à fàbricans, o te peuple à force de tortures ou de privations, se soumet à une discipline d'industrie combinée. C'est arriver par excès de malhemr i l'unité d'action, oA l'on arrivera en bar-

monie par acis de bonheur. On troure, daTis ce con- Irasle, no contact dtxtrânes.

Les réunions d'unité simple en cnllure, doiTcnl £lre dépeintes dans quelqu'un des végétaux heroglyphiques de la classe agrirole ; elles sont figurées par la betterave, fi-iàt àt jon^.d'où on voit ruisseler le sang; il est l'image de ces esclaves forcés à l'unilé simple d'action, par )es tortures. Ladite racine doit contenir la liqueur d'unité simple et fausse , le coktbe-^vcre , fade, sans mordant, et qui, à dose double, sucre moins que celui Jde r^nne. C'est une caricature du vrai sucre, comme l'unité d'action matérielte^dans nos ba^es d'esclaves coloniaux, est une caricature de l'unité passionnée des Iravatix harmoniens, dont la force productive sera doublée! quadruple de celle des travaux civilisés.

11 faudrait appuyer ces analogies d'amples détails, d'abord sur les feuilles des végétaux cités. La feuille cTispée de la betterave dépeintle travail violenté des esclaves et ouvriers; la feuille grotesque de la rave éule un masnf supérieur dominant plusieurs follicules inférieures, c'est l'image du chef de famille villageoise qui s'adjuge tout le bénéfice , pour le bien de la morale ; il prend tout . et ne laisse nen aux enCans et valets. Dans la pomme de terre qui peint le travail facile des groupes et séries pas' «onuées, une feuille bien graduée et entrecoupée de follicules minimes peint l'assemblage des inégaux , et de* enfans associés en travail avec les pères.

On vient de voir, au sujet du rontre-sucre, que l'étude de l'analogie procède comme l'algèbre par des raisonnemens et des comparaisons ; et qu'appliquée à chaque mbslance , elle en déterminera les propriétés cachées , les antidotes naturels des maladies qui sont l'émeil de l'art ; et les emplois utiles en divers genres.

£ntr' autres fruits à recueillir du calcul de l'anal.ofpe., on 7 trouvera la preuve théorique de l'immortalité de l'îme, ch> LVI, preuve dont on ne soupçonnait pas Texistencc el qu'on ne songeait'pas à chercher.

535 KODTSAU MONDE

Ponr encourager cette nourdle sdeoceà taqndlcon dcm tant de lumières et de cbarme, on accordera one récompenae êm* mu par feaUU publiant des analogies décoorertes, pourra qn'eltcs aient été contrôlées en jory jh^ittocmI , et réduïtes'à Imr pliu simple expression.

Ce prix dun sou parfeuilie de 16 pages in 8.*, rendnt aux aatçars une somme d'enrtron douze nULS til^^^cs Ma LIGNE , tout au moins. Celui qui aura pu fournir one pagede4olignee,auraenTiran 5oo,000 francs de bénélïce; et cdni qui auva fourni une feuille entière, huit millions àefi-fmes.

L'ourrage , en lolalîté , pourra contenir quatre mille tomes égaux à celui-<i , et quatre cents tomes en abrégé restreint. Dans l'ioïpatîencede connaître les analogies, le globe les fera publier en abrégé , feuille par feuille , i mesure d'inrentîon. Ce sera un moyen de favoriser les Auoes; car tost étant lié dans cette science, dès qu'une feuille en 16 pages déroilera une Irentaine'd analogies nonrelles , chaque ïectear, homme ou femme, pourra en tirer p»rli dans l'exploration , et découvrir à son «our quelque analogie qui , admise pour 10 ou 20 lignes , lui vaudra laS ou35o,ooo francs. Je vous'Ie demande, moralistes, cette nouvelle science , vreùe, utile a bdlt, ne vandra-telle pas mieux que vos tristes doctrines sur le néprîs des ricbesaes et l'amour du trafic, doctrines où tout est faux et impraticable ?

Ilexisteplusd'unmîlh'ond'analogiesà déterminer. Dèi qu'on en aura trouvé et publié seulement one collection de 5oo, toot sera entraîné ; les naturalistes mêmes condamneront leurs systèmes , et proclameront Unsufïisanse, la stérilité des classifications actuelles , toutes entachées du défiut de SïMPiiSME , toutes classant des caractères matériels sans ferre mention des passionnels. Chacun se ralliera i Tanalogie qui marie les deux classifications : j'en puis donner pour initiative «ne conectioii.de 200 articiei tr^variés; j'en aurais donné phts de aooo si j'avais pu

INDDSTRIEI. VW.'S. 53?

cmpIoytriiroUannétBezcliuîvenientàrëtudedcl'histoirc naturelle, surtout des branches négligées, ambigu, etc.

Dire qn'uneâciencenooTelle du contenu d'environ 4oo tomes, rendra aux aulenrs douze jniUeJrancs par Hgnti c*esl de quoi &îre palpiter lecœarde tout barbonîDenrde papier; il se contenterait bien de gagner seulement <A)Us« sous par ligne. Observons t|ue je parle ici des lignes de l",' apparition, lignes contrôlées et réduites par jury. Ilfaudra, sur ce profit [gigantesque , une preuve bien exacte , bien arithmétique : ellesetroure plus loin,i l'Épilogue où)0 dois retenir sur l'analogie.

