‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 27 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE I

A rÉconomisme» qui promettant aux nations des richesses , n'enseigne que l'art d'enrichir les traitants et sangsues, doubler les impôts, dévorer l'avenir par les emprunts fiscaux, et négliger toute recherche sur TÂssociatiion domestique, base de l'économie.

Au Moralisme, qui après avoir prêché deux mille ans le mépris des richesses et l'amour delà vérité, a tout récemment accédé à prôner le système commercial civilisé, baqqueroute, usure, agiotage et libre fourberie?

Telles sont les quatre sciences qui dirigent le monde social , ou plutôt qui l'égarent depuis vingt-cinq siècles. Elles sont déjà suspectes aux révolutionnaires mêmes qu'elles ont élevés : Bonaparte les élimina en masse de l'Institut, et ce fut peut-être l'acte le plus sensé de son règne. Mais au lieu de se borner à les flétrir, il aurait dû proposer les études qu elles ont négligées. Elles devaient, de leur 'propre aveu, étudier V Homme, l'Univers et Dieu; elles n'en ont rien fait ; je le prouverai dans le cours de ces prolégomènes.

V Homme, i* Univers et Dieu! C'est, répliquera-t-on , une élude portée à la perfection par nos Idéologues et Métaphysiciens modernes. Bien de plus faux ; ils n*ont pas même abordé le sujet, car ils n'ont traité ces trois énigmes qu'en simple et non en composé. Aussi leurs torrents de lumières sur les trois problèmes ne sont-ils que des torrents d'erreurs , que l'épaisse nuit dont se plaint Voltaire.

Mais nul n'a, ce me semble, aussi bien défini l'obscurité que Gondillac , dont il est à propos d'insérer ici un paragraphe , bien humiliant pour les prétentions des modernes. Voyons à quelle valeur il réduit les trophées de cette raison et de son prétendu perfectionnement. Je

i'24f PROLÉGOMÈNES.

transcris littéralement son opinion, et j'y intercale quelques parenthèses.

€ Au lieu d'observer, dit Condillac , les choses que 1 nous voulions connaître > ( entre autres le but des passions), c nous avons voulu les imaginer : de supposition

> en supposition fausse , nous nous sommes égarés parmi

> une multitude d'erreurs ; et ces erreurs étant devenues 1 des préjugés, nous les avons prises pour des prin-

> cipes : > (notamment l'erreur qui, envisageant la Civilisation comme terme des destinées, veut subordonner les passions aux convenances de cette société , les mutiler et dénaturer; au lieu de chercher une autre société adaptée au vœu des passions , qui toutes sans exception tendent à l'Association industrielle , à l'Association par Séries contrastées, avalisées, engrenées.)

Condillac : c Nous nous sommes donc égarés de plus

> en plus ; alors nous n'avons su raisonner que d'après

> les mauvaises habitudes que nous avions contractées. >» (Entre autres l'habitude du régime civilisé , barbare et sauvage, qui n'est que notre destinée transitoire, mais qui est devenue habitude contractée.)

Condillac : c Uart d'abuser des mots sans les bien en-

> tendre a été pour nous i'art de raisonner. > Témoins les mots bonheur y liberté, vertu, morale ^ destinée, na->^ tare, équilibre, saines doctrines et autres verbiages par lesquels nos théories contradictoires nous conduisent toutes à Topposé du but qu'elles se proposent. Toujours aux sept fléaux lymbiques (51), au lieu des sept bienfaits (55).

Condillac. < Quand les choses en sont venues k ce

> point, quand les erreurs se sont ainsi accumulées, il n'y f a qu'un moyen de remettre l'ordre dans la faculté de^

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