PREMIÈRE PARTIE. 1{.0Q
contre lui ^ faute d'exécuter cette promesse ; il avait donc retire dès lors sa parole , et il n'a jamais cesse un instant depuis de persister dans son refus.
Nous en avons une preuve qui n'est pas e'quivoque dans la sentence du consistoire ae Breslau du 2 1 mars 1 695 , qui porte que si le sieur Zeidlitz voulait constamment insister dans sa résistance déduite dans les actes y et que suis>ant V aversion qu'il a jusqu'ici témoignée ^ il ne "Voulut pas se laisser induire au muriage y il sera tenu de donfier juste satisfaction à la demanderesse^ etc. Oh ne peut donc pas douter que le sieur Zeidlitz n'eût rompu avec la famille de la demoiselle de Hedwiger , et n eût rompu même avec e'clat et avec aigreur, au moins depuis 1692. Pourquoi donc n'aurait-il pas été permis à la demoiselle de Hedwiger en 1 695 j de s'engager au mariage proposé par le prince de Montbelliard? Une résistance aussi constante, aussi envenimée de la part du sieur Zeidlitz, au moins pendant trois années entières, permettait-elle de penser qu'il pût revenir à ses premiers sentimens? Et si cela était impossible^ la demoiselle de Hedwiger n'avait-elle pas une pleine liberté de se rendre aux recherches du prince de Montbelliard ?
Mais si cela est. dit-on, pourquoi poursuivilit-on encore le sieur Zeialitz en 1695? La réponse se présente d'elle-même à ceux qm ne veulent pas s'aveugler. Ces
Eoursuites n'étaient pas l'ouvrage de la demoiselle de [edwiger personnellement, et l'on peut dire qu'elles lui étaient absolument étrangères. Elle était née au mois d'avril 1676, ainsi elle n'avait que seize ans lorsque le sieur Zeidlitz refusa d'accomplir les promesses qu'il avait faites, et lorsqu'on obtint contre lui un interdit ecclésiastique en 1692. Peut -on imaginer qu'elle eût quelque part ni aux promesses en elles -» mêmes , ni aux poursuites qui furent iaites , lorsqu'elle était encore dans un âge si peu avancé? Il est évident que c'était à sa mère , que c'était à sa famille que les promesses avaient été iaites , et que c'était cette même famille qui en poursuivait l'exécution. Si on ne peut imputer à la demoiselle de Hedwiger les premières démarches , il est
4^0 OEUVRES DE COCHIfT.
aisé de juger qu'elle n'a pas eu plus de part à celles cpii ont suivi en 1695. On voit même par la sentence dv. 2 1 mars 1 696 , oue sa famille ne pensait plus à faire exécuter au sieur ^eidlitz ses engagemens, mais qu'eDe se proposait uniquement d'obtenir une juste réparation: ainsi robstacle chimérique qu'on voudrait trouver au mariage contracté avec le prince de Montbelliard , se dissipe de lui-même. Depuis plus de trois ans il n'était plus question du sieur z^eidlitz ; il avait manifesté nonseulement sa résistance, m'his même son aversion, par une suite d'actes qu'il avait fait signifier; quel obstacle y avait-il donc au mariage de la demoiselle de Hedwiger avec le prince de Montbelliard ?
On ne s'arrêtera pas à une autre difficulté nouvellement imaginée par les barons de l'Espérance. La demoiselle de Hedwiger, selon eux , ne pouvait pas être à Rejouits le premier juin 1695, puisqu'on voit une lettre
3ui lui iut écrite le 2,8 mai précédent par la duchesse 'Oèls , et qui est adressée à Kake. Mais les barons de l'Espérance fournissent eux-mêmes la réponse à leurob-
I'ection ; car ils conviennent que cette lettre est écrite par a duchesse d'Oëls, de Weilning, à cent soixante lieues de Kake. Dans cet éloignement, est-il bien étonnant que la duchesse d'Oèls ne sût pas précisément la marche de la demoiselle de Hedwiger? iSfe pouvait-elle pas même penser qu'avant que sa lettre fût arrivée, la demoiselle de Hedwiger pouvait être revenue à Kake ? C'en est trop pour écarter une pareille observation.
Du côté du prince de MontbeUiard , l'obstacle n'était pas plus réel, et le prétendu alibi est une véritable chimère. En vain les barons de l'Espérance prétendentils avoir fouillé dans les archives des conseils de l'empereur, et y avoir trouvé des ordres adressés au prince de Montbelliar(Jen Hongrie dans le cours de l'année 1696? Quand ils auraient fait une pareille découverte, une réponse simple dissiperait cette illusion. Le régiment du prince de Montbelliard était en Hongrie ; il y avait de temps en temps des ordres à donner pour en régler la marche, et c'est toujours au colonel présent ou absent que ces ordtes s'adressent; il ne serait donc pas extraor-