PREMIÈRE PARTIE. SgS
nité et ces acclamations dont parlent nos adversaires; il est certain au contraire qu^il a été fait secrètement , et que le prince n'a accorde que long-temps après le rang et les honneurs de souveraine à la baronne de l'Espé*rance. Les pièces qu'ils invoquent pour soutenir cette publicité, ne répondent point aux idées qu'ils voudraient en donner, elles se réduisent à un acte -de célébration signé du seul ministre Gropp ; car pour le cerlificat qui parait avoir été donné le lendemain par quelques con*seillers du duc de Montbelliard, cette précaution même écarte plutôt Tidée de publicité , qu'elle n'est propre à l'établir.
On ajoute que tous les corps de la ville manifestèrent leur joie par dfes complimens qui ont été cpnservés dans leurs arcnives. Mais c'est ici une nouvelle imposture , qui se trouve confondue par la copie même de ces complimens que les barons de l'Espérance ont fait imprimer; lis ont eu soin d'en supprimer la date, ce qui prouve qu'ils sont fort postérieurs au mariage ; et en effet il n'y est pas dit un seul mot du mariage , et on ne félicite la baronne de l'Espérance que sur le jour de sa naissance; d'où il faut nécessairement conclure que ces complimens n'ont été faits que long-temps après le mariage , et de-
i>uis qu'il eut été rendu public. Il en est de même des ettres des princes et priiicesses de la branche de Wir*temberg-Oëls ; la plus ancienne est du premier dé*cembre 1720, plus de deux ans après le prétendu mariage de 1 7 1 8 : à quoi donc veut-on nous faire reconnaître ce caractère de publicité dont on essaie de décorer ce mariage ?
Mais autant que les barons de l'Espérance insistent sur des pièces si frivoles , et si peu propres à soutenir ce qu'ils avancent, autant ils négligent de répondre aux preuves contraires qu'on leur a rapportées. Le mariage de la baronne de l'Espérance est du 1 5 août 1 7 1 8 ; si ce mariage avait été solennel et accompagné de toutes les acclamations de la viUe, comment trouverait-on dans les registres d'une église de Montbelliard un ajcte de baptême du mois de septembre suivant , dans lequel la baronne de l'Espérance , marraine de l'enfant , n'est qua*
o94 OEUVRES DE COCHIN.
lifiée que illustre dame Elisabeth-Charlotte y baronne de l'Espérance ? Il n'y est parlé ni d'akesse sérënissime , ni de duchesse de Monlbelliard , ni d'épouse du prince régnant; elle est traitée conune elle l'aurait été dix ans avant son mariage. Cette preuve n'est pas suspecte ; elle justifie le secret gardé sur le mariage , la privation du rang, des honneurs, des qualités dont on suppose que la baronne de l'Espérance a été revêtue au moment de son mariage; en un mot, elle dissipe toutes les fumées de grandeur dont il plaît aux barons de l'Espérance de-«e repaître.
Dans quel temps le mariage de la baronne de l'Espérance a-t-il donc été connu et rendu public ? Dans quel temps a-t-elle commencé à jouir des honneurs? Ce n'a été qu'en 1 720, et dans le temps que le duc de MontbeUiard les a aussi accordés à son épouse légitime. Les deux mariages, si différens dans ce qui en constitue Fessence et la validité, ont été traités de même par le duc de Montbelliard; ils n'ont été suivis ni l'un ni l'autre de ces marques d'honneurs dus a la seule épouse légitime. La demoiselle de Hedwiger, comtesse de Sponeck, et la baronne de l'Espérance, ont continué de porter leur nom de fille , et ce n a été qu'au mois d'avril 1720 , qu'après leur avoir fait passer un acte où elles se traitaient également d'épouses légitimes , le duc de MonthelUard leur a laissé prendre les titres de duchesses et d'altesses serénissimes.
Qu'on n'attribue tlonc à la baronne de l'Espérance aucun avantage sur la comtesse de Sponeck du côté des honneurs , comme si celle-là en était en possession daiïs le temps même de son mariage , et que celle-ci ne les eût obtenus que long-temps après; leur sort a été le même à cet égard , et le même instant qui a vu naître les honneurs de l'une , a vu l'autre entrer en possession des mêmes prérogatives . Mais comme ce n'est pas cela qui décide de la validité du mariage de la baronne de l'Espérance, voyons si ce que ses enfans allèguent pour le justifier, peut s e soutenir.
I. Ils prétende nt d'abord qu'il n'y avait aucun empêchement dirim ant; que quoique le duc de Montb^-