‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 98 sur 115 · PREHIÈRB PARTIE. NOTICE III · texte numérisé non relu

PREHIÈRB PARTIE. NOTICE III

monde , qu'elle tendra toujours aux richesses et non à la pauvreté , aux groupes et non à Tincohérence , il deytent évident par cette immutabilité de l'Attraction , que toute science relative à ses développements et propriétés , serait une science fixe ; que tout système social qui en résulterait, serait un code fixe dicté par Dieu, et interprété par révélation permanente de Dieu , puisque TAttraction n'est jamais ni muette, ni incertaine. Quel appât à rechercher ce code , qui , une fois déterminé , deviendrait boussole fixe en politique sociale , et donnerait congé à nos inconciliables systèmes I

Si l'Attraction n'est pas destinée à nous fournir cette boussole , quel but , quel emploi le Créateur lui a-t-it donc assigné? Elle ne sert jusqu'ici qu'à nous égarer, nous pousser aux excès , aux fureurs sociales ; elle semble un ennemi dont Dieu lious aurait entourés, un traître qui vient, sous des dehors flatteurs , s'emparer de notre confiance pour nous leurrer et nous perdre. Est-ce donc Dieu qui veut nous trahir , car c'est lui qui nous fait assiéger par elle?

Des Sophistes croient expliquer le problème , en disant que Dieu nous donne la raison pour résister. C'est précisément ce qu'il ne nous donne pas : la raison qu'on veut opposer à l'Attraction , est impuissante même chez les distributeurs de raison ; elle est toujours nulle quand il s'agit de réprimer nos penchants. Les enfants ne sont con^ tenus que par la crainte ; les jeunes gens , par le manque d'argent; le peuple , par l'appareil des supplices ; le vieillard , par des calculs cauteleux qui absorbent les passions fougueuses du jeune âge : mais personne ne sera contenu par une raison qui, sans user de contrainte, viendrait heurter de front ses penchants.

La raison esi dolic de nulle infiBeaca ; el pfos on (A* aen^e rhommei plus on voit qu'il est tout à F Attraction ;. ^U n'écoute la rabon' qu'autant qu'elle enseigne à raffiner lés plaisirs et mieux satisfaire l'Attraction. De là it est évident que Dieu» en nous asservissant^j^cette inter* prête » à ce guide qu'on nomme Altraetion » a dû lui ré^ server qaelqu'emploi adsptè aux vues d'Unité et de justice qiri sont attributs du Gréfateur : il a dû, pour utiliser l'Attraction, nous donner un code qui pût en permettre l'essor. Cette opinion est ta seule qui puisse cadrer avec les propriétés de Dieu (245 ).

D'après cette masse d'indkes qui nous excitaient à étudier l'Attraction et déterminer le mécanisme qu'elle tend à former , quelle est l'ètourderie des nations policées qui. ont différé si longtemps cette élude , el queUe serait la perversité de ôeux qui chercheraient à entraver l'épreuvedu lien sociétaire dontnous découvrons enfin les lois dans^ le câicol de cette Attraction si longtemps négligé !

S9. Emmomie de mécanisme dans un ressort Oumulahl' les facultés d'interprélation et d'^impulsion ; ressort apteà révéler el^ stimuler à la fois* s

Quelle idée se forme^t-on de cette économie de Dieu* sur laqueUe on déraisonne sms cesse ? Groit-^oo que loraqu'il se présente un moyen de faire doubieservice par uii« seul agent , Dieu veuille préférer à cette économie le procédé Coercitif qà causeraâl double déperdition? G'est ce qui arriverait , s'il choisissait pour interprète la raison sans Attraction : il serait obligé, sek>n.le mode civilisé et barbare*,., de mettre en jeu

* Des iniei^rètes improductifs- £t des disciples rétifs.

