Vers un gouffre où l'air est plein de parfums humains
Variante particulière au texte de la Revue française et qui n’est sans doute qu’une coquille :
v. 17. Ï la terrasse au bord du gouffre séculaire,
Cf. La Cbevelure (xximt) et Le Parfum (xxxvur).
XLIX. LE Poison (: 20 avril 1857, Revue française; — xLV de Ia 1° édition ; xLix de la 2°; L de la 3°), p. 80.
Variante commune aux deux textes de 1857:
v. 7 Projette l'illimité, L. Cr EL BROUILLÉ (xLVI de la 1° édition; L de la 2°; 11 de la 3°), p. 81.
Variante (1857):
v. 3. Alternativement tendre, doux et cruel,
Les vers 2, 3, 4 semblent devoir être rapprochés pour le procédé, de ceux des deux premiers quatrains du fameux sonnet de Soulary,
Réves ambitieux.
LI. LE CHAT (xLvI1 de la 1°° édition; L1 dela 2°; Lr1 dela 3°), p. 82.
Variantes de l’exemplaire d'épreuves de 18 57 et dela 1°*° édition:
PS2 Ne (Épr.) Un beau chat doux, fier et charmant. Na A (Ëd.). Elle est toujours suave et profonde. VA LAN 0 Et me pénètre comme un philtre.
P. 83, v. 3 (Éd.). Et fasse plus profondément
Dans la 1°° édition, la prèce n’est pas scindée en deux parties, et dans la seconde, v. 10, fond est orthographié fonds, ce qui ne constitue guère une variante d’ailleurs, puisque les deux mots ont même origine et, dans l'espèce, quasi même sens.
Ne la note placée sous la pièce Lxv.
ë LIL Le BEAU NAVIRE (xLvVuI de Ia 1°° édition : LI de la 2°; Liri de
la 3°), p. 84.
Variantes de l’exemplaire d'épreuves de Ja 1° édition (18 37)?
v. 1 et 13. Je veux te raconter, pour que tu les connaisse v. 18. Ta gorge calme et dure est une belle armoire
Sur la même épreuve on lit, en face du vers 5, p. 85: « joueratien Jjoüraient ? »
Pièce certainement inspirée par Jeanne Duval.
Cf. pour le vers 6, le vers 9 de L’Héautontimorouménos (xcti).
LIIL L'INVITATION AU VOYAGE (1° juin 1855, Revue des Deux Mondes, sous le titre collectif: FLEURS DU MAL; — xLix de Ia 1 édition ; LI de la 2°; LIV de Ia 3°), p. 86. Gt STACE, livre 3, Silve v, Ad Claudiam uxorem , où le poète Invite sa femme à l’accompagner au pays natal, et pour l’y décider, chante les charmes de cette contrée ainst que le repos qu’elle y trouvera:
Pax secura locis, et desidis otia vitæ, Et nunquam turbata due somnique peracti. SA
Quid nunc magnificas Ra cultusque (hPa Templaque, etc.
Le prince Ourousof (op. cit.) a signalé que cette pièce avait été traduite en russe par le poète D. Méréjkofski et que les tziganes en avaient fait une romance : Goloubbka moia,
C£ PETITS POËMES EN PROSE, sous le même titre.
Dans le Carnet inédit de Charles Baudelaire paru aux Editions de la Sirène (1920), on rencontre plusieurs fois cette mystérieuse mention :
a sœur, — Ecrire à ma sœur. Voir ma sœur,
LIV. L’'IRRÉPARABLE (1° Juin 1855, Revue des Deux Mondes, sous le titre collectif: FLEURS DU MAL; — 1 de la 1°° édition; LIV de la 2°; LV de la 3°), p. 88.
Variantes de ces publications et de l’exemplaire d'épreuves de la 1° édition (1 857) :
Titre (1855). À la belle aux cheveux d’or.
