L. À. 1860, 1 p. 1/4 in-f
Envoi d’une FLEur DU MAL, Le Décor, qui est contenu dans cette lettre.
Le Décor fut sans doute le premier titre du Cadre,
Les TÉNÈBRES, p. 62.
v. 11 (1860). À sa legère allure orientale,
v. 14 (1860-1861.) C'est Elle ! noire et pourtant lumineuse, LE CADRE, p. 64.
v. 11 (1860-1861). Sa nudité voluptueusement.
.v. 12 (1860-1861). Dans les baisers du satin et du linge, v. 13 (1860-1861). Et, lente ou brusque, à chaque mouvement, LE PORTRAIT, p. 65.
v. 7 (1860). Que reste-t-il ? C’est horrible, Ô mon âme!
XXXIX. JE TE DONNE CES VERS AFIN QUE SI MON NOM (20 ue 1857, Revue française; — xxxv de la 1° édition; xxxIx de la 2° xL de Ia 3°), p. 66.
Variantes (1857), communes aux deux textes :
v. 3. Et, navire poussé par un grand aquilon,
v. 4. Fait travailler un soir les cervelles humaines,
Dans la Revue française, la pièce parut sous le titre : Sonnet, * Inspirée par Jeanne Duval.
XL. SEMPER EADEM (15 mai 1860, Revue contemporaine; — xL de Ja 2° édition; xLI de la 3°), p. 67.
Le 18 août 1857, en envoyant un exemplaïre des FLEURS DU MAL à M°* Sabatier (voir l'Etude biographique placée en tête de ce volume et E.-J. Crépet, op. cit.), Baudelaire écrivait à son amie : «Tous les vers compris entre Îa page 84 et la page 105 vous appartiennent. » __ Ces vers-là, c’étaient Tout entière ; Que diras-tu ce soir ; Le Flambeau vivant; À celle qui est trop gaie; Réversibilité ; Confession ; l'Aube spirituelle; Harmonie du soir et Le Flacon, — neuf pièces que reproduit dans le même ordre le texte de 1861, à l exception de la quatrième, supprimée, en suite du jugement de 1857, et qui plus tard prit place dans les ÉPAVES (V).
Ce recueil a d’ailleurs apporté une dixième poésie inspirée par Ja Présidente : : Hymne (x des ÉPA VES), avec laquelle les Baudelairiens ont jusqu’à ce Jour formé ce qu’ils appellent «Le Cycle de M”° Sabatier».
Nous croyons, pour notre part, qu'il convient de grossir ce cycle d’une onzième unité, en y faisant entrer Semper eadem. L'étude attentive du texte de Ia pièce et la place où l’auteur l’a rangée en 18617, quand il ne fut plus que Île «très ancien camarade» de son amie, — certames
apostrophes : «ô belle curieuse! ... ignorante! äme toujours ravie!.., bouche au rire enfantin !» — certaines particularités descriptives : «votre joie , éclatante pour tous... l'ombre de vos als...» ne permettent, à notre avis, aucun doute. M"° Sabatier, nous a rapporté Judith Gautier, avait la «bouche petite et rieuse. Son air triomphant mettait autour d'elle comme de Ia lumière et du bonheur», et le portrait de Ricard nous montre qu'elle avait les cils longs et recourbés. D'autre part, pendant la courte période où elle se fatta d’avoir conquis Baudelaire, elle ne comprit rien à son cœur, à ses défaillances, à sa conduite, — ni qu'il Peût si longtemps traitée en Madone, n1 que son cœur avait fait «une fois sa vendange», ni qu’il restait Jusqu’entre ses bras captit de Ia mulâtresse, vraiment rien! L’exemplaire des FLEURS DU MAL qu’elle possédait, aujourd’hui un des trésors de la collection Fernand Vandérem, renferme un portrait de Jeanne, dessin de Baudelaire, au bas duquel elle a consigné son perpétuel étonnement dans ces mots : « Son ideal !»
IT resterait à déterminer la date précise où le poète conçut Semper eadem. Ce sonnet est-il contemporain des vers dont lenivrant hommage décida-Îla tendre femme, ou postérieur ? ? Pour employer la terminologie pudique et suggestive des romanciers psychologues, doit-on les rapporter à Ia période d’avant ou d’ après ? Il serait imtéressant de
l’établir pour décider si vraiment, chez Baudelaire, l’homme fut dupe de l’exaltation qui emportait le poëte vers la radieuse Apollonie. Malheureusement la correspondance connue n'y suffit pas. I y a bien une lettre à M"° Aupick en date du 26 mars 1860, où il mentionne comme nouvelles les pièces — dont celle-ci — qui vont paraître à la Revue contemporaine, maïs l’épithète est trop vague, susceptible d’interprétations trop diverses, pour trancher la question.
XLI. TOUT ENTIÈRE (20 avril 1857, Revue française ; — XxxVI de la 1°° édition ; xLt de la 2° ; xLI1 de la 3°), p. 68.
Pièce inspirée par M”* Sabatier (voir la lettre de Baudelaire à celle-ci, 58 août 1857) et imcriminée lors du procès des FLEURS DU MAL.