Nous avons, dans rétataciod , beaucoup de 0oi*dtsaail

pREMiÈM Mnn. MtlCBin. tÛ

îitteirprttes de la sagesse et de là rmsoti ^ A{»piiyè» d'&m grande année kkiprodiieiive saos laquelle atiettti peuple n'entendrait aux leçons de la sagesse^ tii ne eonsentlmit à payer Timpôt* Tonte cette niasse de régisseurs aetoele est improductive ; elle produirait beaucoup eft association, ùù le trarail fait les défiées des rois comme de^ peuples , oè l'état d'opulence et de paix générale dispense d'ar« mées coercitiTea» préierre le peuple de renuui et de la pauTretè attachée au Irayail morcelé , et Ml, des planfirs mêmes, naître les bénéfices^

L'effet contraire a lieu si T Attraction cesse d'interrenir . Les pauvres reftesent de travailler^ ou ne le font qu^avee dégoût et iemeur } les grauds lont réduits à se Bguet et enrôler des affamés poar forcer le peuple à un travail ingrat : de là naissent les Iégioni$ d'iffiproduertfs doUt je doDderai ailleurs le tableau , et qui couiprenuent , le croirait^n ! les i^max tiebs de la population civilisée , puisqu'on pourrait, en Association , obtenir le même produit avec un tiers de cette popalalion, eu distribtiant sea travaux par Séries passionaelles.

Nos théories qui attribuent à Dieu la faculté de suprême économe , se montrent vides de sens et dérisoires , quand elles supposent que Dieu spécule sur ce régime coercîtif d'où natt une si énorme déperdition. Il lui est si facile d'adopter le régime attrayant d'où nattraient toutes lei économies , toutes les richesses : déjà il emploie visiblement ce régime dans la direction des astres et de divers aoimaut bdttstrieux; peut-^on présumer qu'il veuille nous en exclure?

Hais comment la Philosophie noas donnerait-elle des notions régulières sur le système économique de Dieu i eUe qui, en voulant s'immiscer dans le régime éeonomique

282 PROLÉGOMàlfES.

de ritdmÛDistration » est par?enue avec ses perfectibilités & augmenter si rapidement et si monstraeasement les impôts, que bientôt il faudrait dépenser la moitié do produit à faire administrer Tautre moitié ?

Telles sont le^prouesses d'une science qui nous promet de simpliBer les ressorts administratifs : et si on admet que Dieu ait le pouvoir de faire le bien promis par nos charlatans; si, au lieu de compliquer comme eux le mécanisme au suprême degré , il veut le simplifier , n'en posséde-t-il pas l'unique moyen dans TAttraction dont il est seul distributeur? Ne doit-on pas présumer qu'il a pris des noesures pour utiliser cette Attraction, et ne doiton pas en faire l'étude pour découvrir les emplois sociaux auxquels Dieu la réserte?

3<^. Concert spontané du Créateur avec la Créature y ou conciliation du libre arbitre de l'homme obéissant par plaisir , avec l'autorité de Dieu commandant le plaisir.

Ce n'est qu'à l'Attraction qu'on pourra devoir ces doubles merveilles : où trouvera-t-on un ressort qui garantisse aussi parfaitement les libertés respectives du mattre et du sajet , et qui fasse naître l'amour de l'obéissance même , d'où l'on ne voit nattre dans l'ordre actuel, que la haine du sujet pour le mattre? Aussi est-on obligé d'ordonner aux civilisés la crainte de Dieu, pour tes amener par suite à craindre l'autorité qui exige l'impôt. Si, au lieu de cet ordre qui ne repose que sur la terreur et les haines , on en découvrait un où le peuple, selon les vœux du moraliste Saint-Lambert (0, aimât à payer le$

(]) Quelqu'un lisant IVpreuve de cette feuille, m*obserTait que Saint-laffibert nVtait plus cite' en morale ; j^ai rc^nda : Gelai qui est çivé aiQonrd'hm lie le sera plus demain ^ puisque le» sfstèmes