PAS vis. (1855). Pouvons-nous étouffer limpeccable remords ? P. 89, v. 1 (1855-1857). À cet agonisant que déja le loup flaire
hr (Epr:). Est soufflée et morte à jamais |
v. 22 (1855-1857). Notre âme, — bonteux monument, —
Dans les textes de 1855-1857, la pièce n’est pas scindée.
Ce poème a été inspiré par M*° Marie Brunaud , dite Daubrun, qui, en 1853, avait Joué au théâtre de la Porte-Samt-Martin le rôle de La Belle aux cheveux d’or. Nous retrouverons ses initiales (M.D.) en tête du Chant d'Automne, La correspondance du poète témoigne l’intérèt qu'il lui portait. Îl [a recommande à George Sand pour ur rôle et à la bienveillance de Paul de Saint-Victor ; ilen entretient même M°° Aupick : «À une femme on peut parler des femmes. IT y a des âmes si délicates, si souffrantes et si honnêtes, qu’il suffit de la moindre caresse pour leur faire prendre le mal en patience. C’est aujourd’hui la fête de Marie. — La personne dont je t'ai parlé passe les nuits à veiller ses parents mourants après avoir Joué ses stupides cinq actes. Je ne suis pas assez riche pour faire des cadeaux ; mais quelques fleurs envoyées ce soir seraient une preuve suffisante de sympathie.» Peut-être est-ce elle, après tout, la mystérieuse Marie à qui le poète adressait cette lettre dont nous avons parlé dans les notes relatives à la pièce XLII, et où 11 s’élevait à un ton d’adoration qu’il ne devait plus retrouver que pour M"* Sabatier ?
Banville, lui aussi, a chanté Marie Daubrun et ses cheveux d’or. Diolot a gravé son portrait, où l’on voit un front bombé, de grands | yeux, et un menton volontaire avec un aïr modeste et triste.
LV. CAUSERIE (Lt de Ia 1°° édition ; LV de fa 2°; LVI de la 3°), p. 91. Variante (1857) :
v. 8. Ne cherchez plus mon cœur ; des monstres l'ont mangé.
Il semble que cette poésie ait été inspirée par la même personne que la précédente et la suivante. La place qu’elle occupe dans le livre le donne à penser, et aussi le premier vers, qu’ on est tenté de rapprocher du titre de Ia pièce LV.
LVL CHANT D'AUTOMNE (30 novembre 1859, Revue contemporaine ; — LVI de Ia 2° édition; LVII de [a 3°), p. 92. Dédiée à M. D. en 1859. ( Voir notre note sous [a pièce LIv.)
Variantes (18 59) :
P. 93, v. 3et 4. Et rien, même l'amour, la chambre étroite et l’âtre, Ne vaut lardent soleil rayonnant sur Îa mer.
La pièce n'était pas scindée en deux parties dans la version de la Revue contemporaine.
LVIL. À UNE MADONE (22 janvier 1860, La Causerie ; — LVII de la 2° édition ; LVuI de Ia 3°), p. 94.
Variantes (1860) :
P. 94, v. 12. Barbare, raide et lourd, et doublé de soupçon, P. 95, v. 4. . Pour Tabouret, tailler une Lune d'argent,
La pièce avait été envoyée pour insertion à Alphonse de Calonne, directeur de la Revue contemporaine, mais celui-ct la refusa, comme «pouvant scandaliser ses [ecteurs». (Lettre de Baudelaire à Poulet- Malassis, 15 décembre 1859.)
Dans Le Moine de Lewis, qui était, comme on sait, un des livres préférés de Baudelarre, et dont! action se passe en Espagne, à l’époque de lInquisition, 11 y a un tableau qui tient une place importante. C’est une Madone, qui décore la cellule du moine Ambrosio, et où celui-ci n’a Jamais vu que l’image vénérée de la Vierge usqu'au jour où le Démon, pour le tenter, mtroduit auprès de lur une femme en tous points bDIES à l’image, et qui va l’entraîner aux pires débauches.
