‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 142 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE. i^ll · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. i^ll

dinaire qu'on en eût trouve plusieurs dans les chancel-» leries de Vienne, sous le nom du prince de Montbelliard ; mais ces ordres n'étaient vëritablement adresses qu'au régiment et non au colonel personnellement; c'est un usage constant, et qui n'est ignoré d'aucun de ceux qui sont au fait du service militaire.

( Lettres ndre$sées ù quelqu'un dans un lieu , ne prouvent pas qu'il y fût alors. )

Pour avoir une preuve non équivoque de la présence du prince de Montbelliard en Hongrie, et de son service actuel à la tête de son régiment^ ce n'était pas par des (»*dres à lui adressés qu'il iallait le justifier , mais par des lettres et des réponses écrites de sa part. Peuton concevoir en effet que s'il avait reçu tant aordres des ministres de l'empereur, il n'eût jamais rendu compte de leur exécution? On rapporte bien des lettres qu'il écrivit au conseil de guerre les 21 octobre, il et 29 novembre 1694. Pourquoi ne s'en trouve-t-il pas une seule des mois de mars, avril, mai et juin 169&? Les barons de l'Espérance n'auraient pas manqué de les rapporter s'il s en était trouvé; il faut donc , ou qu'ils conviennent qu'il n'était point en Hongrie , ou qu'ils soutiennent que quoiqu'il y fût, il aura été quatre mois entiers sans écrire aux ministres de l'empereur , et sans faire une seule réponse à tant d'ordres qui lui étaient adressés: ce qui choque le bon sens. Il est donc évident que son silence ne vint alors que de ce qu'il n'était point en Hongrie avec son régiment ; ce qui détruit invinciblement le prétendu alibi. On ne peut prouver le séjour d'une personne dans un lieu, uniquement parce qu'on lui a adressé des lettres dans le même endroit; ce ne serait que par ses réponses qu'on pourrait le justifier. Il n'y en a aucune du prince de Montbelliard dans le temps critique. En faut-il davantage pour établir qu'il n'était point en Hongrie comme on le suppose? Au sur-

5 lus, les barons de l'Espérance n'ont produit aucune e ces lettres , aucun de ces ordres dont ils prétendent appuyer leur prétendu alibi; ce qui aurait pu dispenser d y répondre : mais en les supposant , il est évident

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qu'ils n'en sauraient tirer aucun avantage. Ces prétendus obstacles une fois écartes, passons à la seconde réflexion, et voyons si l'acte de célébration administre par luimême des preuves de fausseté.

Première preuve de fausseté. — Pourquoi le prince de Montbelliard aurait-il été chercher une église en Pologne pour se marier? On prétend que le duc Georges, son père, consentait au mariage ; rien ne Tem péchait donc de se marier en Silésie.

Mais quel nouveau genre de preuve nous administre ce raisonnement? Le prince de Montbelliard n'était point obligé d'aller en Pologne pour se marrer : donc il est faux qu'il y ait été. Si c'est là une de ces réflexions sur lesquelles les barons de l'Espérance fondent leur triomphe, on demande s'il y en a jamais eu un plus chimérique? De quel acte ne pourrait-on pas dire, il a été passé dans un tel lieu ; mais par quelle raison ne l'a-t-il pas été dans un autre? Avec ce raisonnement, on pourrait détruire les actes les plus solennels. D'ailleurs les barons de l'Espérance supposent apparemment que personne n'est instruit de la situation de la Pologne par rap Sort à la Silésie; on dirait , à les entendre, que le prince e Montbelliard a entrepris sans objet un voyage de long cours; mais il est constant que la Silésie et la Pologne se touchent, et qu'il n'a fallu qu'un jour de chemin pour gagner Rejouits. Comment donc serait-il, on ne dit pas impossible , mais même extraordinaire, que le prince de Montbelliard eût pris le parti de s'y rendre pour y recevoir la bénédiction nuptiale ?

Seconde preuve de fausseté. — L'acte de célébration n'est écrit sur le registre de Rejouits que longtemps après sa date; la page sur laquelle il se trouve, contient huit mariages depuis le 27 février jusqu'au 29 septembre. C'est après ce dernier mariage qu'iY est resté un peu de blanc , et c'est dans ce blanc qu'on a inscrit l'acte de célébration en question , sous la oaie du 1®*' juin : donc l'acte est supposé , et fait après coup par un ministre prévaricateur.

Mais ce système, forgé par la maUgnité , n'esl-il pas renversé par ce qu'on a établi, que l'acte de célcbralion

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