PEEMIÈRB PARTIE. NOTICE Ul. 285

impôts f et tressailli! de joie eo voyant entrer le percepteur, les philosophes n'admireraient-ils pas le ressort qui aurait produit cet effet, si impossible à obtenir de leurs thèmes? Ce problème n'en est pas un pour TËtre suprême qui dispose de F Attraction. En effet, si Dieu peut donner attraction pour le travail sociétaire d'où naissent d'im* menses bénéfices, il aura déjà tari la source du dégoût qu'on éprouve à payer l'impôt ; dégoût qui naft prioeî» paiement du défaut de richesse. Tout canton sociétaire étant très-riche , et distrayant l'impût avant d'avoir distribue les dividendes à chaque série, peu importe au

philosophiques, devenus objet de spéculation mercantile, doivent se succéder rapidement pour le bien du commerce. Il a besoin de mettre en crédit a chaque saison un nouveau système de morale, de politique, d'economisme et d'idéologie, comme aussi de nouveaux colifichets et nouveaux chiffons : ceux d^aujourd^hui ne valent pas mieux que ceux de la veille, puisque demain un nouveau chiffon littéraire ou modiste éclipsera celui d'aujourd'hui. Dès lors, Saint- Lambert, chiffon moral passé de mode, yaot les chiffon» moraux de 1891.

Il a eu son règne comme tout autre. En 17d9, le ministre François de Neufchâteau fit afficher dans toutes les écoles de France 25 préceptes ou devoirs envers la patrie, extraits du Catéchisme universel de Saint- Lambert. C'est une collection si plaisante et si curieuse, que j^en donnerai par forme de récréation une analyse dans quelque intermède : je n'en cite, pour échantillon, que le 15*. et sublime devoir, payes les impSts avec Joie.

Lorsqu'on voit des doctrines de cette force passer de mode , après ufie vogu^ si bien constatée, croit-on se justifier en disatit, un tel n'est plus cité, plus en crédit ? Croit-on que celui qui le supplante vaille mieux ? Donnez-moi les préceptes du moraliste dominant en 1821, et je me fais fort d'y trouver, comme dany ceux de Saint-Lambert, autant de balourdises que de maximes.

( Note de h i ". édiiiony i8aa. )

984 vmoLiooHÈHES.

peuple qa'oD paie Tiinpôi; rien ne tott de la bmirse de Ymdinéki il ne yoii pas infiHie de percepteur. La lettre du. illioHiirè où on atise de» répariilton» de contingeiiis» ne oeBcenie qae le burean de la régenee chargée de la eooiptdHiîlè du canlon. La masse du pevple ne songe pas au paieineni : la Toità déjà arrivée & TindiSèrence en matière àkupdi; conmient ramener à la/oii^ de pttyer, joie si pea eomne en Civilisation» surtout chez le paysan qui voit entrer un garnisaire.

Cetie joie de payer est eonnoe parfois de ehacnn, quand il reçoit un objet longtemps désiré.

Un littérateur qui reçoit un livre nouveau, attendu avec iÉipetienee^

Un agronome qui reçoit des végétaoi exotiques dont il est dépourvu ;

Un marchand qui reçoit des étoffes attendues, sur lesquelles il espère gagner beaucoup ; *

Une femme qui reçoit des parures nouvelles , 4 la veille d'un bal où ces colifichets la feront briller.

Tous ces individus ne craigijent point de payer les frais d'achat el de route ; ils sont au contraire bien satîsiaits , quand Tobjet leur parvient à bon port, et tel qu'ils Font désiré : dans ce Cas ils paient avec joie, ils croient leur argent très-bien employé, et remercient le correspondant qui les a bien servis.

Il s'agit d'établir pareille gratitude en relations fiscales; convaincre la masse que les impôts sont bien en^ileyée, qu'elle ne ferait aucune dépense plus profitable. Il faut fonder cette conviction sui* des réalités et non sur des phrases.