Finalement le moine, dans un accès de fureur satanique, brise l’icône sainte.
I est possible que le souvenir de cette Madone, dont l’aspect suscitait tout à la fois chez Ambrosio les transports de l’adoration mystique et les appétits charnels, soit entré pour quelque chose dans la con: ception de cet ex-voto, d’une couleur romantique si accentuée.
Le poème fut vraisemblablement écrit pour Marie Daubrun dont ses contemporains ont exalté [a « blonde figure de Madone ».
LVIIL CHANSON D'APRÈS-MIDI (15 octobre 1860, L'Artiste; — LVII1 de la 2° édition ; LIX de Ia 3°), p. 96.
Variantes (1860) :
v. 6. Et terrible passion,
Cf. PETITS POËÈMES EN PROSE, Le Désir de peindre, Pour Jeanne Duval, semble-t-1l.
LIX. SisiNA (10 avril 1859, Revue française; — Lix de la 2° édition ; LX de Ia 3°), p. 98.
Ce sonnet a été fait pour Sisina Guierri, amie de M°° Sabatier, qui, sous le second Empire, avait une réputation d’élégance, de luxe et de beauté.
On lit dans les Huit jours dans les nuages de Léon Cladel (1861) :
— Voyons, es-tu somnambule ?... Est-ce l'équipage de Ia Sisina arrêté devant le Palais de l’Industrie qui te plonge dans Pextase ?
Nadar qui fut, comme on sait, l’ami du poète (voir son Charles Baudelaire intime, Blaizot, 1911), possédait une photographie du manuscrit autographe de cette pièce. On y trouve les variantes suivantes :
Titre et vers 9. Züizina (raturé).
V. 2. Traversant les forèts ou battant les halliers, W 7: L'œil et la joue en feu, jouant son personnage, V. 11. Son orgueil, affolé de poudre et de tambours, Nu F2 Et son cœur, délicat et fier, garde toujours,
Nadar disait de la Sisina : « C’est une dame qui boit de l’eau de Van Swieten à la santé d’Orsini.» — IT est question d’elle dans une lettre de Baudelaire à M”° Sabatier (2 mai 1858).
LX. À UNE DAME CRÉOLE (23 mai 1845, L’Artiste; — 11v de la 1° édition ; LxI de la 2° ; LXIII de la 3°), p. 99.
Pièce écrite par Le poëte au cours de sa vingt-unième année.
Elle lui avait été imspirée par M°*° Autard de Bragard, née Carcenac (mère de [a C'** Ferdmand de Lesseps), chez laquelle ïl avait été reçu lors de son séjour à l’île Maurice. La Plume en a publié letexte original (1°-15 août 1893) avec le billet suivant:
[Ile Bourbon.] Le 20 octobre 1841.
Mon bon Monsieur Autard,
Vous m'avez demandé quelques vers à Maurice pour votre femme, et je ne vous ai pas oublié. Comme il est bon, décent et convenable, que des vers, adressés à une dame par un jeune homme passent par les mains de son mari avant d'arriver à elle, c'est à vous que Je les envoie, afin que vous ne Îles lui montriez que si cela vous plait.
Depuis que je vous ai quitté, j'ai souvent pensé à vous et à vos excellents amis. Je n’oublierai pas certes les bonnes matinées que vous m'avez données, vous, Madame Autard, et M. B.
Si je n’aimais et si je ne regrettais pas tant Paris, je resterais le plus longtemps possible auprès de vous, et Je vous forcerais à m’aimer et à me trouver un peu moins baroque que je n’en ai l'air.
Il est peu probable que je retourne à Maurice, à moins que Île navire sur lequel je pars pour Bordeaux (lAlcide) n’y aille MNT des passagers.
Voici mon sonnet...
Donc, je vais vous attendre en France.
Mes compliments bien respectueux à Madame Autard.
Variantes :
Titre (1845). À une créole.