Variantes :
v. 3 (1857). Revue française : Et, visant à me prendre en faute, Ex. d'épr. 1°* éd. : Et tächant de me prendre en faute,
En marge, le poète avait noté: «Je trouverais tâchant à plus joli ; mais est-ce une grosse faute ?»
v. 4 (1 édition). M'a dit : «Je voudrais bien savoir,
XLII. QUE DIRAS-TU CE SOIR, PAUVRE ÂME SOLITAIRE (1855, L’Assassinat du Pont-Rouge, par Charles Barbara, 1 vol. in-32, Victor Lecou, E. Blanchard, Michel Lévy frères ; — xxxv11 de la 1° édition; XLII de la 2°; xLu1 de Îa 3°), p. 70.
Pièce mspirée par M°° Sabatier à qui le poète l’adressait le 16 février 1854 avec cette lettre :
J'ignore ce que les femmes pensent des adorations dont elles sont quelquefois l’objet. Certaines gens prétendent qu'elles doivent les trouver tout à fait naturelles, et d’autres qu’elles en doivent rire. Ils ne les supposent donc que vaniteuses ou cyniques. Pour moï, il me semble que Îes âmes bien faites ne peuvent être que fières et heureuses de leur action bienfaitrice. Je ne sais si Jamais cette douceur suprème me sera accordée de vous entretenir moi-même de la puissance que vous avez acquise sur moi, et de l'irradiation perpétuelle que votre image crée dans mon cerveau. Je suis simplement heureux, pour le . moment présent, de vous jurer de nouveau que jamais amour ne fut plus dés-
intéressé , plus idéal, plus pénétré de respect que celui que je nourris secrètement pour vous, et que je cacheraï toujours avec le soin que ce tendre
respect me commande. 4
Sans signature dans le roman de Barbara qui l’attribue «à un poëte chez lequel une aptitude décidée pour les spéculations les plus ardues n’excluait pas une poésie solide, chaude, colorée, essentiellement originale et humaine». On sait que Barbara était des grands amis de Baudelaire; il faut donc croire qu'il s’agit [à d’un emprant très volontiers consentr.
Variante commune aux textes de la lettre et de / 'Assassinat... (1854-1855) :
v. 11. Son Fantôme en dansant marche comme un flambeau.
Dans ces deux textes, toutes les épithètes ayant rapport à l’mspiratrice ont pour initiales des lettres capitales :
A la Très-Belle, à [a Très-Bonne, à la Tres-Chère, etc.
Cette pièce est à rapprocher particulièrement de l'Hymne qu'on trouvera dans LES ÉPAVES et aussi d’une lettre non datée (voir la CORRESPONDANCE), où Baudelaire use presque des mêmes termes : «Par vous, Marie, je seraï fort et grand. Comme Pétrarque, j'immortaliserai ma Laure. Soyez mon Ange Gardien, ma Muse et ma Madone, etc.» (Voir nos notes sous la pièce Liv.)
Pour le vers 7, cf. Eléonora (NoUVvVELLES HISTOIRES EXTRAOR- DIN AIRES), chez Poe : «air perfumed with the censers of the angels».
XLTIT. LE FLAMBEAU VIVANT (20 avril 1857, Revue française ; — XXXVIN de la 1°° édition ; xLr11 de Ja 2° ; XLIV de Ia 3°), p. 71. Pièce adressée à M”° Sabatier avec le billet suivant :
Mardi, 7 février 1854.
Je ne crois pas, Madame, que les femmes en général connaissent toute ’étendue de leur pouvoir, soit pour le bien, soit pour le mal. Sans doute il ne serait pas prudent de les en instruire toutes également. Maïs avec vous on ne risque rien ; votre âme est trop riche en bonté pour donner place à [a fatuité et à la cruauté. D'ailleurs vous avez été sans aucun doute tellement abreuvée, saturée de flatteries qu’une seule chose peut vous flatter désormais,
c'est d'apprendre que vous ‘faites le bien, — même sans le savoir, — même
en dormant, — simplement en vivant.
Quant à cette lécheté de l'anonyme, que vous dirai-je, quelle excuse alléguerai-Je, si ce n’est que ma première faute commande toutes les autres, et que le pli est pris. Supposez, si vous voulez, que quelquefois sous [a pression d’un opiniâtre chagrin je ne puisse trouver de soulagement que dans le plaisir de
faire des vers pour vous, et qu'ensuite je sois chligé d’accorder le désir mno-
1 ti
cent de vous les montrer avec la peur horrible de vous déplaire. — Voilà qui explique la lächeté.
[ Suit ici le texte de Ia pièce.]
N'est-il pas vrai que vous pensez comme moi, — que la plus délicieuse beauté, la plus excellente et [a plus adorable créature, — vous-même par exemple, — ne peut pas désirer de meiïlleur compliment que l'expression de la gratitude pour le bien qu’elle à fait ?
Variantes :
v. 1 (1854). Ils marchent devant moi, ces yeux extraordinaires, v. 4 (1854-1857). Suspendant mon regard à leurs feux diamantés. v. 14 (1854-1857). Astres dont le soleil ne peut flétrir [a flamme!
