‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 112 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

dinaire , <fit-ôn , de donner pour preuve d'un mariage solennel un acte en brevet dont le prince était le maître ou qu'il pouvait perdre y en sorte que la va- Udité du mariage dépendait des é^^énemens.Maàs^ en f>remier lieu, tout ce qui e^ extraordinaire nest pas nul : ou peut quelquefois porter la confiance trop loin; xnais quand oii n'a point été trompé dans cette confiance, la preuve n'en subsiste pas moins , quoiqu'elle ait été exposée à des événemens qui ne sont point arrivés. En second lieu, ce que, l'on regarde comme si extraordinaire, a cepejodant bien des exemples. La France a retenti il y a quelques années d'une affaire célèbre , qiû ne roulait que sur un mariage dont les registres ne taisaient aucune mention, et qui n'était prouvé que par un acie de célâ>ration en feuille volante : a*t-on prà:endu que cette circonstance pût donner atteinte à ce mariage f Quelque vive qu'ait été la contestation , on n'a jamais balancé sur la force de la preuve .en eUe-méme, et ce n'est Sue par la voie de l'appel comme d'abus , tiré du défaut e présence du propre curé , que le «mariage a été détruit. Nous aurions pu dire alors que c'était un mariage en brevet y si nous avions pensé que le subcès d'une cause importante dût d^endre d'une saillie bonne à amuser le public sans It toucher.

Mais les protestans veulent, dit-on, que la preuve du mariage soit tirée des registres publics ; mais nos ordonnances ne sont-elles* pas infiniment plus respectables que les passages de quelques docteurs protestans? Cependant parmi nous, et malgré la sévérité de nos lois, les actes de célébration en feuille volante font une preuve entière , on ne considère point la facilité de les perdre ou de les supprimer ; on se rend à l'autorité de la pièce y quand elle est rapportée. D'ailleurs, c'est une pure supjposition de dire que parmi les protestans on exige une preuve écrite dans les registres publics ; ils en parlent bien comme de la preuve la plus ordinaire et la plus solide , mais ils n'ont hasardé nulle part de dire qu'elle fût l'unique. Capzonius, que l'on cite pour les barons de l'Espérance, dit expressément que la preuve testimoniale sufiit. Et comment penserait-on autrement

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parmi eux , quand les promesses seules forment l'engagement du mariage, aummodo copula carnalis oc-

cesserit ?

Le certificat, dit-on, n'est point date, et le nom du ministre n'y est qu'en tierce personne. Voilà de ces critiques qui sont admirables pour avoir Favantage de ne pas demeurer sans réponses; mais au fond qu'en peuton espërer ? La date devient indifférente , s'il n'y a aucun lieu de soupçonner que le mariage ait ëté célébré depuis 17 18; mais cela est-il équivoque, quand le ministre Fuchs, qui a écrit et signé l'acte de célébration, est mort au mois de juin 1 7 1 5 ? Nous en avons la preuve

i)ar le certificat du ministre Koch son successeur, déivréen 1720, et confirmé par la déclaration des magistrats de Skoki. Il faut donc que l'acte de célébration soit au moins antérieur à l'année I7i5; et dès lors la date précise du jour devient absolument indifférente. Allons plus loin : le ministre Fuchs a écrit sur son registre la célébration du mariage au mois de novembre 1695 ; il fallait donc qu'il eût délivré alors l'acte de célébration. Enfin, en quel temps veut-ou que ce ministre ait délivré au prince de Montbelliard l'acte de célébration de son mariage , si ce n'est pendant que ce prince était en Pologne ? Or il n'^Pa jamais été qu'à la fin de mai et au mois de juin 1696 : c'est donc dans ce temps-là qu'il a écrit et signé cette pièce importante. Aussi le sieur Nardin, témoin oculaire, a-t-il déposé qu'il avait vu dresser et délivrer l'acte de célébration le premier juin 1695 : on ne peut donc pas douter de la vé^ ritable date de cette pièce.

Quant à ce que l'on dit , qu'il y est parlé du ministre Fuchs en tierce personne, c'est un Ëiit qui se détruit par la seule lecture de la pièce. Le sieur Fuchs y parle en première personne , je soussigné, certifie et atteste par ces lignes y etc. Il signe au bas de l'acte et dans un lieu détaché du corps de l'écrit; ce n'est donc pas une tierce personne qui parle de la bénédiction donnée par ce ministre , c'est lui-même qui l'atteste. Toute l'équivoque ne tombe que sur les derniers termes de lacté , ont été mariés par , et au-dessous, Jean-Christophe

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