‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 76 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II

taires : enfin , qu'on les a leurrés , qu'on n'a cherché qu'à esquiver les études urgentes.

Après tout y quels sont nos trophées sur le point le plus important , sur l'étude de l'homme ? Au lieu de l'élever au bien-être , nous n'avons su que l'assujettir à l'esclavage matériel et sexuel chez les barbares; puis à l'esclavage politique chez les civilisés , où il est doublement asservi à l'argent; directement , par les privations qu'il endure s'il manque de ce métal; indirectement, par la défaveur qui pèse sur le pauvre , et par les bassesses auxquelles il est réduit s'il veut échapper à l'indigence. Voilà donc l'homme social en servitude bi-composée : c'est la meilleure réponse à faire à nos discoureurs sur la liberté.

Lorsque les sciences ont conduit l'espèce humaine à cet excès d'avilissement , n'est-il pas évident qu'elle est leur dupe, et que loin d'avoir fait quelques pas vers le bonheur, tout lui reste à désirer? C'est sur quoi je vais deviser, dans une bluette qui servira d'acheminement à la3®.Notiee.

232 ffLOvéùOMbxES.

TRANS-MÈDIkNTE.

Aux Amù du Plaisir. — 'Les trois Souhaits*

C*£8T use ùMe renovrclde des Grecs, Si je If tivile d^ooe mv^ nicre neuTe , elle fiera ooe petite diyersioa aux £»decixs mercantiles ^ sur lesquelles il a fallu préluder jusqu^à plus ample iofQrmë (9*. secHoo ).

Aux mille et une définitions du bonlieur , je dois d^abord ajouter la mieoBe , et je le définis , essor continu des douze passions^ radksales*

Cet essor étant Impossible en Civilisation , et la politique étant obligée de réprimer en tout sens les passions , personne n^ose donner la vraie définition du bonbeur, mais chacun sait en deviner la voie \ chacun s'efforce de satisfaire ses passions , et nous estimons heureux œlui qui les satisfait le mieux; c^est bien jugé : mais pour arriver an bonheur collectif, il reste à trouver le mo^en de satbfaire les passions de tout le monde.

Si les Dieux permettaient à tous les mortels de former trois souhaits , quets seraient les vœux les plus unanimes , ceux des sages mêmes f II est faoâe de les idéterrainer :

i^. Richesser a*** Vigueur. 3**. Longévité,

>< Et la sagesse pour user convenablement de tant de biens.

Voilà donc les Irob gages du bonheur , selon nos désirs. On avoue quMls sont subordonnés au sage emploi , car Pabus de Tun détruirait Tautre : or , cette sagesse est précisément ce que les Dieux ne pourraient pas nous accorder en Civilisation : il ne peut y exister aucune balance dans rezercice deé plaisirs; ils y sont distribués de manière à blaser promptement les sens et l'âme, provoquer les excès , compromettre la santé et se neutraliser l'un par Pautre.

L^effet est visible chez les riches civilisés , la plupart assaillis de maladies à Tàge où le villageois est en pleine vigueur : on les voit , même en santé , se plaindre encore de satiété et de vide* LVin manque d'appétit dans les festins; l'autre ne trouve plus dans les amours le charme des premières années; les plans d^ambition, les liens de famille, tout trahit leurs espérances : enfin , leurs sens et leurs âmes sont de bonne heure émoussés.

PKEBÊKB PAftTlB. VmAll8-1lâ>UIlTB. 8SS

II n*j a donc, anjoard*hai, dans Pexereiee des plaisîra, ni équilibre , ni contre-poids. On peut avoir en Civilisation, richesse, tigueur , plaisir f iiiaîk iiott pas la sagesse qui en rëiplanaeraii Tosage. L^ordre civilisa, cwfUl de» troiê paêsions dtstrUmêh'âMf ne peut oomporter qn^voe sagesse d^ezception , livit^ an 8*» des individus licfaes on pauvres : or , Texce piion de 1/8 oonfirme la régie, et prouve qne l'aoGômplissefDtiit des trois souhaits ne serait, pour U moltitnde, qu^un gage de malheur sana la sagease.

Rectifions les iddes sur ce point : je vais, aui troia votes ^mia, ajouter en regard trois autres votes qui impliquent et r^aliaeot les premiers* Je ne changerai qu^uo mot à Texpressioa générale^

Souhailf formés. Souhaits à former.

1 • Richesse simple* 1 • Richesse composée.

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