Signature (1845). Baudelaire-Dufays.
v. 2 (1841). J’ar vu dans un retrait de tamarins Gnbtes (1845). J'ai vu sous un grand dais de tamarins ambres, (1857). J'ai connu sous un dais d’arbres verts et dorés
v. 3 (1845). Et de palmiers où pleut sur les yeux la paresse,
1857-1861). À dans le cou des airs noblement maniérés ;
v. 11 (1845). — Belle digne d’orner nos antiques manoirs,
v. 12 (1841). Vous feriez, à l'abri des mousseuses retraites, (1845). Vous feriez, à l'abri des profondes retraites,
v. 14 (1841). Que vos regards rendraïent plus soumis que des Noirs. (1845). Que vos beaux yeux rendraïent plus rampants que vos Noirs.
LXI MŒœsTA ET ERRABUNDA (1° juin 1855, Revue des Deux Mondes, sous le titre collectif: FLEURS DU MAL; — Lv de Ia 1° édition ; LxII de Ja 2°; LXIV de Ia 3°), p. 100.
Le prénom d’Agathe est inscrit, souligné, en tête d’une page du CARNET DE CHARLES BAUDELAIRE publié par M. Féli Gautier chez Chevrel en 1911, page où le poète de L’Invitation au Voyage et l’essayiste du Peintre de la Vie moderne, semblant s’abandonner à un rêve d'intimité amoureuse, se fait tour à tour orfèvre et costumier pour, parer celle vers qui va sa pensée :
Coiffure à l'enfant... Maquillage... Du rouge, du blanc, des mouches. boucles d'oreilles, colliers, bracelets, bagues... Bas de soie très fins... jarretières galantes. .. parfumerie générale... Une sortie de bal à capuchon , si nous sortons...
Variantes :
P. 100, v. 7 (1855). Quel démon a doté Ia mer, rude chanteuse Poor va3 (1855). Les violons mourans derrière les collines, (1857). Les violons mourant derrière les collines, v. 4 (1855). Avec les pots de vin, le soir, dans les bosquets, v. 7 (1857-1861). Est-il déjà plus loi que l'Inde et que la Chine ?
LXII. LE REVENANT (Lxx11 dela 1° édition ; LxI11 dela 2°; LXv de la 3°), p. 102.
Peut-être pour Jeanne.
LXIIL. SONNET D'AUTOMNE (30 novembre 1859, Revue contemporaine; — LXIV de la 2° édition; LxXvVI de Ia 3°), p. 103.
v. 10. Embusqué, ténébreux, bande son arc fatal,
v. 13. Comme moi, n’es-tu pas un soleil hivernal, v. 14. O ma si pâle, à ma si froide Marguerite ?
Nous ne savons rien de « Marguerite », hors qu’elle a, comme Marie Daubrun, des yeux clairs et qu’elle évoque, comme elle, chez son ami, l’idée de l’automne. Serait-ce pas Marie elle-même, glacée par les six hivers qui la séparent du temps où elle était La belle aux cheveux d'or ? Nous sommes d’autant plus portés à le croire qu’un des rôles où elle avait eu le plus de succès est celui de Margue, qu’elle jouait dans Le Sanglier des Ardennes ou Le Spectre du Château, en 1854 (au théâtre de la Gaîté).
Si lon admet cette hypothèse, «le cycle de M°° Daubrun » dans les FLEURS DU MAL comprendrait donc cinq pièces : L’Irréparable, Causerie, Chant d'Automne, À une Madone, Sonnet d'Automne,
La verve moqueuse de Verlaine a emprunté le dernier vers de cette pièce pour le placer à la fin d’un court morceau dont elle fait honneur
à François Coppée. IT s’agit de Napoléon III :
Puis, triste, il rêve, cœur qu'on navre et qui s’effrite, À sa si blanche, à sa si pâle Marguerite !
(PAUL VERLAINE, Œuvres postbumes, A. Messein, 1913.)
