PREMIÈRE PARTIE. 3l
La seconde est que quand même Tune âes parties se marierait sans le consentemrait de l'autre, le mariage ne serait pas nul pour cela ; tous les docteurs protesians sont d^ccord en ce point, que le mariage cëlâ)ré en face de l'église l'emporte sur l'engagement qui peut naître des promesses antérieures, cessant sponsalia de fuiuroy per sponsalia de prœsenti. Il n'y avait donc rien de la part de la demoiselletle Hedwiger qui put foire obstacle au mariage qu'elle a contracté avec le duc de MonibelUard.
A ce prétendu empêchement de droit de la part de la demoiselle de Hedwiger, on en a ajouté un de fait de la part du duc de Montbelliard. On prétend que ce prince ne pouvait pas être à Rejouits en Pologne le premier juin 1695 , parce qu'il servait actuellement en qualité de colonel dans l'armée de l'empereur en Hongrie ; mais les pièces que l'on rapporte pour établir cet alibi ne servent qu'à en démontrer rillusion. Le prince, de Montbelliard, dit-on , passa à Zathmar en Hongrie le quartier d'hiver qui a séparé les campagnes de 1 694 et de 1 695 ; il ne pouvait donc pas être à la cour d Oèls, il ne pour vait pas en partir à la fin de mai 1695 , pour se trouver à Rejouits le premier juin suivant : la preuve qu'il a passé le quartier dliiver à Zathmar se tire de deux lettres qu'il a écrites de cette place au conseil de guerre à Vienne. La découverte est heureuse , il faut en féliciter les barons de l'Espérance ; mais ce qui doit troubler leur satisfaction , est que la dernière de ces lettres est du 1 1 novemJsre 1 6194 9 c'est-à-dire, précisément à la fin delà campagne de la même année. Comment pse-t-on en' conclure que le duc de Montbelliard n'ait pas pu passer son quartier d'hiver à la cour d'Oéls? Comment peuton conclure qu'il n'ait pas pu se marier à Rejouits près •de sept mois après?
Mais, dit-on, voici quelque chose de plus précis : dès le mois de mars 1 696 , l'empereur envoie différens orr dres au prince de Montbelliard qui lui sont adressés à Zathmar; 00 lui fiait savoir qu'une partie de son régiment doit rester en garnison , et que l'autre dcàt «e rendre à Grand- Vardin. aussitôt le prince de Mp^^f^
3l4 OEUVRES DE COCHW.
Uardpart à la tête des compagnies de son régiment qui doivent se rendre à Grand- Cardin ; là il reçoit en a^ïl des lettres qui lui notifient que l'empereur a donne te commarfOement en chef de ses armées au comte de Caprara; le prince de MontbelUard reste
à Grand-- Kardin jusqu'au 17 mai 1695 Le 17
mai le comte de Solarpart à la tête du corps d'armée qui était à Grand-Vardin; le prince de MontbelUard est dans la marche y il arrive à Bude, on le trouve dans toutes les revues ^ il est dit qu'il a servi toute la campagne , l'on voit qu'elle a commencé dès le mois de mai 1695.
A cette description qui indique tentes les marches, et qui y place le duc de MontbelUard en- personne, ne dirait-on pas que les barons de l'Espérance le voient à la tête de son régiment , et qu'ils sont en état de le faire remarquer à tout l'univers ? Cependant tout cela n'est qu'une équivoque qui ne peut en imposer à ceux qui ont la plus légère teinture du service militaire. Le régiment de Montbelliard était resté en garnison à Zathmar pendant le quartier d'hiver; aux premières approches de la campagne de 1 695 , le conseu de guerre de l'empereur envoie des ordres à tous les régimens, pour leur apprendre leur destination ; ces ordres sont adressés à tous les colonels, dans le lieu où le régiment est en quartier, et par conséquent au prince de Montbelliard à Zathmar y comme à tous Içs autres ; mais peut-on en conclure qu'il y lut en personne ? Il faudrait donc se per^ suader qu'il n'y avait pas un seul colonel qui ne fut en personne à son régiment , parce qu'il n'y en a point qui n ait reçu de pareils ordres. On s'en rapporte à tous ceux qui sont au fait de ces sortes d'usages , du mérite et de la force de pareilles inductions.
Mais voici une dernière preuve de V alibi : Une lettre OU général Heister prouve qu'on lui avait écrit d'Oèls à la fin de mai ou au commencement de juin 1 695 y pour lui dennmder une recommandation auprès du prince de Montbelliard ^ au sujetd'uneeomr pagnie vacante dans son régiment Convm^né con-ciller cette vérité uyecie séjour du prince de Mont^