‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 94 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE m · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE m

isiëcles en controverse politique, sans daigner rechercher le code dtyin par le calcai analytique et synthétique de TAttraction passionnelle ; calcul dont on devait s'occuper dès les premiers siècles savants, ne (ftt-ce que par pure curiosité, et par règle d'exploration générale,

Ainsi Faccusation de Dieu, qui semble au premier coup d'oeil un acte d'impiété , devient par le fait l'acte le plus judicieux que puisse faire l'homme, en ce qu'elle amène le mis en cause de la fausse raison ou Philosophie , cOnlradictôirement avec Dieu.

Les consciences timorées pourront craindre qu'on tel acte ne soit outrageant pour la Divinité , en la compromettant d'égal à égal avec la raison humaine. Dieu est inaccessible à ces petitesses; il est trop grand pour craindre de s'abaisser en daignant nous confondre, comtne il arrivera toutes les fois qu'on voudra mettre en balance les torts apparents de Dieu et les torts réels de. la raison humaine.

En accusant ostensiblement la Divinité dans ce débat , on n'accuse réellement que les sophistes ; car plus on aur rait accumulé contre Dieu ces grie6 dont il serait facile de doubler et 4ripler le nombre, plus il s^ait devenu incroyable que Dieu eût pu tomber dans cet océan de ridicules et d'absurdités, en négligeant la confection; ei révélation d'un code passionnel unitaire, et plus on aurait incliné à en faire la recherche et sommer la Philosophie d'y procéder.

L'accusation méthodique de Dieu, loin d'être un acte d'audace et d'irréligion , aurait donc été un acte de haute sagesse, en ce qu'elle aurait suflS à désabuser les hommes du préjugé qui nous ôte la foi et l'espérance en l'universalité de la Providence. On aurait conclu dé ce débat,

qu'il devait exister im code dan»; ^i S9 dèeoMV^rJte u^^^it §mn de près , dès qu'oo wrait /seulempat 9i^fm eo jpirJaéipa sra existence.

Pouvait^-OD présumer qw Dieu »'09mstl d'ufie paj^iUe accusation? L'administrateur qiliagèré fidfèlement, ae <oraiiit pas qu'on en vienne à nm vèirifi^ipi» 4^ ses ooiaptes : îl est le prapiier è la provoqua» p^ur mçitre au grand jour ^ fMnobitè«

Telle est nécessairement ropiniQH de Dieu : il a trop sagement organisèTUniyers roatéricîl ei passionnel, ppnr «ratndre qu'on oritiqiie ees méthodes et ^s dispositiops , qu'on s'enquière des causes et des fins du mal apparent : foin de là; nous ae saurions faire de dé/pn^cb? ptas flatteuse pour lui 9 que de sortir 4ki syatèoae d'jfidoraUoo ^errmie et superstitieuse » de acinit«r sévèrement se^ plans sur la distribution du moavement et swtout des p^^sions, j>ourvu toulelitts que nous m agissions 4b mj^me aviOiB l'adversaire de Dieu, avec la Philosophie ou fauss^ i;ai$pn qui, depuis la naissance des sociétés, s'est eoy^ée de la régie du mouvement social, ey^luii||t Dieu d'y ^ervçqjr.

On ne peut donc pas accuser Die^ sans accpser ^ «Qôme ten^s la raison iMliuawe. C'est le seul moyen die mettre en évideDce ia sagesse d^ DiWt ^ui ju^qp'Àci fi^i grièvement compromise aux jie^x de l'hijimaïuité : telle n^ ^era régulièrement jusAifiée « qu'auto qM'^9 fera l'exafnen des devoirs de Dieu et de |^i¥* exécytipp, ^jii^k^i subir pareil examen à la raison humaine.

