‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 56 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II

BOUS disent que VinduBtrieux n'est pas libre , puisqu'il ne trayaiHe que par crainte de la famine et du gibet , et qu'il se soulève du moment où l'autorité paraît faiblir. II fallait donc , pour se rallier k la vérité, confesser que la GifiK-* sation n'est pas compatible avec la liberté des industrieui, pas même avec la moindre des trois libertés (155), et qu'elle place le peuple à l'antipode dés droits de souverameté , dont on lui fait ironiquement la concession.

8<>. Se rallier à la natwre : on nous montre la nature dans l'homme sauvage qui jouit déjà du deuxième degré de liberté (composée divergente), et de l'exercice des droits naturels en industrie : nous ne pouvons donc nous rallier à la nature que par l'invention d'un mécanisme social qui garantisse à nos industrieux l'équivalent de ces droits, et une dose de liberté au moins égale à celle du Sauvage. On voit que ces conséquences nous conduisent par mille voies différentes & la même conclusion : inventer un régime d'industrie attrayante, un mécanisme opposé à la méthode famifiale ou anti-sociétaire, dite Civilisation.

Au surplus, que d'équivoques sur cette idée de rallie* ment à la nature ! Je pourrais déjà définir neuf natures différentes , par analogie aux neuf périodes du tableau 33 ; puis des natures mixtes, et aussi différentes des neuf autres, que les mœurs des Otahitiens, période 1 1/2, différaient de celles desÉdéniens ou nature de 1®^ . échelon, et de celles des Anthropophages ou nature de 2®. échelon, vantée par les orateurs sous le nom de simple nature. Je n'ai garde d'engager le lecteur dans ces définitions fastidieuses de toutes les natures : continuons sur notre sujet.

9^. Ne pa$ prendre les préjugés peur de$ principes; € est le tort des Philosophes Obscurants (ISâ),^ qui nient

Texislence de moyens inconnus, la possibilité de dècau-* yrir des mécanismes sociaux autres que la Civilisation, et )a nécessité de les inventer si l'on veut procurer à l'homme cette liberté inadmissible dans l'état civilisé 157, où les riches mêmes en sont privés, à plus forte raison le» pauvres.

400. Observer les choses qu'on f)eut connaHre, et non pas les imaginer. Au mépris de ce principe, ils n'ont ni observé , ni classé les trois modes de liberté 1 54 et les droits naturels au travail (164). Ils ont imaginé en compensation une liberté dérisoire , un droit de souveraineté accordé à gens qui n'ont ni pain, ni vêtements : risum teneatis.

11®. Ne pas prendre pour raisonnement F abus des mots. Peut-on en faire un abus plus indécent que de nous vanter les libertés des peuples ^ dans cette Civilisation qui, sous tous les régimes, sous les clubistes mêmes, s'étaye d'une milice terrifiée par les châtiments , et employée à museler le peuple affamé? On ne voit dans ce mécanisme qu'unie contrainte composée , c'est-à-dire contrainte du soldat qui h son tour contraint le peuple.

Nos sophistes découvrent dans ce ricochet d'oppression une souveraineté du peuple. Après un tel abus de mots, n'est-on pas bien fondé à leur donner le surnom d'enfileurs de mots, bâtissant sur quelques verbiages des constitutions libérales dont les ressorts nominaux sont la Nberté , l'égalité , la fraternité , et dont les ressorts effectifs sont la contrainte , les sbires et les gibets ? Voilà sur ce qui touche à la liberté un plaisant abus de mots pris pour des raisonnements.

. 120. Oublier ce qu'on a appris et refaire f entendement humain, le viens de prouver qu'on ne saurait mieux faire

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