PREMIÈRE PARTIE
pérance^ et qiHelle eût été inhumée dans V église du château de Montbelliard en 1707 sous le seul nom d'Henriette Hedwiger ^ baronne de V Espérance , il s'est trouvé dans le registre d'une église de la souwraineté de Montbelliard une célébration de ma' riage entre elle et le sieur de Sanderleben^ datée de 1697; des actes de baptême , par lesquels Charles^- Léopold'Ferdinand^Eberard et Eléonore-Charlotte paraissent avoir été baptisés comme enfans naturels
et légitimes du sieur de Sanderleben et d'elle On
a ùx>uvé aussi dans le consistoire de Montbelliard une sentence de divorce datée de 1 699 ^ qui paraît avoir dissous le mariage du sieur de Sanderleben et d'Henriette Hedwige^ baronne de l'Espérance , et permis à l'un et à l'autre de se marier ailleurs comme bon leur semblera. Au moyen de ce mariage et de ce divorce y les trois premiers enfans d'Hen-^ riette Hedwige de l'Espérance sont devenus enfans légitimes du sieur de Sanderleben ; il n'y a que les deux autres qui aient continué d'être enfans naturels du diijc de montbelliard.
La princesse de Montbelliard est du nombre des
Sremiers enfans; il semble donc que dans le système es barons de FEspërance , elle soit fille du àuc de Montbelliard , et que le sieur de Sanderleben n'ait ëté que son père putatif : c'est pour cela que l'on suppose que les actes de mariage et de divorce entre les sieur et dame de Sanderleben ont été fabriqués quand on a voulu les faire paraître ; mais ces impostures vont être confondues par des pièces authentiques : jamais la mauvaise foi et le mensonge n'ont été portés plus loin que dans cette partie du mémoire des barons de l'Espérance. Le mariage des sieur et dame de Sanderleben ne se trouve point , comme on le suppose , dans le registre d'une des églises de la principauté de Montbelliard : c'est dans les registres de l'église d'Oëls en Silésie que l'acte de célébration de mariage a été rédigé au mois de février 1697 ' ^^^^ ^^^^ ^^^ première imposture dans le mémoire des barons de l'Espérance , de le placer dans un registre de la souveraineté de Montbelliard , comme
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si le duc leur père l'y avait tait insérer par un coup d'aulorite'.
De ce mariage est nëe au mois d'octobre 1700 Eléonore-Charlotte de Sanderleben , aujourd'hui épouse du prince de Montbelliard ; elle est baptisée comme fille du sieur de Sanderleben » , et d'Henriette Hedwige , baronne de l'Espérance , sa femme ; elle a donc un état certain , sa légitimité ne peut être contestée. Quelle personne pourrait conserver l'honneur de sa naissance , si étant née dans le cours d'un mariage honorable , et ayant joui des avantages de sa naissance, la calomnie pouvait se déchaîner impunément contre ce qu'il y a de plus sacré et de plus respectable ?
H est vrai qu'il y a eu un divorce prononcé entre les sieur et dame de iSanderleben; mais en quel temps ? Le mémoire des barons de l'Espérance le place en 1699 , c'est-à-dire, un an avant la naissance de la princesse de Montbelliard : on voit bien ce qui leur fait imaginer cette époque ; on voulait absolument qu'elle ne fut point fille légitime des sieur et dame de Sanderleben ; pour, cela il fallait dissoudre le mariage . un an avant sa naissance : mais c'est une seconde imposture qui doit révolter toutes les personnes d'honneur. Le divorce n'a été demandé et prononcé qu'en 1701, long-temps après l'acte de baptême de la princesse de Montbelliard; la sentence de divorce subsiste en bonne forme dans les registres du consistoire de Montbelliard. Peut-on porter l'audace jusqu'à faire rétrograder ce divorce de deux années entières, pour avoir l'indigne satisfaction d'en imposer au public , et de lui faire croire que la princesse de Montbelliard était née long-temps après que sa mèreavait cessé d'avoir un mari? Mais les monumens subsistent , et à la honte des barons de l'Espérance , ils confondent leur calomnie.
Ce divorce' n'est peut-être qu'un acte de complaisance de la part du sieur de Sanderleben qui a l>ien vouhi s'y prêter , parce qu'il recouvrait sa liberté ? C'est
^ Lee Sanderleben ont été reçus dans les chapitres d'Allemagne. On tait quelles preuTes on y fait tant da côté paternel que du côté maternel.
