‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 44 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II

lisation , où les libertés telles que je viens de les définir^

ne se rencontrent nulle part en alliage de

corporelle active )

'^ . . . \ convergentes, et sociale active )

Ceux qui jouissent parmi nous de ces deux libertés , ne tendent qu'à leur donner l'essor divergent ou rebelle à l'industrie productive ; tous inclinent à l'oisiveté, souvent même à la destruction : témoins les enfants qui brisent et ravagent dés qu'on les laisse en liberté corporelle active, et qu'ils peuvent faire du dégât sans être aperçus.

Ces distinctions sur la liberté sont un peu minutieuses : mais après tant de massacres pour la fausse liberté, n'estil pas temps enfin d'apprendre à connaître la véritable, dite composée convergente, qui ne peut en aucun cas s'amalgamer avec la Civilisation, puisqu'elle suppose unité d'adhésion au régime industriel, et que parmi nous le peuple est partout en état de soulèvement intentionnel , comprimé par les sbires et les gibets ?

Il existe bien en Civilisation une masse d'adhérents ou consentants dont le nombre se borne à peu prés au huitième, tandis que les sept huitièmes sont mécontents. Quelques-uns le sont à demi et sans intention de soulèvement ; mais la très-grande majorité , composée des salariés et du petit peuple, s'insurgerait à Tinstant où elle serait délivrée de la crainte des supplices. La multitude pauvre est donc réduite à la liberté simpfe ou corporelle. Son industrie est un esclavage indirect , un tourment dont elle voudrait s'affranchir.

Distinguons ensuite la portion de civilisés nommée bourgeoisie, artisans, petits propriétaires. On trouve dans leur nombre une grande majorité qui est mécontente de l'ordre établi et désire des changements, des admissions

à tels et teb droits. Elle ne jouit dooc pas de la liberté sociale active ^ ou plutôt elle n'en jouit qu'à demi : elle est en dissidence avec Tordre social ; sa liberté n'est que de mode composé divergent , puisque ses bourgeois et artisans sont hors d'unité et d'adhésion passionnée.

Reste une minorité trés-faible , qui adhère à l'état civilisé tel qu'il est organisé. Celte minorité se compose des oisiCs qui sont hors d'industrie productive » ou de quelques privilégiés qui envahissent les emplois lucratifs : ceux-là jouissent de la liberté composée semi-convergente; mais leur nombre est bien petit , et de plus ils sont rebelles à l'industrie, désirent encore beaucoup de changements dans l'ordre social et administratif, et n'ont pas pour l'avenir des garanties de leur bonheur présent.

Il est donc bien peu de civilisés qui approchent de la vraie liberté (mode composé convergent). Il sera même facile de prouver qu'aucun d'eux n'y atteint , et que les monarques et les ministres en sont encore trés-éloignés, tandis que le peuple et la classe pauvre sont tout & fait réduits & la liberté simple ou corporelle; encore estelle compromise par les conscriptions, la domesticité, et la sujétion des femmes et des enfants qui ne jouissent pas en plein des libertés corporelles.

Quanta la liberté politique ou sociale, toute la classa pauvre en est entièrement privée, et réduite à s'asservir dans les travaux salariés qui enchatnent l'âme ainsi que le corps. Un subalterne qui aurait des opinions contradic* toires avec celles de son chef, serait renvoyé et privé de travail; il ne jouit donc pas de la liberté sociale active , pas même du droit d'opinion et de sens commun. Partout où le pauvre hasarde une opinion contraire à celle du riche» il est èconduit malgré la justesse de ses avis, et

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