PREMIÈRE PARTIE
son , mais il est dit expressément qu'il promet de ne se point remarier y et de ne passer a d'autres noces ; ce qui prouve qu'il l'avait ëtë et qu'il^ne T Aait plus , et ce qui confirme par conséquent le mariage de 1695 et le divorce de 171 4» Voilà un aveu bien solennel dans un titre où les intérêts du prince de Montbelliard n'ont point été ménagés.
Que peut-on répondre à la force de cette preuve ? Les barons de l'Espérance ne peuvent pas dire que ce traité doive s'entendre du mariage du duc de Montbelliard avec leur mère , puisqu'il ne l'a épousée que trois ans après. Les prétendues promesses de mariage dont ils parlent aujourd'hui , et dont il n'a été question dans aucun lemps , sont une plaisante évasion pour sauver l'application nécessaire du traité de Wilbade. Aurait-on fait taire au duc de Montbelliard un aveu aussi humiliant que celui qui est dans le traité , s'il n'avait été question que de simples promesses dont il n'y avait aucune preuve , et qu'il était le maître de détruire quand il voulait ? C'est donc d'un mariage réellement contracté que l'on parle , I
et jamais le duc de Montbelliard n'en avait contracté d'autre que celui de Rèjouits : le voilà donc reconnu
ar le traité de Wilbade comme un mariage bien réel.
>n dit que l'on en parle comme d'un mariage qui n'était
t)as licite ; mais on ajoute aussitôt en quoi il n'était pas^ icite, c'est en ce qu'il n'était pas convenable au rang de la maison: de Wirtemberg, la seule inégalité est ce qu'on lui reproche ; et quand on aurait été jusqu'à le supposer nul, il faudrait toujours qu'il demeurât pour constant qu'il a été célébré , et il ne resterait plus qu'à savoir si on aurait eu raison de lui reprocher quelque nullité ; mais encore une fois on ne le blâme que du côté de l'inégalité seule.
Voilà donc un titre bien authentique qui confirme la vérité inébranlable du mariage. Qu'après cela dans ce traité on ait confondu le prince de Montbelliard avec les enfans naturels de son père quant à la capacité de succéder, qu'on ait voulu le réduire à la simple jouissance des fonds qu'on lui destinait par ce traité ; ce sera bien un trait uégarement de la part de ceux
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qui ont eu part à cet ouvrage; mais cela n'affaiblira jamais la preuve constante du mariage écrite dans le traite même , ni par conséquent l'état légitime des enfans. Qu'un père dans un acte authentique déclare expressément qu'il a été marié , qu'il a eu des enfans légitimes de son mariage , que cependant tout ce qu'ils peuvent prétendre sur sa succession sont des alimens ; on lui répondra avec tous les principes du droit naturel et civil : Vous n êtes pas le maître de regarder les enfans que vous avez eus de votre mariage conune étrangers à votre succession; quelques conventions, quelques dispositions que vous tassiez , il faut que votre volonté cède à la nature et à loi. Ainsi l'aveu du père subsiste
I)our le triomphe des ent'ans , quelques dispositions qu'on ui ait arrachées pour les humilier.
Telle est la convention de Wilbade : on avoue que le prince de Montbelliard y est traité indignement ; mais ce sont ces dispositions roémes si odieuses, qui donnent Une nouvelle torce à l'aveu qu'il y trouve du mariage de ses père et mère. Dans le temps que l'aîné de sa maison est armé contre lui , dans le temps que son père cède à la violence qui l'opprime jusqu'à disposer de sa succesrsion future , dans le temps que rien n'ose réclamer en sa Ëiveur, que la religion est profanée, que la nature est tenue captive, que les lois les plus sacrées sont sans force et sans voix, la vérité cependant conserve son empire : l'audace qui ne respecte rien s'anéantit en sa présence , elle triomphe au milieu des passions les plus tumultueuses; et l'on dira qu'il y a de la témérité de la part du prince de Montbelliard de faire valoir un triomphe qu'elle ne remporte que pour lui? Que l'on connaît peu la force des preuves si on ne sent pas toute la supériorité de celle-ci !
Quant aux reconnaissances de tant de parties différentes qui ont rendu hommage aux droits sacrés du prince de Montbelliard , les barons de l'Espérance prétendent rétorquer contre lui les avantages qu'il en veut tirer. Vous n'avez , lui disent-ils , aucune possession d'état , votre mère n'a jamais été traitée en femme m* en souveraine, jamais vous n'avez été traité en fils légitime