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pour le persuader sans doute que le mémoire des barons de l'Espërance porte , que la sentence de divorce permet à l'un et à l'autre de se marier ailleurs comme bon leur semblera : troisième imposture aussi grossière et aussi aisée à confondre que les précédentes. La sentence de divorce est intervenue sur la plainte de la dame de Sanderleben qui a accusé son mari du crime d'adultère ; et comme il est des règles parmi les protestans, que la partie innocente recouvre seule la liberté de se remarier , la sentence de divorce ne le permet qu'à la dame de Sanderleben , et l'interdit expressément au sieur de Sanderleben. On voit donc que c'est un titre bien sérieux, titre qui impose au sieur de Sanderleben le joug le plus dur, en le privant de sa femme , et lui étant la liberté d'en prendre une autre. Cette circonstance prouve encore qu'il n'avait alors aucun reproche à faire à la dame de Sanderleben qui lui avait gardé la fidélité conjugale , puisque si le crime avait été commun aux deux conjoints , ou ils n'auraient pu être séparés par le divorce, ou ils auraient dû y trouver une égale liberté de se remarier ; mais il en est tout autrement , le mari est reconnu seul coupable, et la femme seule innocente: les enfans dont elle était accouchée auparavant étaient donc les fruits d'un mariage honorable , et la gloire de lenr naissance ne peut être obscurcie.
Ajoutons que le duc deMontbelliard a eu depuis deux enfans de la dame de Sanderleben , devenue hDre par le divorce; ceux-là ont toujours été reconnus depuis poiu* enfans naturels. Par quelle prédilection le duc deMontbelliard aurait-ii voulu rendre les premiers enfans de la dame de Sanderleben légitimes, en faisant fabriquer une célébration de mariage et un divorce, et aurait-il laissé les autres dans l'opprobre de leur naissance? Il est donc aisé de reconnaître qu'il y a toujours eu entre eux une différence essentielle : les premiers nés pendant le mariage des sieur et dame de Sanderleben , ont toujours joui des honneurs qui étaient dus à la pureté de leur origine; les autres nés depuis le divorce ont été reconnus pour enfans naturels du duc de Montbelliard: la calomnie ne peut donc les confondre pour étendre aux pre-
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miers les malheurs qui ont accompagné la naissance de» seconds.
'Enfin le feu duc de Monlbelliard adopta par les lettres-patentes de 1 714 les trois enfans qu'Henriette Hedwige avait eus du sieur de Sanderleben son mari , suivant ce qui se pratique dans les pays régis par le droit romain. Il ne faut pas être surpris après cela si le duc de Montbelliard les a compris dans le traité de Wilbade; les inductions sinistres que l'on tire de ce traité n'ont donc aucun fondement.
Après avoir confondu tant d'impostures , on ne croit pas avoir besoin de réfuter les fables débitées dans le même mémoire des barons "de l'Espérance sur l'éducation du prince de Montbelliard : on le fait passer par les degrés de page et de gentilhomme de son père, et cela sur la foi du Supplément de Moreri : mais pendant que l'auteur du mémoire déchire le prince de Montbel- . liard, sur la .foi d'im ouvrage si fautif, le défensemc des barons de l'Espérance nous en venge à l'audience , en foudroyant l'auteur de ce Supplément, à qui il a reproché avec raison d'avoir débité les faits les plus calomnieux. Tel est l'heureux concert qui règne entre ceux qui concourent à la défense des barons de l'Espérance, les uns détruisent ce que les autres s'efforcent d'établir, partage ordinaire de l'imposture , qui ne peut pas se concilier avec elle-même. Que le mémoire des barons de l'Espérance perde donc à jamais toute confiance dans le public ; Fimposture confondue dans des objets si essentiels ne peut plus conserver aucun crédit dans le reste. Est-il donc permis de diffamer non-seulement
5)ar des faits étrangers à la cause, mais encore par des aits faux et calomnieux? Est-il permis de changer et les lieux et les temps, et les dispositions des actes, pour donner quelque couleur à des impostures ? Mais quelque sanglante que soit l'injure , nous en serons assez vengés par l'indignation publique.
Le prince de Montbelliard croit donc avoir étabh la
{possession constante de l'état de femme légitime dans a personne de sa mère , et d'enfant légitime dans sa propre personne avant 1719; mais il a ajouté que quand