LXIV. TRISTESSES DE LA LUNE (LXXV de [a 1° édition; LXV de la 2°; LXVII de Îa 3°), p. 104.
Pièce antérieure à 1850 (lettre à Ancelle du 10 janvier 1850), et goûtée particulièrement de Flaubert et de Samte-Beuve.— Cf. PETITS POËMES EN PROSE, Les Bienfaits de la Lune.
Le texte de la 3° édition donne pour letitre Tristesse, au singulier, — comme la lettre à Ancelle susdite. Maïs la table de cette même édition donne Tristesses.
LXV. LES CHATS (14 novembre 1847, Le Corsaire ; 9 avril 1857, Messager de l'Assemblée; — LvI de la 1° édition; LXVI de [a 2° ; LXVIIT de Ia 3°), p. 105.
Champfleury a reproduit dans Les Aventures de Mademoiselle Mariette (1853), et sous la signature de l’auteur, ce célèbre sonnet qu’il avait déjà fait connaître dans Le Corsaire six ans auparavant. Il l’y accompagne de ces lignes :
19 février 184... — Nous avons passé une belle soirée avec un ami qui partage mes idées en peinture, en théâtre et en musique. Il est si rare de rencontrer un tempérament parallèle au sien, qu'il ne faut jamais s’en séparer. Mon ami a surtout étudié longuement les chats; il les arrète dans la rue, entre dans les boutiques où le chat médite accroupi sur le comptoir, les caresse et les magnétise de son regard.
* Dans une clef qu’il avait établie des Aventures de Mademoiselle Mariette,
Baudelaire se définit : le poète des Chats. Non sans raison: dans les FLEURS DU MAL on ne rencontre pas moins de trois pièces dédiées à la gloire de Ia race féline (voir XXXIV et LI).
LXVI. Les HriBoux (9 avril 1851, Le Messager de l’Assemblée, sous le ütre collectif: LES LIMBES ; — vit dela 1°° édition ; LXVI1 de Ia 2° : LxIX de Ia 3°), p. 106.
ÉCLAIRCISSEMENTS ET VARIANTES. 4AA1 Variantes (1 851):
v. 3. Comme des idoles de jais, v. 13. Porte souvent le châtiment
Les Poîtes français, anthologie publiée par Eugène Crépet (1862), ont reproduit cette pièce. L'épreuve revue par Baudelaire ne donne pas de variantes.
EXVII La PIPE (LXXvI de Ia 1° édition : LXVIIT de Îa 2°: LxX de la 3°), p. 107.
LXVIIT. La MusIQUE (Lxxv1 de Ia 1° édition ; LXIX de la 2° ; LXxI de Ia 3°), p. 108.
Variantes (1857) :
La musique parfois me prend comme une mer!
Sous un plafond de brume ou sous un pur éther, La poitrine en avant et gonflant mes poumons
De toile pesante, . Je monte et je descends sur le dos des grands monts D'eau retentissante ; 2. Sur le sombre gouffre .13. Me bercent, et parfois le calme, — grand miroir
Sud, dus À Aus << nm Di ny Er
Dans une liste autographe, p. 18 des Douze POËMES DE CHARLES BAUDELAIRE, publiée en fac-similé par M. Van Bever (Crès, 1917), on lit: Beethoven. Peut-être s'agit-il d’une variante titre de cette pièce ?
LXIX. SÉPULTURE D'UN POËTE MAUDIT (LXxXIV de la 1° édition ; Lxx de la 2°; LXXII de Ia 3°), p. 109.
Variantes :
Titre (Épr. 1857). Sepulcre.
(1857-1861). Sépulture.
Le prince Ourousof (op. cit.) s’est élevé très vivement contre la variante de la 3° édition. « Baudelarre, écrit-il, ne pouvait donner à ce sonnet le titre: Sépulture d’un poète maudit par la très simple raison qu'il y est question de « votre corps vanté » et non de [a dépouille d’un poète, maudit ou non, dont on ne vante d’ordinaire que lesprit.» L’argument ne nous semble nullement péremptoire, et l’on pourrait
citer, même de nos jours, des poètes très fiers d’un physique auquel leurs contemporains — et contemporaines — rendent souvent plus Justice qu’à leurs œuvres. Par contre ce titre correspond très exactement À inspiration de certaines autres FLEURS, par exemple Bénédiction ou Les Plaintes d’un Îcare.
