CH15. TOME II
Hedwiger, et luifaisaitbeaucoup de caresses; qu'elle allait aussi visiter le duc Georges dans le Donjon y oîi elle mangeait très-souvent avec lui; que dans la dernière maladie du duc Georges elle ne le quitta point y et quil mourut entre ses bras en présence de tous ceux qui l'assistaient. Quelques-uns de ces témoins ajoutent, qu Anne-Sabine de Hedwiger, après la mort du duc Georges y continua de demeurer dans le château de Montbelliard avec le duc Léopold-Eberardson mari jusqu'au divorce de I7i4' ^^^ ^"^ ^^ ces dépositions 9 peut-on entendre sans indignation ce que de'bitent les enfans de la baronne de TEspérance sur Tëtat dans lequel Te'pouse légitime a vécu à Montbelliard pendant la vie et après la mort du duc Greorges ?
La suite de leur narration se soutient dans le même caractère. Ils supposent qu'après la mort du duc Georges, Anne-Sabine de Hedwiger proposa au duc dej Montbelliard de l'épouser, croyant que tout obstacle était levé depuis la mort d'un père qui n'aurait pas souffert une pareille alliance. Us ajoutent que la proposition ne fut pas reçue favorablement; mais que le duc Léopold- Eberard accompagna ce refus des protestations d'un attachement inviolable, siiamilières aux amans. On croirait a ce récit qu'une conversation si touchante est parvenue aux barons de l'Espérance par quelques vestiges qui en seraient demeurés , que quelques témoins , que quelques lettres en déposeraient; mais non, ils conviendront eux-mêmes qu'ils n'en ont pas lé plus léger indice ; c'était un ornement dont la fable était susceptible: pouvaît-on se refuser de la placer dans un mémoire qui n'était destiné qu'à répandre d'agréables fictions ? Quand la supposition évidente de cette conversation ne serait pas démontrée par les preuves qui établissent que le mariago était céleT^ré depuis plusieurs annooa, il tâud rai t donc rejeter un discours qui n'a d'autre appui que la fécondité de l'imagination de nos ennemis.
Achevons les faits de cette première époque par le dernier trait dont les barons de l'Espérance ont couronné leur fable. Anne-Sabine de Heawiger , disent-ils, piquée du refus qu'elle venait d'essuyex^ résolut de se