CAB [II
À fondre peut-être avec d'anciennes notes.]
S'il y a quelque glorre à n'être pas compris, ou à ne l’être que trés peu, Je peux dire sans vanterie que, par ce petit livre, Je l'ar acquise et méritée d’un seul coup. Offert plusieurs fois de suite à divers éditeurs qui le repoussaient avec horreur, poursuivi et mutilé, en 18 37, par suite d’un malentendu fort bizarre, lentement rajeuni, accru et fortifié pendant quelques années de silence, disparu de nouveau, grâce à mon InsOuCIance ce produit discordant “fs la Muse des derniers jours, encore avivé par quelques nouvelles touches violentes, ose affronter aujourd huï, pour la troisième fois, le soleil de Ia sottise ©.
Ce n’est pas ma faute; c’est celle d'un Edited Dean qui se croit assez fort pour braver IL dégoût public. «Ce livre restera sur toute votre vie comme une tache», me prédisait, dès le commencement, un de mes amis, qui est un grand poëte. En effet, toutes mes mésaventures [ui ont, Jusqu' à présent, donné raison. Mais j'ai un de ces heureux caractères qui tirent une jouissance de la haine et qui se glorifient dans le mépris. Mon goût diaboliquement passionné de la bêtise me fait trouver des plaisirs particuliers dans les travestissements de
(1) Voici la meilleure preuve que cette version-[à était destinée non à la 7. mais à [a 3° édition.
D'ailleurs MM. Calmann-Lévy ont récemment reproduit en fac-similé le billet inédit suivant qui figure en original sur un exemplaire de la seconde édition et témoigne dans le mème sens :
« À MICHEL LÉvVY.
« Dans [a troisième édition, que j'appellerai édition définitive, J'ajouteraï, 10 ou 1$ pièces, plus une grande préface où j'expliquerai mes trucs et ma méthode, et où j'enseignerai à chacun l’art d'en faire autant.
« Et si je n'ai pas le courage d'écrire cette sérieuse bouffonnerie, j'ajouterai simplement, comme préface, l'excellent article de Th. Gautier sur es FLEURS DU MAL, compris dans le 4° volume des Poëtes Français. — Tout à vous.