Usons d'une comparaison : tel canton situé sur les bords du Rhin désire ardemment un pont : il ne refuse

I»REM1ÈBB PAarift. JIOTICEIII. ttS

pas â*eu payer aa quoto-'part ; îi la fouraira mme foie, pourra ^ue le popt anît bien construit : ce sera dose paer lui un jour de fête ipie «eloi oA arri?era la bud^at du peot déané. €e easton sait que , dans les relatîoos par Séries passioBadles » on ne peut pas griveler une obole ; il cr^ donc sa (dépense utile , judieîepise ; il se rèjoivt d'avoir pu JalMre.

il en esl ainsi de tous les impôts de l'état sociétaire , même de celai de liste cifile payée aux souYerains de tous les degrés 9 depuis TUnarque» ou baron titulaire d'un canton 9 jusqu'à l'Omuarque^ 15^. degré qui pst hypermonarque du globe«

Les reiaiîoBS sociétaires sont disposées de telle manière que chacun tnouve son agrément individuel dans les Ibnc*tions de ces nombreux dignitaires » aujourd'hui si ontoeux pour les predueteurs. La masse des peuples en Harmonie veut le faste de tous ces souverains; il devient brandie de ses plaisirs et soutien de ses intérêts, ainsi ipi'on le verra au traité des fièries passionnelles. Sous un tel régime » il ne sera pas besoin de Caire craindre les rois y parce qu'ils seront aimés; ni d'ordonner la crainte de Dieu, parce qu'il sera aimé et loué sans relâche , pour avoir inventé un système Sfocial si fortuné , si bien assorti ^u vœu des passions collectives et individuelles, à leur jcoj:icert et leur Ubre essor.

Je n^ai jamais lu une page des controverses rdatives au 4ibre arbitre , et j'ai vainement cherché ce mot dans f Encyclopédie , aux lettres L et A. le désirais voir comment nos sophistes prétendent nous prouver que l'homme soit libre, quapd il ne peqit pas obéir ajjx impul;sîoos qni .viennent de Dieu , quand il o'a pas la faculté aixordée A .tout animal d'obéir à l'Attraction. J'ignore comment ils

286 PlIOLfoOHilVES*

8*y prennent pour persuader que le sort du civilisé ou barbare soit égal à celui de Taniinal , qui a le droit de prendre sa subsistance où il la trouve (i).

Le problème à résoudre, en fait de libre ari)itre^ est de réunir d'intention les administrateurs et les administrés : cet effet ne peut avoir lieu que sous un code généralement attrayant. Lorsque les peuples auront une sincère aflBBetion pour les souverains sous qui on jouira du bonheur individuel , ils auront par suite affection pour Dieu , auteur de ce bel ordre, et tout sera lié dans le système social, mais lié passionnément, sans aucune contrainte. Alors existera la garantie du libre arbitre.

Quant à présent , peut-on penser qu'il existe chez les nations industrieuses? Non, puisque les peuples libres ou sauvages refusent 1 .ndustrie , et que chez les nations agricoles on yoit éclater la révolte, du moment où la contrainte cesse.

Nos société industrielles connues sont donc un état d'oppression pour Dieu et pour l'Homme; oppression pour Dieu qui nous stimule par l'Attraction toujours comprimée ; oppression pour l'Homme qui qt l'intention et

(i) Sans doute ils se retrancheront dans de pompeux verbiages sur les convenances de civilisation perfectible, et sur les devoirs de Tindividu envers la masse qui ne s^engage \ rien envers lui , puisqu'elle ne lui garantit ni travail , ni subsistance : or, comment Tindividu est*il obligé envers une masse qui , après l'avoir dé^ pouillé des sept droits naturels ( 164), ne lui garantit aucun minimum en indemnité ? Sous cet inique système, faut-il s'étonner que les maîtres soient réduits à prêcher la crainte de Dieu et du Prince, et que les sujets, à part le S*, de privilégiés et copartageants , n'aient aucun amour ni pour Dieu , ni pour le Prince ?