Le procès entne Diei ^ 1^ ^mon l^Vt»^ ap fè^n^ aux deux points saivents :

Les devoirs 4e l'uo ^Qjnf. 4^ coo^pseer pp^r tp fjpmfi JmmaiB un code pasak^vg^l attriiyapt, ft :4e le ^i rèvél^ .par int^rètattOQ perini|penite«

PREMIERS FAniB. NOTICE III. HBff

Les defoire de l'antre mdI de chercber ee code par èlode analytique et synthètiqiie de rAtIraclîoB» et d'en filtre l'exanaen eritique et l'essai qaand il est découvert.

Pour peu qu'on veuille examiner qui des deux a bud*^ qtiè à remf^lir sa tftche , la PUlosophie sera dTembrèe sns^ peetëe, et sommée de procéder é la recbcrehe do code divin , à l'étude mélbodique de FAMittotioff passioDoelle.'

Tel est h résultat od nous auraient conduits noascan-* dales d'athéisme, si leurs autenra n'eùgset^ été dea^ avertona en raisonDement eVem caractéire* Celte insorrection contre Dieu» qu'ont tentée les modernes, était peutêtre un effet de désespoir» cbex m siècle fatigué de ses< bévues et du désordre apparent de la nature. L'athéisme, levt odieux cpi'il est , sérail devenu une voie de découverte, si les Philosophes eussent été moins timides quant aux formes. S'its s'étaient crus fondés dans leur agression contre Diev» il» n'aurai^ilt pas crainif d'établir le procès régulièrement , de tenier un engagement sérieux entre la raison et la Divinité , en débutanti par un tableau, détaillé des griefs et surtout des devoirs respectifs.

Et comme tout débat sur ce sujet, en; nécessitant le mis en cause de ia Philosophie, aurait lait planer le soup* 9on sur eHe comme sur Dieu , et entraîné une vériflcation de l'accomplissement des devoirs , il est indubitable que fat Philosophie aurait snooombé par le seul fait de contravention à ses douce devoirs énoncés 130, et notamment au devoir d'exploration générale, premier des douxe.

Ainsi lea extrêmes se touchent : ce mystère des destins sociaux f ce code unitaire à la découverte duquel on serait arrivé par la plénitude de foi et d'espérance en Dieu, on y. serait arrivé de même par une accusation méthodique de la Divinité. Un tel acte, impie en apparence, aurait

870 PROLÉGOIIÈIIES.

conduit par voie iDTerse au même but où DOua eût coocFuits j par Toie directe , une for raisonnée,. une espérance ardente en la sagesse divine, et une exploration du code qu'on en devait attiçndre.

Nos philosophes, en athéisme comme en toutes choses, ont donc péché par simplisme et petitesse. L'athéisme simple est une opinion hideuse rFathéisme composé, ou suspicion de la Divinité et de ht Raison humaine , eât été une conception trés-heiireuse et nullement déraisonnable; car il est conditionnel, et ne révoque en doute l'existence de Dieu que jusqu'à l'examen de son antagoniste la Philosophie , jusqu'à ta vérification de ce qu'a fait chacun d'eux pour l'accompfissement de ses devoirs. Sous ce rapport, l'athéisme composé conduit au même but que b^foi raù sonnée, car tous deux proyoquent l'étude régulière de f Attraction'.

Notre globe jusqu'ici n'a connu que la foi simple ou aveugle , attribuant le mouvement au pur caprice de la Divinité , sans intervention du principe mathématique ou arbitraK *

Dans cette étude comme en toute autre, la Civilisation s^est perdue par le simplisme; et avec ses subtiles théories sur la génération des idées , elle n'a jamais pu , dans ses études relatives à Dieu , l'Homme et l'Univers , s'^èieverà aucune idée composée, à aucune hypothèse d'unité et de lien universel. J'analyserai dans un chapitre spécial ce simplisme continu de la raison civilisée.

Les demi-mesures ne servent qu'à aggraver un mal : qu'on en juge par l'équipée de nos athées modernes , dont h demi-agression nous a ébignés de la découverte d^ lois de l'Atlractton ; tandis qu'un athéisme composé et méthodique nous aurait conduits directement à l'accu-*

Page 1