Ceux qui en désirent des aperçus moins socciftcts,' penvotl oomultet' les articles Mosaïque en règnes animal éivégé^t 1 497 i5t9, CosnH^onie eppUquèe, X 5i9 à 53g.

CHAP. LVI. De timmortalUé ée Tâme.

C'sârr la question qui doit tenniner une étude intégrald de la nature : c'est le sl^et «or Icfud les modernes ont le plos écfaoHé.

L'iBunorlaltlé doit £tre démontrée en preuve composai et non pas simple. Piotb avons la preuve simple, tirée des doctrines religieuses qui poo garantisscot l'immortaUfé; c'est une très-bonne preuve su» doute, mais elle est simple; pour l'élever au mode composé, il &nt y ajoaier U preuve scientifiqve : Tesprît faumafin ne peut pas l'obtenir, tant qu'il u'esi pas initié à l'analogie d'oà ou tire les sept branches de preuves néneuaîres ea théorie de l'immortalité. C'est «ne iémde fort étendue qat je me borne à indiqner; elle comprend

I, s,3,4i 1m 4 tnité» d'analogie, appllipunit les 4 règnes snimrf, végétal, nrinérsl et avainal,ati règne passionel ou pivot*) , i^oe bomênaL

5 le traita. &)' ambigu, des transitioiM ;

6 le traité dacanuct desextrémnou diffiijcttan;

7 letrailé du ralliement des extrêmes en hauts dq;rés. Enfin l'anaioffe mathfaiMiqwe. Voyes sur ce snjec

1. 33i , OÙ jû prdudé à la théorie de l'immortalité en f appliquant les théorèmes des aires propotlionoelles aux temps et des carrés de temps pénodîques proportionnels aux cuhes des distances.

Tel est le cortège de preuves nécessaires : Faut-il »élonnerqiie les philosophes n'aient su en donner aucune ? elles sont toutes puisées dans l'analof^e dont ils n'ont jamab voulu faire aucune étude.

Un débat récemment élevé dans le monde savant, sur le magnétisme, peut nous servir ici pour aperçu d'une preuve qui se rapporte à la 6.* branche du tableau d-dessus , au contact des extrêmes.

Dieu nous devant sur ce point une preuve composée, une preuve matérielle et rationnelle, il faut que certaines démonstrations soient de nature à affestra- nos sens, les initier momentanément aux fàcuhés dont V&me jouit dans une autre vîe. Ce serait peu de connaître ces facultés par )e raisonnement, il faut des preuves palpables.

Pour les chercher recouronsà la boussole de justesse, i la série progressive : spéculons sur une série de 3 situations de l'âme, savoir : unesitualion moyenne , et deux extrêmes, qui doivent être en contact.

La situation moyenne sera l'état de VEILIK , l'existence pleine où le corps opère combinémenlavecrâme : c'est le mode composé.

La situation extrême inférieure sera l'état de somHkh;, vie faussée, mode simple, étal ou le corps ne s'associe pas aux volontés de l'âme.

L'extrême supérieur sera la vie ultra-MONdaike , el surcomposte, dont il s'agit de déterminer les facultés. Précisons la difTérecce entre ces 3 situations de l'âme; Etat simf^ et u^O'mondatn^ le sommeil.

Etat composé ou mondain, la veille.

"EiiAXsunomposéoiisupra-mondmn , la vie folnre, dans laquelle nos âmes prendront des corps plus parfaits. ïïos corps actuels sont T£BKE -AQUEUX, ^formés des deux élémeni grossiers qu'on nomme Icrre et eau : les corps

I^DDSTHIEL. VII,' S. 539

denosames dans l'aulre vie, seront ErBEft-AROMAUX, lormÀ des deux démens subtils nomma air et arôme.

Selon la règle d« conlact des extrêmes , les deox existences extrêmes dites iafra-mondame et supra-mondaine doivent être en rapport. La plus basse doit donner des images de la plus élevée ; en efliet le sommeil peut , cbez certainssujetsetdansceriains cas, initier l'homme auxfâcul léssensuelles des supra -mondains. On en voit la preuve par les somnambules artificiels ou magnétisés , et par les somnambules naturels; l'un et l'autre état donnent -i l'homme des sens ullra-hnmains , comme la f^cultéde lire tin écrit malgré l'interposition d'nn corps opaque , de voir ce qui se passe à de grandes distances, en lieu fermé oii l'œil ne pourrait pas atteindre. Ces somnambules ontdoncles facallésvisDellesdesuhra-mondains;ils sont en contract avec le terme âupérienr de la série d'existence dont ils forment le terme inférieur. Ainsi l'exige la 1<H de diffraction, étendue à toute la nature.