LXX. UNE GRAVURE FANTASTIQUE (13 novembre 1857, Le Présent ; — LXXI de la 2° édition; LXxHI de Ia 3°), p. 110.
Variantes (1857) :
Titre : Une Gravure de Mortimer.
; k | v. 4 Sans éperons ni fouet, il essouffle un cheval v. 7. Au travers de lespace, ils galopent tous deux, v. 10. Sur Îles foules sans noms que sa monture brote, v. 12. Un triste cimetière à l'immense horizon, v. 13. Où grouillent, aux clartés d’un soleil froid et terne,
On trouve mention, dans les catalogues Charavay, d’une «pièce de vers autographe, 2 p. in-folio, superbe, qui se répète sur chaque page avec de petites variantes » et commence aïnsi :
Ce fantôme de squelette
N'a pour toute toilette
Qu'un diadème de vers Posé tout de travers.
S'agit-il d’une première version d’Une Gravure fantastique ?
LXXI Le MorT JOYEUX (9 avril 1851, Le Messager de l'Assemblée, sous le titre collectif: Les LIMBES ; — LxxIII de la 1° édition ; LXXII delete Axa a BIMIDNTE
Variantes (185 1) Titre : Le Spleen,
v. 6. Plutôt que d'accepter une larme du monde, v. 13. Et dites-moi s’il est encor quelque morsure
LXXIL. Le TONNEAU DE LA HAINE (9 avril 1851, Le Messager de l’Assemblée, sous le titre collectif : Les LIMBES ; 1°° juin 1855, Revue des Deux Mondes, sous le titre collectif: FLEURS DU MAL; — LxxiI de la 1°* édition ; LxxII1 de La 2°; LxxV de la 3°), p. 112.
Pièce antérieure à 1850 (voir lettre de Baudelaire, 10 janvier 1850).
A in nr ap
Varrantes (1851-1855-1857) :
V. 7. Quand même elle saurait allonger ses victimes v. 8 Et pour les resaigner galvaniser leurs corps. Ce dernier même vers (1861):
Et pour les pressurer, ressusciter leurs corps. Voici un des exemples qui prouvent le mieux [a précellence du texte de la 3° édition.
Le texte de 1851 avait donné une coquille amusante, v. 9 :
La Haine est un ivrogne au fond d’une caverne,
LXXIIT. LA CLocHE FÊLÉE (9 avril 1851, Le Messager de l’Assemblée, sous le titre collectif: Les LIMBES; 1° juim 1855, Revue des Deux Mondes, sous le titre collectif: FLEURS DU MAL; — 1vir de la 1® édition ; LXXIV de la 2° ; LxXVI de [a 3°), p. 113.
Variantes :
Titre (1851) : Le Spleen. — (1855) La Cloche.
v. 2 (1851). De sentir près du feu qui palpite et qui fume, v. 12 (1851). Ressemble aux burlemens d’un blessé qu’on oublie (1855). Ressemble aux râlemens d’un blessé qu’on oublie
v. 13 (1851-1855). Auprès d’un fac de sang, sous un grand tas de morts,
LXXIV. SPLEEN (9 avril 1851, Le Messager de l’Assemblée, sous le titre collectif: LES LIMBES ; — 1ix de [a 1°° édition ; LXXV de Ia 2° ; LXXVII de la 3°), p. 114.
Variantes :
Titre (1851) : Le Spleen.
v. 1. Pluviôse, irrité contre la ville entière,
Nous estimons que la leçon de [a 3° édition, apportant vie au lieu de ville, esttrès supérieure, rendant plus fidèlement [a pensée du poëte pour qui les morts, devenus seulement les «pâles habitants du cimetière voisin », continuent de participer à la vie. D'ailleurs, n’est-ce pas parce qu'il est irrité contre la vie, que Pluviôse verse la mortalité?
