‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 202 sur 219 · XCIX. LE CYGNE (22 janvier 1860, La Causerie; — LxXxXxIX de · texte numérisé non relu

XCIX. LE CYGNE (22 janvier 1860, La Causerie; — LxXxXxIX de

la 2° édition; CxIi1 de la 3°), p. 150.

Variantes :

P.150,v. 4 (1860). Le Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit, v. 6 (1860). Comme Je traversais ce vaste Carrousel. v. 14 (1860-1861). Froids et clairs, le Travail s'éveilla, où la voirie v. 16 (1860). Pousse un sale ouragan dans l'air silencieux,

La Causerie avait imprimé comme suit le vers 7 de Ia page 151 :

« Eau, quand pleuveras-tu? quand tonneras-tu, foudre? »

Mais 1] semble bien que cette variante, très imprévue, ne soit résultée que d’une inadvertance de prote.

Cette pièce avait d’abord dû paraître à la Revue contemporaine (lettre à Poulet-Malassis, 15 décembre 1859). — Dans Za Causerie, elle est accompagnée de l’épigraphe : Falsi Simoentis ad undam, tirée de l'Enéide (lv. IT, vers 302).

, Pour Îa strophe 4 de [a 2° partie, cf. À une Malabaraise (Les EPAVES, XX), derniers vers.

CAPES SEPT ViEILLARDS (15 septembre 1859, Revue contemporaine, sous le titre collectif de FANTÔMES PARISIENS; 1 5 janvier 1861, L’Artiste; — xC de Ia 2° édition; CxIv de Ia 3°), p. 153.

L'album autographique, L'Art à Paris en 1867, publié par Armand Lechevalier, a donné un fac-similé autographe des deux dernières strophes de cette pièce qui date très certainement de 1859. On y trouve quelques variantes.

Cette poésie fut très remaniée. La preuve en est apportée par une note descriptive des catalogues Noël Charavay :

BAUDELAIRE (Charles).

1° Fantômes parisiens, pièce de vers autographe, avec ratures et corrections, 3 p. in-4°, terminée par un dessin à la plume représentant un navire battu par les flots. — 2° Fantômes parisiens, pièce de vers autographe, 2 p. 3/4 in-4°... — 3° Pièce autographe, au crayon, 1 p. in-4°.

Précieux dossier pour l’étude des procédés littéraires de Baudelaire. Cette pièce de vers a été imprimée dans les FLEURS DU MAL sous le titre Les Sept Vieillards. Les deux premiers manuscrits Dee deux versions différentes; la seconde surtout contient deux strophes, la 11° et la 13°, qui, par les changements US elles ont subis depuis, peuvent être considérées comme inédites. — La 3° pièce contient des variantes proposées par Baudelaire,

Nous n'avons malheureusement pu retrouver ces pièces autographes.

Voir aussi les notes sous Îa poésie suivante, Les Petites Vieilles, Variantes :

P. 153, v. 10 (1859). Je suivais, raidissant mes nerfs comme un héros P. 154, v. 3 (1859). Et sa barbe à longs poils, raide comme une épée,

P. 155, v. 7 (1861). Vamement ma raison voulut prendre [a barre;

Dernière strophe (1859, manuscrit autographe), première leçon raturée par l’auteur :

Bien en vain ma raison réclamait son empire ; Le délire, en jouant déroutait ses efforts,

Et mon âme dansait, dansait, comme un navire Sans mâts, sur une mer noire, énorme et sans bords.

Deuxième leçon :

Bien en vain ma raïson voulait prendre Ia barre ;

La tempête, en jouant, déroutait ses efforts,

Et mon âme dansait, dansait, pauvre gabare

Sans mâts, sur une mer noire, énorme et sans bords.

CI Les Perites ViEiLLEs (14 septembre 1859, Revue contemporaine, sous le titre collectif de FANTOMES PARISIENS, Il; — xCI de [a 2° édition; CxV de Ia 3°), p. 156.

Pièce datant de 1859, et où Île poète, d’après sa lettre à Poulet- Malassis en date du 1° octobre de cette même année, «a essayé d’imiter la manière» de Victor Hugo, à qui bientôt 1! ’allait dédier publiquement comme a précédente et Le Cygne. On sait que le proscrit de Hauteville House reconnut cet hommage par l’envoi de Ia lettre qui a pris place en tête de la plaquette sur THÉOPHILE GAUTIER (Poulet-Malassis et de Broise, 1859), — lettre où se trouve la phrase fameuse : « Vous dotez le ciel de l’art d’on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson nouveau.»

Cette pièce fut reproduite en 1862 dans l’Anthologie des Poëtes français publiée sous la direction d’'E. Crépet; le texte, revu à cette occasion par l’auteur, offre plusieurs [leçons nouvelles. IT n’est pas exact, comme on l’a écrit, que a pièce fut, dans cette publication, amputée de sa dernière strophe, du moins dans le premier tirage dont nous avons sous les yeux deux exemplaires sur grand papier. Peutêtre, plus tard, l’éditeur craignit-il l'effet, sur sa clientèle, de laudacieuse apostrophe :

Où serez-vous demain, Êves octogénaires,

Sur qui pèse la griffe effroyable de Dieu?

