‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 28 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. SOTICE I · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. SOTICE I

t penser; c'est d^ oublier tout ce que nons avons appris, 9 de reprendre nos idées à leur origine, et de refaire, « dit Bacon, l'entendement humain.

> Ce moyen est d'autant plus difficile qu'on se croit » plus instruit : aussi des ouvrages où les sciences sei raient traitées avec une grande netteté, une grande i précision , ne seraient-ils pas à la portée de tout le » monde. Ceux qui n'auraient rien étudié, les entenâ draient mieux que ceux qui ont fait de grandes études, » et surtout que ceux qui ont beaucoup écrit. •

Voilà la Philosophie et ses jactances de perfectibilité condamnées par un homme dont elle vanle le discer^ nement , la rectitude : c'est un des orad^s de l'entendement humain qui nous apprend que cet entendement est faussé , i que ceux qui ont beaucoup étudié , beaucoup • écrit, n'entendront rien à des sciences traitées avec une f grande précision, > (comme le sera la doctrine de r Association et de l'Attraction, qui assurément sera bien précise et positive, car elles'étaiera sans cesse des oracles de l'expérience et de vérifications arithmétiques. )

Il est précieux qu'un des aigles de la science en vogue , de l'Idéologie, ait si bien défini le faux jugement de celte controverse, plus le vice de ses méthodes, la nécessité de les oublier, de se défaire des impressions philosophiques, pour procéder à l'étude de la Nature et de j'Homme.

Cette critique des lumières modernes semblerait inconvenante dans la bouche d'unintrus tel que moi; les Philosophes ne manqueraient pas d'y répondre en termes dédaigneux : je dois donc m'étayer de leurs propres arrêts. Voilà leur condamnation prononcée par un de leurs coryphées : il semble avoir écrit ce paragraphe tout

exprès pour confondre les détracteurs qui repoussent la théorie et même l'idée d'Association, parce qu'elle ne s'accorde pas avec cet préjugés qu'ils ont pris pour des principes y ei parce qu elle satisfait aux préceptes de Condîilac, en reprenant les idées à leur origine, en oubliant tout ce qui a été enseigné sur les passions dont on est réduit à dire , après trois mille ans de vaines théories :

Montrez rHomme à mes yeux ; honteux de m^ignorer, etc.

Les citations précédentes motivent assez la distinction d'Eœpeetanis et d'Obscurants (ou illusionnels)» que je viens d'établir : il est évident que tous les philosophes respectables du siècle passé se sont rangés dans la catégorie des expectants : les Montesquieu, les Rousseau, les Voltaire , les Condiilac , s'indignent de cet état de crétinisme dont le génie social semble frappé. Ils pressentent ta découverte qui doit lever la cataracte au monde sodal et l'élever à.la destinée heureuse. Tous ces grands hommes confessent la vanité de leur science , et l'égarement de cette raison qu'ils cmt prétendu perfectionner. Tous avouent c que leurs bibliothèques philosophiques

> ne sont qu'un dèp6t humiliant de contradictions et

> d'erreurs (HO). >

Il n'est que trop vrai : depuis vingt -cinq siècles qu'existent les sciences politiques et morales , elles n'ont rien fait pour le bonheur de l'humanité ; elles n'ont servi qu'à augmenter la malice humaine en raison dû raffinement scientifique , à reproduire l'indigence , les perfidies et tous les fléaux sous diverses formes. Après tant d'essais désastreux pour améliorer la Civilisation, il ne reste aux sophistes que la confusion et le désespoir : le problème du bonheur public est un écueil insurmontable pour

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