#5" (1 851). Mon chien sur le carreau cherchant une litière 7 (1851). L'ombre d’un vieux poëte erre dans la gouttière
LXXV. SPLEEN (Lx de la 1°° édition; LXXVI de [a 2°; LxxVII de la 3°), p. 115.
Variantes de la 1° édition et de l’exemplaire d'épreuves de 1857 :
Pare mie (Éd.). Hument le vieux parfum d’un facon débouché.
v. 16 (Epr.). Quand sous le premier poids des neigeuses années P. 116, v. 4 (ËEpr.). Un vieux sphinx ignoré du monde curieux,
La lettre à Poulet-Malassis du 25 avril 18 57 mentionne en outre une première leçon du vers 17, p. 115:
L’ennui, fils de la morne incuriosité
Nous avons cru devoir supprimer les blancs introduits par la 3° édition après les vers 7 et 18, un tiret étant placé au début des survants. Aussi bien ces blancs n’ont pas été maintenus par MM. Calmann- Lévy dans le texte revu de l'édition qu'ils ont donnée à l’occasion du cinquantenaire de Ia mort de Baudelaire.
LXXVI. SPLEEN (LxI de Ia 1° édition ; LXXVII de la 2° ; LXXIX de HR DAT:
Variantes :
v. 17 (1857). Il n’a pas rechauffe ce cadavre hébété
LXXVIL SPLEEN (LxIt de la 1° édition ; LxxvIuI de la 2° ; LXXX de la 3°), p. 118.
v. 4. JL nous fait un jour noir plus triste que les nuits; . 11. Et qu'un peuple muet d'horribles araignées.
. 17. Et d'anciens corbillards, sans tambour ni musique, . 18. Défilent lentement dans mon âme: et l'Espoir
+ 19. Pleurant somme un vaincu, l'Angoisse despotique,
LXXVIIT. OBsession (15 mar 1860, Revue contemporaine ; — LXXIX de Ia 2° édition; LXXXI de ta 3°). p. 110.
Dans Ta Revue contemporaine, Je vers 8 emprunté au Prométhée, renvoyait à la note ci-dessous :
-.. TOYTIWY TE AUUdTwY dynplôuor yéaoua. .
ÉSCHYLE.
Cette pièce fut envoyée à Poulet-Malassis le 1° janvier 1860 (voir la CORRESPONDANCE de Ch. Baudelaire, à cette date).
LXXIX. Le Goùr pu NÉANT (20 janvier 1859, Revue française ; — LXXX de [a 2° édition ; LXXxII de la 3°), p. 120.
v.2 (1859). L’Espoir, dont l’éperon avivait ton ardeur, v. 11 (1859). Le Temps descend sur moi minute par minute, v. 12 (1859). Comme la neige sur un corps pris de roideur ;
Pièce autobiographique. Baudelaire commençait à ressentir les effets du mal qui devait l'emporter. Quelques mois après la publication de cette pièce, 1l confiait ses mquiétudes à sa mère : «Si j'allais devenir imfirme, ou sentir mon cerveau dépérir avant d’avoir fait tout ce qu'il me semble que je dois et puis faire!» (28 décembre 1850.)
LXXX. ALCHIMIE DE LA DOULEUR (13 octobre 1860, L’Artiste ; — LXXXI de la 2° édition ; LXxxInI de [a 3°), p. 121.
Baudelaire a mentionné plusieurs fois qu’il s’était amusé deci delà à imiter [a manière d’Hugo. Il est difficile de ne pas s’en souvenir en lisant la première strophe de ce sonnet.
LXXXI HORREUR SYMPATHIQUE (135 octobre 1860, L’Artiste; — LXXXII de la 2° édition; LXXxIV de Ia 3°), p. 122.