Comme la dd précédente, celle-cr peut être rapprochée de la lettre à Marie X**: «... vos yeux, qui ne peuvent inspirer au poète qu un amour net . J'ai puisé dans votre regard d’ange des joies igno- TÉes... Ds dans la route du Beau, etc.».
Le prince Ourousof (Le Tombeau de Charles Baudelaire, Paris, 1896) a noté que Baudelaire s’est ici souvenu d’un poème d'Edgar Poe, To Helen, surtout pour Îles vers 6 et 7 :
They are my ministers, yet I their slave.
XLIV. RÉVERSIBILITÉ (1° juin 1855, Revue des Deux Mondes sous le titre collectif de : FLEURS DU MAL; — xL de la 1°° édition ; xLIV de at Aewide la 3"); p. 72.
Price adressée sans titre et anonymement à M°° Sabatier le 3 mai 1853 (voir Le livre moderne, novembre 1891, article de Maurice Tourneux) sous la seule dédicace À A. — M"° Sabatier s ‘appelait,
de ses prénoms, Aglaé-Apollonie, Variantes (1853) :
v. 13. Comme des prisonniers, s’en vont d’un pied trainard, : v. 17. Et la peur de vieïllir, et le honteux tourment.
L’édition Lévy a donné, v. 7 : des larmes de fiel, pour : les larmes. Nous pensons qu’il s’agit là d’une coquille, d'autant que le texte des Poëtes français, publiés par Eugène Crépet, qui fut revu par le poète en 1862, donne, [ut aussi : les larmes.
XLV. CoNFEssioN (1°* juin 1855, Revue des Deux Mondes, sous le ütre collectif : FLEURS DU MAL ; — xL1 de Ia 1°* édition ; XLv de la 2°: ; XLVI de la 3°), D'\74:
Pièce: inspirée par M°*° Sabatier. Le poète la lui envoya avec le billet suivant, sans y mettre de titre :
Lundi, 9 mai 1853.
Vraiment, Madame, je vous demande mille pardons de cette imbécile rimaillerie anonyme qui sent énormément l’enfantillage ; mais qu'y faire ? Je suis égoïste comme les enfants et les malades. Je pense aux personnes aimées quand je souffre. Généralement, je pense à vous en vers, et quand les vers sont faits, je ne sais pas résister à l’envie de les faire voir à la personne qui en est l’objet. En même temps je me cache, comme quelqu'un qui a une peur extrême du ridicule. N'y a-t-il pas quelque chose d’essentiellement comique dans l’amour ? Particulièrement pour ceux qui n’en sont pas atteints.
Mais je vous jure que c’est bien la dernière fois que je m’expose et si mon ardente amitié pour vous dure aussi longtemps encore qu’elle a déjà duré, avant que Je vous aïe dit un mot, nous serons vieux tous les deux.
Quelque absurde que tout cela vous paraisse, figurez-vous qu'il y a un cœur dont vous ne pourriez vous moquer sans cruauté, et où votre image vit toujours.
Variantes (1855) :
DATA: Une fois, une seule, aimable et bonne femme, P. 75, v. 12 (1855-1857). Qu'il ressemble au travail banal v. 19 (1855). J'ai souvent invoqué cette [une enchantée,
On retrouve toutes ces variantes dans la pièce manuscrite de 1853, qui y ajoute celle-ct :
v. 21. Et cette confidence étrange chuchotce Coquille de la 3° édition :
v. 20. Ce silence et cette longueur,
XLVI. L’AUBE SPIRITUELLE (1° juin 1853, Revue des Deux Mondes, sous le titre collectif : FLEURS DU MAL; — xL1I de la 1°° édition; XLVI de Îa 2°; xLVII de la 3°), p. 76.
Pièce adressée à M°° Sabatier avec ces simples mots :
After a night of pleasure and desolation, all my soul belongs to you. (Février 1854.)
Variantes :
4 (1854). Dans la béte assoupie un ange se réveille. 8 (1854). Ainsi, Forme divine, Etre lucide et pur, 0 (1854). Ton souvenir plus clair, plus rose et plus charmant, . 11 (1854). Pour mes yeux agrandis voltige mcessamment. . 12 (1857). Le soleil a noïrct les flammes des bougies ;
. 14 (1854). Ame resplendissante, à l'éternel Soleil!
EEE
XLVIT. HARMONIE DU SoIR (20 avril 1857, Revue française; — XLIN de la 1°° édition; XLVII de la 2°; XLVIII de la 3°), p. 77.
Pièce inspirée par Mn Sabatier.
Le texte de la Revue française donne; v. 15, est noyé au lieu de s'est noyé. Maïs comme le vers 15 répète le vers 12 où on fit s estnoyé , nous pensons qu'il ne s’agit [à que d’une méprise.
XLVIIT. LE FLACON (20 avril 1857, Revue française; — xXLIV dela ® édition; XLVIIT de la 2°; XLIX de la 3°), p. 78. Pièce inspirée par M°”° Sabatier.
Variantes communes aux deux textes de 18 MEL
3 Quelquefois en ouvrant un coffre d'Orient