‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 132 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

donc que les fables les plus grossières ne coûtent rien aux barons de l'Espérance.

De la discussion de tous ces faits , il résulte que tout ce qu'on a imaginé pour ternir la réputation de la demoiselle de Hedwîger , pour ébranler la ibi du mariage qu'elle a contracté en logô avec le prince Léopold-Eberard, pour la réduire depuis à la vile condition d'une concubine ignorée ou méprisée à Monlbelliard, n'est qu'un tissu de suppositions qu'il est bien facile de confondre. U est évident au contraire que la demoiselle dé Hedwiger, qui avait été d'abord recherchée en mariage par le sieur Zeidiitz, se trouvant dégagée par le refus qu'il avait fait presque aussitôt d'exécuter ses promesses , a pu recevoir les vœux du prince de Montbelliard, et s'umr à lui par les liens sacrés du mariage; que ce mariage en effet a été célébré dans l'église de Rejouits par le ministre Fuchs en l'année iGgb, en présence d un grand nombre de personnes; que la nouvelle épouse a suivi son mari à Montbelliard ; qu'elle y a été logée dans le château de Montbelliard, où elle demeurait publiquement avec le prince son époux, connue, chérie par le duc Georges son beau-père , qui lui prodiguait les témoignages de la plus sincère affection , qui la recevait très-souvent à sa table, et qui est mort enfin eiitre ses bras. Tout ce que nous disons à cet égard est soutenu

Ear des preuves juridiques, pendant que le système des arons de l'Espérance n'est appuyé que sur les idée^. ;*omanesques a une imagination qui se croit tout permis. Seconde époque. Passons à la seconde époque, dan^ laquelle la baronne de l'Espérance, maîtresse absolue du duc de Montbelliard , fait jouer les ressorts de sa politique et de son ambition pour perdre l'épouse légiume et ses enfans. Si Ton en croit les barons de l'Espérance, tout ce qui est arrivé alors était au contraire 1 effet des intrigues de celle qu ils appellent la comtesse de Sponeck. Outrée de s'être vu enlever le cœur du duc de Montbelliard, d'abord par Henriette Hedwic, ensuite par Elisabeth - Charlotte , baronne de l'Espérance , sa passion lui a fait tout tenter pour se venger d'un pareil ^&ont, On était persuadé que le duc de Montbelliard

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avait épouse la baronne de l'Espérance par paroles de

1 présent. Pour lui ravir la gloire d'une pareille élévation, a comtesse de Sponeck fait agir son frère, favori du duc de Montl)elliara 5 et gagne le duc de Wirtemberg-Stutgard, trop porté de lui-même à s'assurer la succession aux états de M ontbelliard. On mène le prince aux eaux de Wilbade dans le Wirtemberg ; on profite de la faiblesse de sa santé pour l'engager à se nommer un successeur ; le comte de Sponeck, dans une harangue pathétique, le détermine enfin à se rendre aux vues du duc de Wirtemberg, et à signer la fameuse convention du 18 mai 1715.

Par cet acte, le duc de Montbelliard nomme en efièt le duc de Wirtemberg pour son successeur'. Le diic de WirteAberg s'oblige de payer 4^000 florins de pension aux enfaus de la comtesse de Sponeck, pareille somme aux enfans d^Henriette Hedwic, et la même somme à ceux d'Elisabeth-Charlotte de l'Espérance. Enfin on stipule que si le duc de Montbelliard, qui a promis de ne S oint passer à d'autres noces pendant la vie de la baronne e l'Espérance, survivait à ladite dame, et que n'ayant point alors d'autre empêchement de se remarier , et de convoler à d'autres noces proportionnées à sa condition , il pût avoir des mâles et princes légitimes , le duc de Wirtemberg demeurerait déchargé de ses engagemens. Cette dernière clause, ajoutent les barons de PEspérance, suppose deux vérités; la première, que le duc de Montbelliard était marié, puisqu'on le re*garde comme ne pouvant alors convoler à de secondes noces; la seconde, qu'il était marié à la baronne de l'Espérance , puisqu'on lui fait promettre de ne se point marier p^idant sa vie : ainsi on reconnaît dans ce traité la main qui a cherché à lui porter des coups si flmestes ; mais bientôt le duc de Montbelliard, honteux de la faiblesse qu'il avait eue de signer un pareil traité, se détermina à épouser la baronne de l'Espérance. Le mariage fut célébré le 1 5 août 1 7 1 8 avec toutes les solennités qui convenaient à la dignité de l'époux. La baronne de l'Espérance a joui dans une paix jM*ofonde des honneurs dus à son rang , jusqu'au mariage du fils de la comtesse

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