LES PLAINTES D'UN ICARE
Les amants des prostituées
Sont heureux, dispos et repus ; Quant à mot, mes bras sont rompus Pour avoir étreint des nuées.
C'est grâce aux astres nonpareils, Qui tout au fond du ciel flamboient, Que mes yeux consumés ne voient Que des souvenirs de soleils.
En vain j'ai voulu de l’espace Trouver la fin et le milieu ; Sous je ne sais quel œil de feu Je sens mon aile qui se casse ;
Et brûlé par l'amour du beau, Je n'aurai pas l'honneur sublime De donner mon nom à l’abime Qui me servira de tombeau.
RECUFILLEMENT
Sois sage, Ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. Tu réclamais Île Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe Ia ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.
Pendant que des mortels la multitude vile, Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci, Va cueillir des remords dans la fête servile, Ma Douleur, donne-moiï la main; viens par ici,
Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années, Sur les balcons du ciel, en robes surannées ; Surgir du fond des eaux le Regret souriant;
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Le Soleil moribond s'endormir sous une arche, Et, comme un long linceul traînant à l'Orient, Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche!
L'HÉAUTONTIMOROUMÉNOS