PREMIÈRE PARTIE. 5'jb
sept lignes. C^est à la suite de ces huit premiers articles que se trouve l'acte de célébration dont il s'agit, qui torme le neuvième , et qui contient six lignes pleines, eu sorte qu'il remplit seul le tiers de la page ou environ. Or, on demande s'il est permis de penser que le sieur Fuchs^ qui écrivait sur son registre les actes quil passait, comme ministre de l'église de Rejouits en ibgS, ait laissé en blanc le tiers d'une page, et qu'il ait mis les actes qui ont suivi celui du 27 novembre sur la page suivante^ quand il pouvait encore en mettre trois sur la même. Il faut convenir que cela ne peut pas entrer dans l'esprit d'un ministre qui n'a aucun intérêt de laisser un pareil vide sur son registre, et qui s'exposerait même par-là à la censure de ses supérieurs. 11 ne prévoyait pas alors qu'il en aurait besoin cinq ou six ans après pour favoriser l'imposture qu'on lui demanderait ; il suivait l'ordre naturel de son registre^ et écrivait les actes à la suite les uns des autres.
Mais s'il n'a pas pu laisser en 1 695 le tiers d'une page en blanc, il n'est donc pas vrai que quelques années après on ait profité de ce blanc pour y insérer après coup un faux acte de célébration. Si cet acte ne contenait que deux lignes serrées au bas d'une page, on pourrait peut-être soupçonner quelque imposture; mais quand c'est un acte étendu qui remplit seul le tiers de la page , un pareil soupçon doit s'évanouir , puisqu'il n'est pas facile de concevoir qu'on eût laissé un si grand vide sur un registre public, sans objet et sans intérêt.
mis sur le registre par le ministre Fuchs en iGgS. Il avait célébré le mariage le i ^^ Juin ; mais soit que l'acte qu'il en avait délivré en allemand lui parût suffisant, soit par d'autres motifs , il néglige d'en faire mention sur son registre. Revenu de son erreur au mois de novembre de la même année , il le rédige avec la plus scrupuleuse fidélité, en avertissant qu'il est du i*'" juin, quoiqu'il l'écrive après un acte du 27 .novembrcSa faute même
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devient une preuve de son exactilude, et le justifie de la supposition dont on ose l'accuser.
A l'autorité du registre se joint la preuve testimoniale la plus complète. Le sieur Nardin , oans une déposition faite à Montbelliard devant les commissaires du souverain, atteste que le mariage a é%é cëlelirëen 1696 en sa présence , et que le prince Léopold-Eberard et la demoiselle de Hcdwiger. se rendirent en personne à Re«* jouits pour y recevoir la bénédiction nuptiale. Dans une enquête faite à Skoki y plusieurs témoins déposent aussi avoir vu. célébrer le mariage en i69& : cest ce qu'on a exposé avec plus d'étendue dans les précédens mémoires. Comment donc soutenir après cela l'idée dWe supposition commise en 1700 ou 1701? Le re* gistre puDiic , les dépositions juridiques assurent égale^ ment et la foi et la date du mariage; et les barons de l'Espérance , au mépris de tant de preuves, croiront avoir le droit de donner à l'acte de célébration une exis-r tence arbitraire, de le placer à quel temps ils voudront, et cela uniquement parce qu'ils le veulent, et que cela convient à leur intérêt! De quelle autorité sont-ils donc revêtus, pour disposer ain$i à leur gré des actes les plus sacrés?
Quant au certificat de ce même mariage, délivré en allemand par le ministre Fuchs , les barons de l'Espérance ne craignent point d'avancer, avec une confiance capable d'en imposer , qu'il n'est signé de personne. Si cela était, il faut avouer que la demoiselle de Hedwiger aurait été douée d'une prudence admirable. Elle veut sup-r poser im mariage; pom* cela elle se munit d'un certilicat qui n'est point signé ; elle le garde précieusement comme une preuve autlientique de son état et de celui de ses enii'ans. Il n'y a point à balancer de sa part, ou de la part de ceux qui lui font un pareil ^-eproche, il faut que quelqu'un soit tombé dans le délire. Mais la pièce même décide; elle est écrite et signée par le ministre Fuchs, qui commence ainsi : Je soussigné y etc., et qui fmit par ces termes détachés du corps du certificat, comme toutes les signatures: Christophe Fuchs y pré-» cUcateur lutliérien de Rejouits et de Skoki^ On voit