PBEMliRE PARTIE. KOTIGE HI. ^87

non la Kbértè de se livrer à l'Attraction. Nons ne pourrons donc concilier

La libre intervention de Dieu Et le libre arbitre de THomme , que sous un code adapté aux vœux de rAtlraction collective et individuelle. J*ai démontré que ce code existe ; mais comment l'aurait- on découvert, tant qu'on en aurait refusé obstinément la recherche?

40. Combinaison de FuiUe et de l'agréable, ou bénéfice et charme par entremise de l'Attraction dans les travaux productifs , où elle doit nous entraîner passionnément, comme à tout ce qui est fin de Dieu.

Jf ous devons , dit la morale , préférer l'utile à l'ar gréable, ou, s'il faut opter, l'utile est préférable. Hais eette option est contraire â notre destination, qui est 'Composée et non pas simple : elle doit nous procurer l'utile et Tagréable à la fois : nos relations doivent être distribuées de manière que nous obtenions l'utile en ne songeant qu'A l'agréable ; à défaut , notre bonheur serait inférieur à celui des animaux.

Croit-on que la fourmi songe à l'utile quand elle transporte les provisions dans ses magasins? Non, c'est l'instinct seul qui la conduit : elle ne s'occupe que de l'agréable .sans songer au lendemain , sans s'embarrasser de spéculations sur l'époque et la durée de l'hiver. Dieu nous dort un régime semblable, où nous puissions yivre pour l'instant présent, et non pour le lendemain qui peut-être ne luira pas pour nous.

Prétention insensée , dira-t-on ! Elle serait vraiment insensée en Civilisation , et cela prouve le besoin d'une société différente, où cette insouciance devienne applicable, où les deux services du présent et.de l'avenir

ê'ej^ml^ol kimaiisnèmmi, 6* oam nom fmom jm^ jourd*hai pour jouir demain» le bonheur n'est pas intégral et continu. Cette prudenicjp q^i se prive pMr l'ayenir , est une sagesse divergente , une guerre d^ l'amiir avec le prisât, h^ s^gasso dans l'ordre aocîëlaife devient eoQ- Yfrgent^ ; elle n'exigo aiilre chQse de Tbonme» sinon ipi'il ^0 diverti^e afyoïird'faui sans iionger au lendemain» à moins que ce soin n'ait p^ur lui du charme. Du reste , oetle inquiéiiiid^ lui s^ra inutile dans Tétat stocièlaire , puisqu'on croyant n'avoir vaqué qu'à ses plaisirs présents, il aur^ , eomme TabeiUe » travaillé pour l'avenir.

C'est trop de merveiUes» dirt-t-on, et nous ne désiroiM pits tent de prodiges { Ainsi répondent les prétendus sages : rif^ de plus erroné que leur modération. Us ne consi- 4ér^t p^s que notre destin étant coursé , si nops n'ob- JL^on^ fà» double prodige m bonheur , nons tomberons dens le ^lo^ble matiiettr. C'est une alternative qu'il faut souvent rappeler. Le bien et le mal sont toujours en effet do^lisés dans la 4e$iyioée humaine ; ou , plus exactement, le bien est toujours dualùé, le mal est toujours duplique ^adjoctîf analoi^e au substantif duplicité qoi su^ose fausseté).

