‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 102 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. SOf · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE III. SOf

n'a organisé snr le globe aucune Toie de contrainte pare-" ment dirine » aacune qui oondatse è l'unité » but de ses opérations. Les méthodes coeroitiyes dont nous faisons usage , n'établissent au conlraire que discorde uniferselle entre les nations et les sociétés. Si donc ces méthodes étaient conformes aux vues de Dieu , il dcTtendrait (252) l'équivalent de l'être fictif que nous nommons Diable ; car pouvant assurer au genre humain l'unité et le bonheur par un régime d'Altraclion , il opinerait sciemment à entretenir la discorde et le malheur universel» par option pour les voies de contrainte , et dédain des sept garanties que l'Attraction seule peut assurer à Dieu et à l'Homme.

Si notre siècle qui ne raisonne que de garanties , avait fait l'analyse des sept que je viens de citer, aùrait-on tardé à étudier la science qui nous promet cette immensité de bienfaits? D'ailleurs, que signifie ce respect qu'aflfectent les Philosophes pour la nature ? S'ils croient que la nature doive être consultée dans l'étude -de THomme et des destins sociaux , comment prouveront-ils que l'Attraction ne fasse paâ partie de la nature humaine, et qu'on puisse étudier l'Homme sans étudier l'Attraction passionnelle , dont ils n'ont dit mot dans leurs cent mille systèmes ? Omission digne de gens qui , en voulant nous ramener à la nature , admirent une société où l'Homme est dépouillé des sept droits naturels, sans aucune indemnité.

Gonclnsions «or la troisième Notice.

Le défaut de la plupart des lecteurs est de ne faire aucun résumé de leurs lectures , de n'en pas conserver une idée principale qui leur serve de régie. Après avoir lu cette notice , plusieurs se borneront à dire : voilÀ des

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opinions bien neuves, bien extraordinaires; et là-dessus ils rentreront dans le cercle des préjugés civilisés , sans tirer aucun fruit de ce qu'ils auront lu. Il faut en déduire une conclusion , la plus brève possible » à laquelle on devra se rallier.

J'ai préludé à cette conclusion (268) en réduisant à deux points le problème de nos destinées » ou procès entre la Divinité et la raison humaine.

On y a vu que les devoirs de Dieu sont de composer pour nous un code social et nous le révéler. Il est évident, d'après les éclaircissements donnés, qu'il a rempli ces deux devoirs ;

Et que ceux de l'homme sont de chercher le code divin dans l'étude de l'Attraction. Il est notoire que l'esprit humain y a manqué. Or, la faute étant réparée et le coda passionnel étant découvert, il ne reste plus à remplir que les devoirs d'examen critique et d'épreuve.

Mais pour exercer dans cet examen une critique judi-^ eieuse, il est deux conditions : la première est d'être pénétré de l'immensité de biens dont op va jouir dans ce nouvel ordre : on ne peut pas encore les apprécier, puisque je n'en ai donné aucun tableau ; j'y emploierai la 2®. partie, et quand on connaîtra le bonheur de l'état sociétaire, le dédain que méritent les pauvretés civilisées, on sera en état de critiquer sainement et sans malveillance la théorie sociétaire.

Une seconde condition est d'être bien convaincu que; les sciences incertaines ont égaré la raison et faussé l'entendement humain (138) par leur manie de subordonner Dieu à la Philosophie , et d'envisager en mode simple la nature et les destinées. Ëstnl beaucoup de lecteurs assez sages pour s'affranchir de ces préjugés? J'en doute : l'habitude est bien impérieuse, et pour les amener à suspectée leurs vaines sciences , il faudra encore passer en revue-

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bon nombre de questions , notamment les pivotaies ou problèmes de Timmortalité et de l'analogie.

Une digression sur chacun de ces deux sujets , confirmera que nos lumières actuelles ne sont encore que l'épaisse nuit dont se plaignait Voltaire ; nuit dont on n*a su après lui que renforcer l'épaisseur, en Taffublant d'un manteau de perfectibilité , vrai mariage de l'orgueil avec l'ignorance.

Franchement , à quoi se réduisent les trophées sociaui conquis depuis Voltaire ? Faut-il en donner le sommaire? Matérialisme, athéisme, commotions révolutionnaires, politique déyergondée, anti-reiigieuse(i), dépravation mercantile, monopole maritime, triplement d'impôts, décimation d'avenir, quadruple peste, dégradation climatérique ; voilà en stricte analyse nos progrès sociaux les plus récents. Et lorsque la Civilisation s'enorgueillit de ce redoublement de sottise , n'est-on pas fondé à lui dire qu'elle n'est pas en état d'exercer une sage critique sur les inventions ultra-civilisées; qu'il faut préalablement la ramener à cette modestie qui , depuis Socrate jusqu'à Voltaire, distingua les Expectants , gens vraiment judicieux et honorables, en ce qu'au lieu de vanter leurs torrents de lumières et chanter la perfectibilité , ils s'avouaient honteux d'ignorer, espérant qu'un jour la lumière descendrait.

(i) Enlrc autres actes oli elle se manifeste , on peut citer la protection accordée de fait ^ la traite des Nègres, maigre' un simulacre d*interdit , et les atrocitës inouïes commises par les capitaines négriers dont aucun n*est puni. On citera aussi Fhésitation des princes chrétiens a punir la férocité ottomane , et la perversité des Juifis qui vendent les Chrétiens pour les Êiire crucifier, faire brûler les femmes et les enfants sous les pieds du père attaché à la croix. Ces horreurs , favorables k quelques marchands , sont favorisées pour ce motif sordide et infâme : ces horrears sont légitimées dans l'Europe qui se dit chrétienne^ L'esprit religieux transigerait-il sur pareib outrages ?

504 PROL£GOili»l£S.

pinot JS^iXtct.

TRËSE DE LIMMORTALITÉ BI-GOMPOSÉE,

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Mt AfTBACtlOm PMNPOBTIONlIiyaS kVt DttnHiBS BSSSKTULLBS.

( Relire les six page» 282 à 23». )

Initial. Le but des prolégomènes étant de faire désirer la théorie du mécanisme sociétaire, d*y intéresser et disposer le lecteur par tous les ipoyens, appâts de fortune/ chances de plaisir , curiosité scientifique, etc., il convient d'efQeurer tour à tour lès problèmes désespérants, dont il ne pourra obtenir la solution que de la théorie sociétaire ou calcul de TAttraetion passionnée*

Le sort futur et passé des ftmes est un de ces grands ptroUèmes qu'èclaircira la théorie de rAttraction. Il n'est pas' de question plus rebattue et pourtant plus neuve que celle de l'immortalité de Tftme ; c'est le principal écueil des lumières scientifiques. Nous avons sur ce point une conviction suffisante, fournie par la religion; mais le» dogmes religieux n'étant pas de mon ressort , je ne puis disserter ici que sur la valeur des notions obtenues de là science. Examinons donc si elle nous a fourni quelques doctrines recevables sur le sort extra-mondain de nos âmes»

La théorie d'immortalfté de l'âme embrasse le passé comme Tayenir. Si l'âme est immortelle au futur , elle Ta été au passé. Dieu ne créant rien de rien, n'a pu former nos âmes de rien. Si Von croit qu'elles n'existaient pas avant les corps , on est bien près de croire qu'elles retourneront au néant d'od nos préjugés les font sortir. .

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