‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 120 sur 219 · À UNE PASSANTE · texte numérisé non relu

À UNE PASSANTE

La rue assourdissante autour de mot hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d’une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son œil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclarr... puis {a nuit! — Fugitive beauté Dont le regard m’a fait soudamement renaître, Ne te verrai-je plus que dans Péternité?

Ailleurs, bien loin d'ici! trop tard! jamais peut-être | Car ; Dore où tu fuis, tu ne sais où Je vais, O toi que j'eusse armée, Ô toi qui le savais!

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