‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 101 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE» NOTICE lU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE» NOTICE lU

tort ? Chacun va répondre en souriant : c Si c'est un

> crime » le nombre des coupables est bien immense , et

> on ne trouvera guëres d'innocents qu'à l'Académie fran- M çaise qui voit des charmes dans la pauvreté , si Fon en » croit aux discours prononcés dans la séance du 25

> août 1818. > Est-il certain, d'autre part, que le fou ait pleinement raison d'aimer les richesses ? Non, sous le rapport des moyens odieux qu'il faut employer pour les acqpérir. U y a donc dans Tun et l'autre eas, mélange de sagesse et de folie , complication de principes contradictoires et impossibles à concilier dans l'état actuel, car on en viendrait à conclure qu'il faut des richesses , mais qu'il faudrait y parvenir par d'autres voies que celles du vice , qui en Civilisation est le seul chemin de la fortune.

Les débats sur ce sujet amèneront donc tous les opinants à désirer un ordre de choses qui conduise à la richesse par la pratique de la justice et de la vérité : c'est demander l'anéantissement de la Civilisation et de la Barbarie , leur remplacement p£tr l'état sociétaire , où on arrive à la richesse par la vérité. Il sera louable alors d'aimer la richesse et la vérité à la fois; les deux impulsions seront en essor combiné et en ralliement. L'Attraction ne sera plus contrariée par la raison ; l'homme sera en paix avec la nature et avec lui-même. Il y aura unité d'action entre les passions et la sagesse , qui aujourd'hui sont en pleine duplicité d'action; «ar, quel que soit le système social , il est toujours impossible en Civilisation de concilier la saine raison et l'Attraction.

Aussi nos moralistes actuels , qui sont des louvoyeurs , des caméléons littéraires , ont-ils adopté des doctrines lâches, des capitulations et subterfuges qui ne sont que L'amour des richesses un peu fardé de verbiages' sur la

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modération ; témoin le sage de Delitle , cet homme des champs f oti pTutôt homm/e des ehéteaux, qui cultive uno sagesse dont la pratique exige au petit pied eent mille éeus de rente. S'il faut aimer une pardlle sagesse, i{ faut donc aimer cent mifle êcus de rente : plaisante modéraration ! Ainsi tous les systèmes de morale sont des cercles vicieux , depuis le tonneau de Diogëne jusqu'à la modération du sage de DeliUe : tous n'aboutissent qu'à la déraison (398) , et on ne peut attendre de sagesse que d'un ordre de* choses qm coneiKera l'essor de l'Attraction et la pratique de la vérité.

Et si Ton considère que Dieu seul a te pouvoir d^atteindre Un but si louable , puisque lui seul petU imprimer Attraction pour tel ordre qu'ail lui plaît, lui seul est distributeur universel de l'Attraction, comment peut-on douter qu'il n'ait mis à profit cette brillante faculté , pour nous donner un code social adapté aux vœux de l'Attraction?

En récapitulant ses propriétés merveilleuses , la garantie septuple qu'elle fournit à Dieu et à l'Homme pour établir l'accord des passions avec la raison , réaliser les voeux présumables du Créateur et les vœux connus des créatures, comment penser que Dieu, à moins d'être le plus malveillant de tous les êtres, ait pu songer à préférer ia contrainte, qui même soûs le titre de morale n'est tonjours qu'oppres^on , ressort indigne d'un mattre magnanime qui peut se faire obéir et aimer, en imprimant Attraction pour les actes qu'il exige de nous?

J'ai observé que , ne pouvant opter qu'entre deux ressorts y Contrainte ou Attraction , il dérogerait par le choix de la contrainte à ses caractères essentiels, i^. économie de ressorts , 3^. justice distributive. Il dérogerait de même au 5^., l'universalité de providence, puisqu'il

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