‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 133 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

de Sponeck avec la demoiselle de Sanderlel)en de Coligny. Voilà ce au'il y a de plus essentiel dans le mémoire des barons de ÎEsperance : mais on va voir que la bonne foi, que la fidélité n'a pas plus de part au récit de ces nouveaux faits qu'à l'exposé des premiers.

C'est dans le cours cfe cette époque que se trouvent trois actes extrêmement importans ; le divorce du 5 octobre 1 7 1 4 ? psir lequel le duc de Montbelliard a prétendu dissoudre le mariage qu'il avait contracté avec la demoiselle de Hedwiger^ et se ménager la liberté de se marier à une autre; la convention de Wilbade par laquelle le duc de Wirtemberg a été nommé successeur aux états de Montbelliard , en réduisant l'épouse légitime et ses enfans à une pension viagère de 4?ooo florins; et enfin l'acte de célébration de mariage entre le duc de Montbelliard et Elisabeth-Charlotte, baronne de l'Espérance , du 1 5 août 1718. Tous ces actes sont-ils l'effet des intrigues, du crédit, de l'autorité de la demoiselle de Hedwiger, ou du comte de Sponeck son frère, sur l'esprit du duc de Montbelliard ? C'est ce que les barons de l'Espérance veulent nous persuader. Que d'heureux talens ne tàut-il pas réunir pour tenter une pareille preuve !

Premièrement, pour juger du crédit de l'épouse légitime, il n'y a qu'à jeter les yeux sur le traité de divorce du 5 octobre 1714» ^tii ne précède la convention de Wilbade que de sept à huit mois. On y voit le duc de Montbelliard reconnaître les nœuds sacrés par lesquels il avait été uni à la demoiselle de Hedwiger, et les rompre sur de vains prétextes que la religion. protestante n'a jamais tolérés. Quand la passion peut porter un prince à de pareils excès contre sa femme, nous dirat-oû encore que cette femme malheureuse ait été par elle-même ou par son frère en état de dominer à la cour de son mari , et de lui faire signer tout ce qu'elle a voulu, contre les intérêts de celle à qui le prince avait donné sur son cœur un empire absolu ?

Il est vrai que les barons de l'Espérance ont la sage précaution de ne pas dire un seul mot de ce traité de divorce; cette pièce était trop gênante : d'un côté, elle

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confirme invisiblement la vëritë du mariage de Rejouiis; de Tautre elle fait connaître à quelles disgrâces était réduite l'épouse légitime. Tout cela ne convenait pas au plan que les barons de FEspérance avaient formé. Ils venaient de soutenir que la demoiselle de Hedwiger n'avait point été mariée, et qu'elle avait langui dans l'état obscur d'une concubine peu favorisée; par un contraste tout nouveau , ils voulaient la représenter comme devenue toute-puissante depuis qu'une autre avait pris sa place. Comment concilier ces illusions avec le traité de divorce qui les détruit toutes également? Dans un ouvrage consacré à la vérité, il n'y avait pas moyen de résister à une pièce si victorieuse; mais dans un roman , où l'on est maître de son sujet, il est facile de supprimer ce qui gêne ; et c'est aussi la seule ressource qui soit restée aux barons de l'Espérance. Ds n'ont donc pas dit un seul jnot du traité de divorce dans le récit des faits.

Secondement , ils se sont fort étendus sur le traite deWilbade, pour persuader qu'il était l'ouvrage dn comte de Sponeck et de sa sœur ; mais deux réflexions fort simples détruisent tous leurs spphismes. l° Anne- Sabine de Hedwiger était alors dans la disgrâce; la baronne de l'Espérance était au plus haut période de faveur et d'autorité. A. laquelle peut-on imputer de bonne foi ce que l'on a fait fsdre alors au duc de Montbelliard ? 2*^ Consultons les dispositions mêmes du traité.. Anne- Sabine de Hedwiger y perd tout , biens , honneurs, fortune, en un mot, tous les avantages de son état et de celui de ses enfans. La baronne de l'Espérance, au contraire, qui n'avait, qui ne pouvait avoir aucun droit, y gagne tout ; elle fait pourvoit à la subsistance de ses en- Kins; elle s'assure de la personne du duc de Montbelliard, et lui fait promettre de ne se point marier pendant qu'elle vivra. De quelle main peuvent donc partir de pareilles dispositions ?

Troisièmement, le duc de Montbelliard reconnaît dans ce traite qu'il a été marié , mais que le mariage n'est pas licite et suffisamment qualifie, suivant l'état de sa maison. Et pourquoi ne nomme-t-ori point ceik

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