PREMIÈRE PARTIE. 3x
ièu duc de Montbelliard et de la demoiselle de Hedwiger, et cependant l'acte de célébration ne serait pas fait pour eux : à quelle personne sensée et de bonne foi peut-on entreprendre de le persuader ?
Du moins ces circonstances formeraient un violent conunencementde preuve, et le moindre jour qui viendrait s'y joindre ne permettrait plus d'hésiter; mais tout confirme l'application qui se fait par l'acte même. Une feule de témoms attestent à toute l'Europe dans une encméte juridique, qu'ils étaient présens lorsque le ministre- 1* uchs a célébré le mariage dont il parle , et qu'ils ont vu eux-mêmes que c'est le prince de Montbelliard c[ui a été marié avec la demoiselle de Hedwiger; l'histoire publie la même vérité dans un temps non suspect. Le duc de Montbelliard tait un divorce avec la demoiselle de Hedwiger, qu'il reconnaît par conséquent pour sa femme; des titres sans nombre qui ont suivi , adoptent la même vérité : peut-on , sans dégrader sa propre raison , résister à un corps de preuves si lumineux ?
Enfin si cet acte de célébration n'était point celui du duc de Montbelliard , qui est-ce qui lui aurait indiqué le lieu de Rejouits pour y aller chercher un titre de cette qualité? IHsons plus , s'il avait voulu insérer après coup un faux acte de célébration de mariage dans quelque* l'egîstre, aurait-il été en choisir un dans la Pologne? n'avait-il pas plus d'autorité dans ses états , et plus de' facilité pour y trouver un prévaricateur? S'il avait été capable de se Kvrer à l'imposture , n'aurait-il pas fait écrire les noms en toutes lettres ? On voit donc dans l'acte de célébration , des caractères de vérité qui se manifestent même dans ce qui sert de prétexte aux déutes que les barons de l'Espérance veulent répandre.
Ce qu'ils ajoutent, que l'acte qui est dans Je registre est en latin , et qu'on veut appliquer les lettres initiales à des mots allemands, ne mérite pas la plus légère attention. Le mari était comte du saint Empire, suivant l'acte même , par conséquent il était Allemand : com*ment veut-on que les lettres initiales de son nom ne forment pas des noms allemands? D'ailleurs ce ministre avait dËétivré un ^acte de célébration entièrement écrit
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en allemand , et dont les lettres initiales devaient rë—
{)ondre à des noms allemands ; il a conserve les mêmes ettres dans les registres , quoiquHl y ait re'digë Facte en. latin : il n y a rien en cela que de naturel. Il faut écarter de même ce que Ton dit , que le prince de Montbelliard n^était pas duc de Montbelliard du vivant de son
1>ère, mais seulement prince de Montbelliard; et qu'ainsi a lettre H dont on fait Hezsog^ qui veut dire duc, ne lui convenait pas. Mais les barons de lEspërance, rapportent eux-mêmes des extraits des registres du conseil de rerre de Vienne , dans lesquels dès 1 694 on lui donne qualité de duc de Montbelliard; et en effet tous les princes de la maison de Wirtemberg pîrennentla qualité de duc de Wirtemberg, en y ajoutant le titre de souveraineté qui distingue leur branche particulière. Enfin il faut écarter ce que l'on dit encore^ quel'époiix n'était pas prince , mais comte du saint Empire ; comme si quelqu'un pouvait ignorer que les états de Montbelliard ont toujours porté le nom de comté , et que les souverains ne prennent la qualité de duc , que parce qu'ils joignent le titre de Wirtemberg à celui de Montbelliard. L'ordre dans lequel est placé l'acte de célébration de mariage ^ paraît aux barons de l'Espérance un objet plus important; il n'est écrit que dans le mois de novembre 1695 , et il porte qu'il a été célébré le i®*" juin : pourquoi le ministre ne l'a-t-il pas écrit dans le temps qu'il Ta célébré? Cette observation pourrait facilement se rétorquer contre les barons de lEspérance ; car enfin si cet acte de célébration était l'ouvrage de l'intrigue et de la corruption, rien n'était si facile, en écrivant l'acte dansée mois de novembre , eu remplissant après coup un blanc du mois de novembre, que de dire que le mariage avait été cplébré dans le même temps : la bonne foi du ministre l'a donc seule engagé, en écrivant dans lé mois de novembre, de donner au mariage sa véritable date. Mais pourquoi ne l'art«il pas écrit dès le i ^^ juin? Comme cela n'est du fait ni du prince de Montbelliard, ni de ses père et mère , ce n'est point à lui à en trouver la raison; peut-êire que le ministre, qui avait délivré un acte de célébration en bonne forme le jour même du ma-