Variantes :

P: 157;.v109 (18002). Et lorsque j'aperçois un fantôme débile

La huitième strophe (v. 29-32) ne figure pas dans la Revue contemporaine. | Deuxième partie de Ia pièce :

v. 1 (1859-1862). De Frascati défunt Vestale enamourée v.2 (1862). Prètresse de Thalie, hélas! dont un souffleur v. 3 (1861). Enterré sait le nom; célèbre évaporée (1862). Défunt, seul, se souvient; célèbre évaporce

P. 158, v. 8 (1862). Toutes feraient un fleuve en rassemblant leurs pleurs! v. 13 (1859). Pour entendre un de ces concerts sonnant le cuivre, P. 159, v. 15 (1862). Comme si j'étais, moi, votre père, d merveille v. 22 (1859). Je vous fais chaque jour un solennel adieu

Cf. dans les PETITS POËÈMES EN PROSE, Les Veuves, Pour la strophe 12, cf. La Comédie de la Mort de Th. Gautier, Niobé, les quatre derniers vers :

* O symbole muet de humaine misère, Niobé sans enfants, mère des sept douleurs, Assise sur l’Athos ou bien sur le Calvaire ; Quel fleuve d'Amérique est plus grand que tes pleurs?

CII. Les AVEUGLES (15 octobre 1860, L'Artiste; — xcit de la 2° édition; CXVI de la 3°), p. 160.

-v. 11 (1860). Pendant qu’autour de nous tu chantes et tu beugles, v. 12 (1860). Cherchant la jouissance avec férocité, v. 13 (1860). Moi, je me traîne aussi! mais, plus qu'eux hébété

Il semble que l'idée de cette pièce ait été imspirée par un passage des Contes postbumes d'Hoffmann, dont une traduction avait été publiée en 1856 par Champfleury

Mor. — C’est cependant une chose remarquable que lon reconnaît immédiatement Îles aveugles, quand même ils n’ont pas les yeux fermés, et que rien dans le visage ne trahisse d’ailleurs cette infirmité, à cette seule manière de tourner la tête en haut, qui est propre à tous les aveugles. IT semble qu'il y a en eux comme un effort opiniâtre de voir quelque clarté dans Ia nuit qui les enveloppe.

Le Cousin. — Rien ne m'émeut autant que de voir aïnsi un aveugle, qui, la tête en l'air, paraît regarder dans le loïntain. Le crépuscule de Ia vie a disparu pour le malheureux; mais son œil intérieur tâche d’apercevoir déjà éternelle Iumière qui luit pour lui dans l’autre monde, plein de consolations, d’espérances et de béatitudes.

(La Fenêtre du coin.)

CIIL. À UNE PASSANTE (13 octobre 1860, L’Artiste; — xCIn de la 2° édition; CXVI1 de la 3°), p. 161.

Variantes :

v. 6 (1860). Moi, je buvais, tremblant comme un extravagant, v. 10 (1860). Dont le regard m'a fait souvenir et renaître.

Swinburne a comparé cette pièce à une poésie de Keats. Pour l'inspiration, cf. dans Champavert de Petrus Borel, Dina la belle Juive :

Ah! c’est une bien triste souffrance que [a rencontre d’un être sympathique qui vous capte, qui vous incline à lui. On l'a vu au promenoir, au bal, en voyage, à l'église, on lui a jeté un regard, on a reçu une œiïllade, on la touché de fa main, on a causé à [a dérobée, on est épris, ravi, enveloppé, on s'est déjà façonné un avenir, c’est déjà de l'amour, de He tre enraciné; Île temps de pousser un soupir, ou de regarder le ciel, cet être s'est envolé comme un oiseau, l'apparition s'est éteinte, et l’on reste atterré, anéanti par la commotion. Pour moï, cette pensée qu’on ne reverra jamais cet éclair qui nous a éblouis, cette femme, amie spontanée, notre pierre de touche; que deux existences faites l’une pour l'autre, pour être adouées, pour être heureuses ensemble en cette vie et dans l'éternité, sont à Jamais écartées, et se traïineront peut-être malheureuses sans plus retrouver jamais d'âme qui leur agrée, d'esprit et de cœur à eur taille; pour moi, cette pensée est profondément douloureuse.

CIV. LE SQUELETTE LABOUREUR (22 Janvier 1860, La Causerie; 1861, Almanach parisien pour —, par Fernand Desnovyers; — xCIv de la 2° édition et CxVINI de Ia 3°), p. 162.

La prèce date de 1859.

Nous en avons eu sous les yeux une copie autographe qui accompagnait une lettre du poète à Poulet-Malassis en date du 15 décembre 1859. Elle n'offre point de variantes. Mais, pour le vers 1, on voit sous une rature que Baudelaire avait d’ Shorts écrit :

Dans les pages d'anatomie...

Pas de division dans le texte de 1861.

CV. LE CRÉPUSCULE DU Soir (1° février 1852, La Semaine théatrale; 1855, Fontainebleau | im-12, Hachette |; — LxvIr de [a 1°° édition; XCV de la 2°; CxIx de la 3°), p. 164.

Le manuscrit autographe (1852) que possède M. le D Laffont, et qu'a publié M. Ad, Van Bever, donne quelques leçons jusqu'alors

Ignoréés.

Titre, 1852 (manuscrit) : Les deux Crépuscules de la grande ville, II, Le Soir; <— même date, La Semaine théâtrale : Les deux Crépuscules, I; 1855, Les deux Crepuscules, Le Soir.

Ces variantes n’en sont guère, à proprement parler, hors la première. Elles sont motivées simplement par la disposition du texte, où Le Crépuscule du Soir est accompagné du Crépuscule du Matin. Dans Fontainebleau, ces deux pièces sont en outre précédées d’une lettre à l’auteur du recueil, et suivies de deux poèmes en prose : Le Crépuscule du Soir et La Solitude,

Voici la lettre :

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