LXXXII. LA PRIÈRE D'UN PAÏEN (15 septembre 1861, Revue européenne ; 12 Janvier 1862, Le Boulevard ; — LxxxvVI de la 3° édition),
pius Variantes (1861) :
v. 9. Volupté! Sois encor ma reine!
v. 10. Prends la forme d’une sirène
LXXXIII. LE COUVERCLE (12 janvier 1862, Le boulevard; 1866, Le Parnasse contemporain, sous le titre collectif : NOUVELLES FLEURS DU MAL; — LXxXVII de la 3° édition), p. 124.
Variante (1866) :
v. 10. Plafond illuminé par un opéra boufle
LXXXIV. L'EXAMEN DE MINUIT (1° février 1863, Le Boulevard; 1866, Le Parnasse contemporain, sous le titre collectif: NOUVELLES FLeurs DU MAL; — LxxxIX de Ia 3° édition), p. 123.
Variantes de 1863:
P. 125, v. 10. De tous les Dieux le plus aimable
v. 12. De quelque terrible Crésus, P. 126, v. 1. Nous avons baise la Matière
v. 2. Avec pleine dévotion,
v. 5. Puis rous efforçant de noyer
v. 7. Nous avons, prêtre de la Lyre,
v. 8 Trés lâchement, pour oublier
v. 9. La beauté des choses funèbres,
Dans le texte de 1863, la pièce était divisée en huit strophes de quatre vers et portait la dédicace : À tous mes amis.
LXXXV. MADRIGAL TRISTE (15 mai 1861, Revue fantaisiste; 1866, Le Parnasse contemporain, sous le titre collectif: NOUVELLES FLEurs DU MAL; — xc de la 3° édition), p. 127.
Variantes (1861) :
P. 127, v. 19. Et crois que ton corps s’illumime P. 128, v. 9. Révant de poisons et de glaives,
Dans les textes de 1861 et 1866, les deux parties de la pièce sont numérotées. Peut-être pour Jeanne Duval.
LXXXVI. L’AVERTISSEUR (15 septembre 1861, Revue européenne ; 12 janvier 1862, Le Boulevard; 1866, Le Parnasse contemporain, sous le titre collectif: NOUVELLES FLEURS DU MAL; — xct de la 3° édition), p. 129.
Variante de 1861 :
v. 5. Darde tes yeux dans les yeux fixes
Cette pièce avait été annoncée par Ja Revue fantaisiste (numéro du 15 août 1861). |
LXXXVII LE REBELLE (15 septembre 1861, Revue européenne; 12 janvier 1862, Le Boulevard ; 1866, Le Parnasse contemporain, sous le titre collectif: NoUvELLEs FLEURS DU MAL; — xCV de Ia 3° édition), p. 130.
Variante (1861) :
v. 7 Afin de pouvoir faire à Jésus, quand il passe,
Pièce antérieure à 1843, selon Prarond.
LXXXVIIT. BIEN LOIN D'ici (1 mars 1864, La Revue nouvelle ; 1866, Le Parnasse contemporain, sous le titre collectif: NOUVELLES FLEURS DU MAL; — xcix de la 3° édition), p. 131.
Cf. PETITS POËÈMES EN PROSE, La Belle Dorothée.
Cette pièce était conçue, semble-t-il, dès 1859 (voir lettre à Malassis du 15 décembre). Peut-être dut-elle porter d’abord le titre de Dorothée.
La Revue de France, dans son numéro du 15 décembre 1921, sous {a signature de M®° Solange Rosenmark (née Autard de Bragard), a apporté quelques rensergnements sur cette inspiratrice, Jolie Malabaraise, fille d’une Indienne de Bénarès, que Baudelaire avait connue, et par laquelle 1l avait été servi, à l'ile Maurice, chez M°*° Autard de Bragard dont elle était la sœur de lait. (Voir nos notes sous les n*Lx et ÉPAVES, XX.)