A quel sort nous conduisent aujourd'hui nos théories de modération? A la famine composée, ou £amine collective et individuelle ; ç'e$t-&«<dire qu'aux époques de disette , la jan)ine directe s'ét^ sur une contrée entière » et qu'ans jours d'abondanee elle pèse encore directement sur la classe pauvre, et indirectement sur le cultivateur ; nouveau Taptale, il meurt de faim et de soif au milieu de ses greniers et P9V0S pleines que dédaigne l'acheteur, ou dont on ne lui offire pas de quoi payer les frais de culture (abondance jdépréssive , 8®. Qara<rtére de commerce mensonger 319).

phehière partie, moïice m. 9S^

Cette lésion devient famine ÎDdireeie ; elle renaît périodiquement » foule 4' un système d'approtisionnements de réserve qui, employant le superflu des années fécondes, maintiendrait les denrées à des prix sortahles. Une telle précaution est impraticable dans l'état civilisé et barbare, où la guerre, Timpéritie et le gaspillage sont des obstacles invincibles à tout régime d'approvisionnement public.

Eb! comment Tassociaiion vaquera-i-elle à ces soins de l'avenir, à ces approvisionnements anticipés, si chacun y prend pour règle de ne s'occuper que du plaisir présent? L'Attraction y pourvoira. Tant de caractères trouvent dans le soin de l'avenir un plaisir présent : ce seront* eux qui, dans chaque Série, s'occuperont par attraction des approvisionnements. Par exemple , dans un canton sociétaire, la régence formée de gens graves, d'octogénaires et centenaires , trouve le plaisir présent dans ces actes de précaution; et lorsque, dans une année où surabondent les grains , elle délibère d'en mettre à part une provision de trois ans, fermée en silo; lorsque chacun des Patriarches surveille tour à tour le travail d'enserrer le grain, le garantir de tout dommage; lorsqu'enfin les vieillards peuvent dire à la phalange , nos greniers sont remplis pour trois ans et disposés en bon ordre , leur plaisir est-il renvoyé à l'avenir, comme la consommation de l'objet amassé? Non certes , car un vieiHard jouit prë^^ sefiiement quand il fait, pour des personnes aimées^ quelque dispontion qui leur garantit un heureux avenir. Les vieillards trouvent d'ailleurs un charme présent à présider aux réunions des jeunes gens qui enserrent le grain; charme qui n'existerait pas pour des vieillards civilisés , toujours en butte aux railleries et malignités de la jeunesse. L'ineoiiipatibilité des âges extrêmes étant une Il i3

des dupncitës les plas habitaelles de l'état cÎTiIisé , die figurera dans le grand tableau, avec celle qui noos occupe, scission entre l'utile et l'agréable, et nécessité jd' opter entre eux sans pouvoir les concilier.

II n'y aura sur ce point unité d'action , que dans ub état de choses capable de faire cesser ce conflit d'attraction et de raison, et de donner combinément l'utile par l'agréable ; assurer le bien à yenir par l'abandon au plaisir présent; problème bien brillant, bien effrayant, et qui est pleinement résolu par le mécanisme des Séries pass. et de l'Attraction industrielle dont elles sont le gage.

Cette théorie une fois découyerte, quel cas devonsnous faire de notre sagesse actuelle qui, mettant aux prises l'Attraction et la raison, et voulant sacrifier l'une à l'autre, ne parvient à satisfaire ni fune ni l'autre (297), puisqu'on ne voit en Civilisation aucun résultat de jraison, pas même le premier et le plus urgent de tous, qui est Tapprovisionnement anticipé ou garantie contre la famine. Sans cette garantie , un corps social éclairé de 40 mille tomes de controverse , a moins de bon sens que la fourmi qu'il foule aux pieds. Or, quand nous arrivons, som les auspices de ces torrents de lumière , à nous rayaler audessous des plus vils insectes ; quand il est évident que notre raison ne s'est pas élevée , en fait d'approvisionnements, au niveau de l'tnstinct des fourmis, comment douter qu'il ne nous reste 4e grands mystères à pénétrer en thécMrie de sagesse et d'Harmonie sociale, et qu'on ne doive suspecter les «avants qui refusent d'aborder les études retardées, les sciences vierges dont on peut se promettre la solution de .tant de grands problèmes?

5^. Epargne des voies eoercUives, des sitres, gibets, législateurs y philosophes et rouages parasites , que l'étal

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