JAIME LE SOUVENIR..., V
Emmaillota, donne la 2° édition. — Emmaillotta, corrige la 3°.
N'est-ce pas celle-ci qui a raison ?
LE TOoNNEAU DE LA HAINE, v. 7-8 :
(1861) Quand même elle saurait ranimer ses victimes Et pour les pressurer ressusciter leurs corps.
(1868) Quand même elle saurait ranrmer ses victimes Et pour les ressaigner ressusciter leurs corps.
Est-il discutable que la correction n’ajoute à la force de l’idée?
La MUSE MALADE, v. 3-4 :
(1861) Et je vois tour à tour réfléchis sur ton tent La folie et l'horreur, froides et taciturnes.
(1868) Et je vois tour à tour s’etaler sur ton teint La folie et l'horreur...
Niera-t-on que le dernier texte n'ait substitué une allitération heureuse à une licence plus que hardie... ou à un vers faux,
suivant qu'on accorde ou non le participe réfléchi avec les deux noms féminins auxquels 1l se rapporte?
Par ces temps où les moindres reliques baudelaïriennes atteignent de si hauts prix, il est peu vraisemblable que l’exemplaire avec pièces Intercalaires des Fzezurs pu MAL, celui qui a servi pour l'établissement de la 3° édition, et la correspondance qui a dû être échangée entre Banville et Asselineau à cette même occasion, ne voient bientôt le jour. Nous en attendons la production avec confance. Nous serions bien surpris qu’elle n’apportät pas la preuve péremptoire que les leçons du texte de 1868 appartiennent à Baudelarre, et à lui seul. C’est pourquoi nous les avons retenues
ECLAIRCISSEMENTS ERIVARIANTES!
Nous avons groupé ici tous Îles rensergnements d’ordre bio-bibliographique qui nous semblaient valoir d’être retenus. Le lecteur trouvera sous le titre de chaque pièce les dates et lieux de sa publication ; les numéros d’ordre qu’elle portait dans les éditions de 1857, 1861, 1868; les variantes qu’en présentent les leçons successives; enfin, chaque fois qu’on a pu les établir, l’exposé succinct des circonstances qui ont présidé à sa conception.
Il va de soi que ce travail ressemblera souvent à ceux de nos devanciers, qui eux-mêmes ont mIs à profit nos recherches antérieures. Rencontre inévitable : on n’invente ni les faits, ni les sources, ni les témoignages. Nous avons le ferme espoir none que notre effort, qui continue notamment ceux de MM. Van Bever et Pierre Dufay, auxquels on doit les meïlleures éditions critiques des FLEURS DU MAL parues jusqu’à ce jour, fera faire quelque progrès à l’exégèse baudelairienne, ayant utilisé ic nombre de documents nouveaux, entre autres, pour ne citer que Îles plus importants, une copie des corrections d'épreuves de la 1** édition et des notes et lettres inédites de Poulet-Malassis.
DÉDicACE, p. 3. — Une première version en a été donnée, en facsimilé autographe, par le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle, Rome, s. d. [ 1864], et a été reproduite, avec une légère variante (Ie second très supprimé dans la 1°* ligne), par le V* Spoelberch de Lovenjoul
dans son Histoire des Œuvres de Théophile Gautier.
Voici cette première version dont le texte est conforme à celui d’une pièce autographe appartenant à M. Fernand Vandérem :