PREMIÈRE PARTIE. 3l
riage, se persuada qU'il était inutile d'en faille mention dans soù registre , et que la réflexion l'a engagé dans la suite à réparer ceU;e négligence. Quoi qu'il en soit , la mention se trou;re dans un monument public , et par conséquent elle fait une pleine foi par elle-même.
L'expédition iqui en a été donnée en 1720 , par le iiimis&e Koch , successeur du ministre Fuchs , ne mérite aucune des couleurs dont il pldit aux barons de l'Espérance de la noircir, sous prétexte que les lettres initiales y ont été étendues par les noms de duc de Wirtemberg-Montbelliard,et de Hedwiger. Le ministre Koch n'a iàit en cela que ce qu'il devait. Le ministre ou offi-cier public qui délivre l'expédition d'une pièce, n'est pas iH^duit à en donner une simple copie iigurée , en conservant dans l'expédition toutes les abréviations qui peuvent être dans l'original; il peut, il doit même écrire en toutes lettres ce qui a été mis d'une manière plus sommaire dans la minute , quand le sens de l'abréviation est clair et certain. Par exemple, sans sortir de l'acte même, il y a dans le registre de Rejouits, en parlant du mari, S, Romani Imper ii Cornes; fera-t-on un crime au ministre qui délivre l'expédition , d'y écrire Sacri Romani Imper ii Cornes y et d'étendre ainsi VS par le mot Sacri? Cela se fait et se doit faire dans toutes les occasions de cette nature. Mais, dira-^t-on, cela se peut à l'égard de certaines abréviations sur lesquelles personne ne peut former de doute; mais pour les noms mêmes des parties, cela est trop important et demande trop de réserve; ainsi le mérite de l'expédition ne dépend plus que de savoir s'il y avait un doute raisonnable à former sur les lettres initiales: or, on croit avoir démontré qu'il n'y avait pas le moindre prétexte de douter de leur application. Le ministre trouvait d'abord quatre noms propres écrits en toutes lettres dans son registre, qui ne pouvaient jamais convenir qu'au duc de Montbelliard et a la demoiselle de Hedwiger ; il trouvait des lettres initiales qui étaient exactement faites pour leurs qualités ; le ministre Fuclis lui avait expliqué lui-même ces lettres initiales. Le ministre Koch joignait à cela la notoriété publique qui régnait dans
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le lieu de Rejouits et de Skoki; l'histobe avaât atiaoncë le mariage huit ans auparavant^ le divorce de 1714 l'avait solennellement confirmé ; les procurations , les
J)asse^ortsdttducdeMontbelliard,de l'année i72o^daiis esqueis il reconnaissait avoir été marié à Rejouits, portfflent un nouveau degré de lumière. Dans cet état, le ministre le plus timide pouvait-il refuser d^étendre les lettres initiales dans l'expédition?
Que les barons de l'Espérance se répMïdent après cela en clameurs contre le ministre et cont-re son expédition; qu'ils prodiguent sans réserve et sans pudeur les reproches de fausseté : ce sont les efforts impuissans d'une partie qui veut effrayer par le bruit et par le fracas, quand elle ne peut convaincre par la raison. Tout est perdu , parce que l'on a mis des noms entiers au Keu des noms abrégés. Voilà de ces traits qui ne sont réservés qu'à une cause où la vérité blesse , et on s'offense de tout ce qui la manifeste. Au surplus , ce sont de vaines clameurs, puisque le prince de Montbclliard n'a jamais contesté qu'après les quatre noms du ufâri et dé la femme on ne trouve , dans l'acte de célébration,
•egistre : c est donc porter des coups mutiles, que s'attacher à l'expédition , seule quand le prince de Montbclliard n'a jamais pris droit que par le registre même; mais on veut faire du bruit , et pour cela on poursuit >'ombre , quand la réalité ne peut être entamrfe. Abandonnons aux barons de l'Espérance un triomphe si chimérique ; le véritable triomphe nous demeurera toujours par Vautorité de la pièce et de tout ce qui s'y réunit.
On ne saurait nous reprocher après cela d'avoir abandonné l'autorité du registre, pour nous reniêrmer dans le seul acte de célébration délivré par le ministre Foch» au feu duc de Montbelliard. Ces deux pièces concourent parfaitement; chacune en particulier serait suffisante pour former la preuve constante du mariage , toutes deux réunies forcent les plus incrédules à se rendre. Eu effet , qu'oppose-t-on à l'acte délivré par le ministre Fuchs au prince de Montbelliard? Jl est bien extraor-