PREMIÈRE PARTIE. 29I
hlication par le plus grand nombre des protestans; et si quelques docteurs ennemis de la paix, jaloux de se faire un nom dans le feu des dissensions publiques, ont réclamé contre quelques-uns des articles qu'elle renferme, leurs clameurs n'ont jamais pu détruire un titre solennel publié par l'empereur lui-même dans la diète qui se tenait, et qui est devenu pour les protestans en particulier une loi de TEmpire.
Après avoir donné une idée générale des principes qui ont été établis sur le consentement des pères et mères dans le mariage de leurs enians , il est facile de détruire le moyen hasardé par les enfans de la baronne de l'Espérance. Premièrement, on demande de quel droit et en quelle qualité ils se chargent de faire valoir un pareil moyen ? Si un père outragé par le mariage de son fils avait droit de réclamer , ce serait un moyen qui lui serait personnel, et qu'aucun autre ne pourrait proposer ; un collatéral qui voudrait le faire valoir, ne serait pas écouté. Mais que doit-on penser du fils lui-même qui s est marié sans le consentement de son père, ou des enfans que ce fils a pu avoir d'un autre mariage ? Ce moyen dans leur bouche révolte toutes les personnes instruites, et il n'y en a point qui n'en soit scandalisée.
Si le fils lui-même qui s'est marié sans le consentement de son père , se servait d'un pareil moyen pour combattre l'état de sa femme et de ses enfans , il serait bientôt accablé par le poids d'une fin de non-recevoir insurmontable. On lui dirait sans doute, et on lui dirait avec succès : Qui êtes-vous pour venir combattre votre propre mariage , pour vous accuser vous-même d'avoir ioulé aux pieds les droits les plus sacrés ; d'avoir manué à la religion, à la nature , aux règles les plus pures e la société civile ? Loin de révéler une faute dont vous devez gémir, c'est à vous à l'ensevelir dans un éternel oubli ; quand la loi serait expresse sur cette matière , elle n'aurait pas été établie pour servir votre inconstance et votre infidélité. C'est ainsi qu'on réprimerait l'audace d'un mari volage, qui, après avoir manqué au respect qu'il devait à son père, voudrait s'en faire uu prétexte pour trahir la foi qu'il a jurée à sa femme.
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sumé de droit, tant qu'il n'y a point de contradiction. Un père ne va pas devant des otnciers publics déclarer solennellement qu'il approuve le mariage de son fils ; il ne laisse pas des monumens à la postérité pour assurer la foi de ce consentement : il n'est donc pas possible que les descendans de ce mariage rapportent des actes en forme pour prouver le consentement du père, il suffît qu'il n'y ait aucune preuve de résistance et de réclamation , nisi evidenter aisseniiat. En effet ce consentement n&qpeut résulter que de la conduite du père dans l'intérieur de sa maison, et d'une foule de circonstances dont les traces s'effacent à mesure qu'elles se forment. A quelle extrémité réduirait-on les enfans, les petîtsenfans, si,, faute de rapporter un monument authentique de l'approbation du père, leur état pouvait devenir incertain? La loi est trop sage, la justice est trop éclairée pour exiger une preuve presque toujours impossible , et pour en faire dépendre le sort de toutes les familles. Dans le simple doute, on présume tout ce qui est nécessaire pour- faire subsister le mariage , pour soutenir l'état des enfans : il suffit donc que le père n'ait point réclamé, pour faire tomber une critique si dan-
gereuse.
Mais le prince de Montbelliard n'est point réduit a cette présomption de droit, elle est ici fortifiée par des preuves claires et décisives. Le duc Georges a vécu avec son fils et avec sa bru dans son propre palais , ils ntan-» geaient l'iin et l'autre à sa table : cette seule circonstance établit ce consentement. Un père n'approuverait pas le concubinage de son fils , il ne prêterait pas son propre palais pour en être le théâtre ; dès qu'il reçoit chez hii son fils et sa bru , il remet l'injure par ce fait seul. D'ailleurs ce fils âgé de vingt-huit ans , la seule espérance d'une maison souveraine , était en état d'être marié ayec la dignité qui convenait a son rang. Le père rentré dans ses états , ne cherche point à se procurer une satisfaction si douce : qui pouvait le retenir , si ce n'est le mariage de son fils , qui formait un obstacle in-, vincible à toutes les vues dont il devait être occupé ? Enfin le duc Georges s'çn e$t expliqué au sieuç Beurlin^