‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 137 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE. SqT · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. SqT

Wous soutenons la vérité incontestable du premier mariage qui fait tomber le second , et qui le fait dégénérer dans un adultère déguisé sous l'ombre d'un engagement sacré. Les barons de l'Espérance , au contraire, après avoir essayé de détruire le premier mariage , font tous leurs efibrts pour soutenir le seciond. Voilà le point essentiel qui nous divise; il ne s'agit que de la préterencç entre les deux mariages.

Mais un autre adversaire s'élève , c'est le duc de Wiriemberg-Stutgard, qui, voiJant* envahir la. succession aux états de MontbeÛiard, s'efforce de proscrire également les deux mariages , et prétend qu'on ne les doit regarder que comme des traits de débauche d'un prince peu délicat, qui sous différera titres a su s'attacher successivement plusieurs maîtresses, auxquelles il s'est livré sans scrupule. H met dans la même classe la demoiselle de Hedwiger, Henriette Hedwic baronne de l'Espérance, et Elisabeth-Charlotte, sa sœur; il confond leurs enfans, et veut les réduire également au. triste sort d'enfans naturels , fruits malheureux.de la licence et des égaremens de leur -pète. Si de pareilles idées pouvaient former quelque préjugé , .il serjait fa^cile de les dissiper.

On ne prétend pas donner le feu cJuc de Montbelliard pour un, exemple de retenue et de modération dans se^ plaisirs ; mais ne doit-on pas distinguer dans le cours de sa conduite ce qu'il y a de pur, d'innocent, de légitime, d!av,ec ce qui se ressent de la corruption des passions? S'il a. formé d'abord des vœux que la religion elle-même ne puisse condamner , s'il les a consacrés au pied des autels , s'il a contracté une union sainte , indissoluble avec la demoiselle de Hedwiger ; ce premier engagement doit-il recevoir quelque atteinte des égaremens dans lesquels il s'est précipité depuis ? Supposons qu'il n'eût jamais connu ni Henrèette Hedwic baronne de l'Espérance , ni Elisabeth-Gharlotte , sa sœur ; qu'il . eût continué de vivre depuis 1 70 1 comme il avait fait jusque -là; qu'il fût demeuré. attaché à la demoiselle de Hedwiger; que du moins après s'en être séparé par le divorce de 1714 il n'eût livré son cœur à aucune autire : on demande ce que l'on pourrait reprocher à la de-

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nioiselle de Hedwiger , ce que Ton pourrait proposer contre son mariage et contre le sort de ses enfans ?

Op dirait, si l'on veut, que le duc de Monibelliard n'avait pas épousé une personne d'une condition égale à la. sienne, qu'il n'a pas voulu d'jbord la mettre en possession des honneurs dus à son caractère d'épouse légitime, quil a attendu long- temps à la traiter en souveraine , et son fils en prince héréditaire ; mais ces circonstances absolument indifférentes ne porteraient aucun coup aux droits ni de la femme ni de ses entans^ D'où viennent donc ces préjugés confus que l'on se forme contre eux ? C est uniquement deségaremens dans lesquels est tombé depuis le duc de Montbelliard j c'est des infidélités qu'il a laites à sa femme : mais peut-09 sans injustice la rendre coupable des fautes de son mari, et la punir des malheurs qu'elle a essuyés?

Qu'on distingue les pretnières démarches du duc de Montbelliard de celles qui ont suivi : tout est pur dans son attachement pour la demoiselle de Hedwiger , ce n'est que par un mariage honorable qu'il lui a été uni dans un temps de liberté; tout est criminel dans ce me la passion lui a lait faire depuis en faveur des deux baronnes de l'Espérance. Autant que celle qui a reçu ses premiers vœux est innocente , autant celles qui ont llatié depuis ses passions sont-elles coupables. Il y â donc de l'aveuglement à les confondre, et à vouloir que toute la conduite du duc de MontbeUiard ait été intëctœ des mêmes vices et des mêmes égaremens, parce qu'on ne peut se dispenser de reconnaître qu'il s'est porté aux

{)lus grands excès depuis qu'il a abandonné son épouse égitime. Ces préjugés dissipés, et la question réduite à son véritable objet , revenons à nos deux propositions.

Observations sur les deux premières propositions DES BARONS DE l'Espérance. — On cst toujours convcnu que la baronne de l'Espérance , depuis long-temps concubine du duc de Montbelliard, dont elle avait eu trois enfans, l'avait enfin épousé au mois d'août 17 18 au mépris de toutes les lois : mais on est bien éloigné de reconnaître que ce marine ait été fait avec cette solen-

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