‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 112 sur 219 · AR GER · texte numérisé non relu

AR GER

Je te frapperaï sans colère

Et sans haine, comme un boucher, ‘Comme Moïse Ie rocher!

Et je ferai de ta paupière,

Pour abreuver mon Saharah, Jaïllir les eaux de [a souffrance.

Mon désir gonflé d'espérance Sur tes pleurs salés nagera

Comme un vaisseau qui prend le large, Et dans mon cœur qu’ils soûleront

Tes chers sanglots retentiront

Comme un tambour qui bat la charge!

Ne suis-je pas un faux accord Dans [a divme symphonie, Grâce à la vorace Ironie

Qui me secoue et qui me mord?

he

Elle est dans ma voix, Ia criarde !

C’est tout mon sang, ce poison noir!

Je suis le sinistre miroir

Où [a mégère se regarde!

Je suis la plaïe et le couteau Je suis le soufflet et la joue !

Je suis les membres et [a roue, Et la victime et le bourreau !

Je suis de mon cœur Îe vampire, — Un de ces grands abandonnés Au rire éternel condamnés,

Et qui ne peuvent plus sourire !

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