Pour donner du poids à cette explication, il &ndrait que lelecteurconnûtlescontartsd'exlrémes. qu'on trouve par centaines, et dont on n'a jamais fait aucun tableau. J'en ai décrit deux au chap. LV, en traitant du (xax sucre et de l'esclavage. Une collection imprimée, d'un millier de ces contacts d'extrêmes , convaincrait que ce contact nommé diffraction est loi fondamentale dans l'oi^ dre de la nature, et qa'elle doit s'appliquer à la théorie de l'immorlalité , en former nne des branches.

En théorie de l'immortalité, il faut bien parler de la mort qui est le point depassage, et parler des emblèmes de la mort qni sont les plus répugnans de toute l'analogie. Les lecteurs français seraient déraisonnables sur ce point; ils ne veulent que des tableaux agréables : cela m'oblige à supprimer ta plus palpable des preuves de l'immortalité, qu'on paisse tirer du corps humain et de son mécanisme.

Quant i la preuve citée, celle do magnétisme, on pcDt

trancher sur Je débat qui existe à cet ég&rd. Les médecinsallemands ont pleinement raison d'y cr^re, malgré le scepticisme de la faculté de Paria , dont la résistance est dictée paruncalcul d'intérêt; qu'elleaerassure ; le magnétijoie, quoique moyen très-certain et qui sera généralement employé en harmonie , ne peut pas faire de progrès en civilisation ; il est trop entravé par des vices matérieU inhérens i cette société; {'en cite quatre-

l." On n'a aucune méthode pour discerner les sujets magnétisables; on nesait pas cultiver en eux cette faculté dès l'enfanceion l'émousse, on la fausse par une éducation compressive de la nature; et au lieu d'avoir option sur les bons, l'on ne rencontre d'ordinaire que le» pins imparfaits, stimulés par appât du gain.

2.0 On ignore et on ne pourrait pas former l'appareil sympathique du magnétisé ; il doit se composer de ses deux sympathiques de tempérament, en identité et contraste , et de ses 2 symp : de caraclèrci en identité Ef contraste. Comment rassembler cet appareil quapdon ne connaît ni l'éclielle des lempéramens, ni celle des caractères?

3." On gâte, on use les magnétisés, on les déprave par de* amorces d'intérêt qid, même dans le sommeil de consulte, influent sur leur faculté ullra-biunaine, en faussent la vertu, la perspicacité.

4 -On les vicie encore par des emplois confus , en les obsédant de consultations hétérogènes avec leurgenrt d'aptitude qu'on ne sait pas discerner.

D'autres ^fautes concourent i faire avorter ces opérations , et neutraliser presqufi tous les fruits qu'on poui^ rait tirer de ce puissant ressort; il n'est pas feil pour la cÎTÎlisalion. Sur ce point comme sur tant d'autres , elle dépasse Li limite de ses attributions. Toujours mal-encontreuse ta génie, elle est adroite à pénétrer sur les points que la nature lui interdit, elle est incapable délivrer Saas les voies de progrès i^éel où la nature l'appelt^-

Les contre-temps que j'ai cités, empêcheront qae le

INDUSTRIEL. VIL' S. 54l

magnétisiDe puisse jaiiKits pFcndre quelque essor en civilisation; il prèle le flanc aux malins par les vices précitéset autres, mais il sera en grande vogue, en pleine utilité daiis l'harmonie. A celle époque les médecins seront trop riclies pour s'alarmer comme à présent de la découverte des remèdes; leur bénéBce alors s'établira en raison de la santé générale ; ils n'auront plus à redouter mais à désirer l'invention d'antidotes efBcaces dont s'effraie la cupidité civilisée.

Je n'ai donné ici sur l'immortalité qu'une preuve du 6.' ordre; on en accumulera de chacàn des sept ordres, et rien ne paraîtra plus certain qne cette vie future dont nos soi-disant esprits forts nous ravissent l'espoir. En reniant l'âmeet Dieu, ils ne renient que leur proprescience: tkont supposé, dam leurs systèmes anciens, un Dieu slupide et méchant; STUPIDE en ce qu'il aurait créé le monde sans plan , sans moyens d'établir le bonheur de lous;MÉCHAKT,ence qu'il voudrait nous cacher ses plans s'il en a fait sur les destinées; el nous condamner à perpétuité aux tortures de l'état civilisé et barbare. ' Tout est faux dansces opinions: Dieu veut nous donner beaucoup plus de lumières et de bien être que nous n'en désirons, mais sous la condition de chnrher ces biens dans l'étude de l'homme, ou de l'altraction , guœnie et in^ venietis. Ayant refioussé cette étude et par suite manqué toutes les voies de lumière , nos philosophes ont été secrètement confus de leur doctrine qui , en nous assignant l'état civilisé et barbare pour destinée , transforme Dieu en Créateur sot et méchant , et nos âmes en créatures démoniaques. Pour échapper à ce labyrinthe scientifique, ils ont renié ce Dieu ignare et malfaisant qu'ils avaient imaginé, et l'âme de boue, l'âme civilisée qu'ils avaient formée; c'est renier leur propre science et leur pauvre génie; dénoûmwt digne d'aveugles i/ui conduisent des aveugles, signe évident de la cataracte intellectuelle dont la philosophie envelop|>c l'esprit humain.

Page 1