‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 122 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

d'enfant légitime dans la personne du prince de Mont-» belliard a été reconnue dans tous les jugemens du conseil aulique. Quelque indisposition qui ait rëgné contre lui à la cour de Vienne jusqu'à présent , on n'a jamais cru pouvoir donner atteinte à son ëtat; c'est ce que l'on a déjà établi de la part du prince de Montbelliard : cependant les enfans de la baronne de l'Espérance se soulèvent contre cette vérité; ils soutiennent que le

J)rince de Montbelliard a toujours été traité comme enant naturel dans les jugemens du conseil aulique , et qu'au contraire leur mère y a été reconnue épouse légitime du ièu duc de Montbelliard. Ils ont voulu donner la même idée des écrits du duc de Wirtemberg- Stutgard , fort offensés de ce que l'on a soutenu que ce

E rince s'était contenté d'attaqiuer dans le prince de Montelliard la capacité de succéder , sans se porter jusqu'à révoquer en doute la pureté de son origine.

Par rapport au duc de Wirtemberg , il est vrai que l'écrit qui a paru sous son nom contient , conoime on l'a dit ci-dessus, les plus violentes déclamations contre la famille de Hedwiger, et que la même passion a fait quelquefois hasarder à l'auteur des expressions peu favorables à la dignité du mariage qui avait uni le duc de Montbelliard avec Anne-Sabine die Hedwiger; mais malgré ses emportemens , il convient pourtant de la vérité du mariage et de la juste application que l'on doit faire à ces deux époux de la mention du registre de Rejouits : Son altesse sérénissime le duc de fVirtem-berg'-Montbelliard y dit-il, gui ne voulait nullement donner à connaître ni lui ni sa concubine , n'a^ s^aitfait insérer au sieur Fuchs , ministre défunt à Rejouits y que les lettres initiales dans le registre de VégUse audit lieu. C'était donc le duc de Montbelliard qui avait dicté en personne les lettres initiales , et par conséquent c'était son propre mariage qui était écrit sur le registre : aussi le duc de Wirtemberg- Stutgard ajoute-t-il que ce mariage ne peut être regaraé que comme un mariage ad morganaticam ^ ou de 2a main gauche ; il conclut ensuite qu7/ ne peut y avoir ici aucun mariage de prince ; par consé^

quent point d'enfans ni de succession. Si un simple gentilfiomme ne trouvait pas honorable pour lui de

se marier avec la demoiselle de Hedwiger '. . à

plus Jbrte raison demeurera nul, déshonnéte et sans JorcCy QUANT AUX EFFETS DE DROIT , son prétendu ma-' riage avec un prince de V Empire. Voilà à quoi viennent se terminer toutes les déclamations de rëcrivain du duc de Wirtemberg-Stutgard , c'est de pre'lendre que ce mariage bien réel el bien constant ne produit point des effets de droit y c'est-à-dire , ne rend pas les enfans capables de succéder.

H est vrai qu'avec le peu de précision et d'exactitude qui règne dans cet écrit , on voit un mélange perpétuel de contradictions sur les idées qu'il donne de ce mariage ; mais enfin elles aboutissent toutes cependant à cet unique objet. Aussi ce même écrivain déclame-t-il ensuite contre le divorce 'de 1714? comme contraire à tous les principes de la confession d'Augsbourg, et s'en fiadt-il un moven pour prouver la nullité essentielle du mariage delà baronne de l'Espérance de 17 18, qu'il combat également , et par l'adultère naissant du premier mariage avec la demoiselle de Hedwiger, et par l'inceste.

Quant aux jugemens du conseil aulique , celui du 8 avril 1723 déclare en général les enfans^ tant d'Anne- Sabine de Hedwiger, que d'Elisabeth-Charlotte de l'Espérance, inhabiles à porter la dignité du prince leur père y et à la successiondes allodiaucc et fiefs immédiats de r Empire; et quant aux deux enfans encore ^vivons procréés d'Henriette Hedwige , baronne de V Espérance y on s'en tient à la déclaration faite par M. le duc de Montbelliard , portant qu'étant enfans naturels y il n'était point question d'eux dans la présente instance. Deux conséquences nécessaires se tirent de cette disposition : la première, que le prince de Montbelliard n'y est point traité comme enfant naturel; nonseulement on ne lui donne point cette qualité , mais on met une différence essentieUe entre lui et les enfans que le duc de Montbelliard son père avait eus d'Henriette Hedwige , baronne de l'Espérance: pour ceux-ci comme

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