‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 145 sur 196 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

fatales. On dit, dans Tacte de célëhration, que les deux ëpoux venaient du duché de Teschen , et qu'on n'avait pas voulu les y marier s'ils ne changeaient de religion. Tout cela est faux, s'écrient les barons de l'Espérance; ils venaient du duché d'Oëls, où rien ne les empêchait de se marier, puisqu'on y suit la religion luthérienne.

Un pareil démenti est facile à donner; mais de quelles preuves peut-il être soutenu? Le duché de Teschen e$t en Siiésie, sur les frontières de la Pologne. Le duc de Montbelliard , qui pouvait avoir des raisons de ne se

5 oint marier à Oëls, s'était rendu sans doute dans le uché de Teschen, où on avait refusé de le marier, et avait passé de là en Pologne. Qu'y a-t-il donc en cela qui puisse former la moindre présomption de faux , et ui combatte les énonciations qui se trouvent dans Tacte e c^ébration? Il pladt aux barons de l'Espérance, de leur autorité seule, de nier ces énonciations; cela leiur suffit pour crier à la fausseté de l'acte même : mais croient-ils donc trouver une docilité si aveugle dans les esprits? On ne peut pas savoir aujourd'hui lout le détail de ce qui s'est passé , lorsque le duc de Montbelliard et la demoiselle de Hedwiger se sont rendus à Rejouits : on ne peut avoir aucune preuve ni de ce qu'ils venaient du duché de Teschen, ni de ce qu'on avait refusé de les marier; mais il suffit qu'il n'y ait point preuves du contraire : il suffit même que cela soit possible, comme on ne {)eut pas en douter, pour que les prétendues critiqués de 'acte s'évanouissent.

n est vrai qu'il parait une erreur dans l'acte, en ce que l'on dit que l'époux était dans le service de l'électeur de Saxe, au lieu que le duc de Montbelliard servait dans les troupes de l'empereur; mais on demande à toute personne équitable, si une pareille erreur, glissée dans un acte que le ministre n'a dressé que six mois après le mariage , peut feire , non pas une preuve , mais un soupçon même apparent de fausseté.

Quant aux noms des deux époux , les barons de l'Espérance supposent toujours qu'ils pe sont qu'en lettres isûtiales ; ils suppriment sans cesse ce fait important , que

CocaiN. loiiB lu ^7

les noms de Léopold-^Eberard , qui étaient ceux du duc de Monibelliard , et les noms a Arme^Sabine , qui e'taient ceux de la demoiselle de Hedwiger , y sont écrits tout au long et en toutes lettres ; mais plus ils gardent le silence à cet égard, et plus on croit être en droit de les rappeler à cette vérité essentielle ; car enfin , peut - on hésiter à reconnaître dans cet acte de célébration Léopold-Eberard, duc de Wirtemberg-Montbelliard, et Anne-Sabine de Hedwiger, quand on voit quQc^est Léopold-Eberard avec les lettres initiales de duc de Wirtemberg-Montbelliard, et Anne -Sabine avec les lettres initiales de Hedwiger, qui ont été mariés? Ce concours si exact des deux noms propres du mari et des deux noms propres de la femme, ne sera-t-il que l'eifet du hasard ? Cet accord si parfait des lettres initiales ne sera-t-il encore qu'une rencontre favorable qui aura servi heureusement l'imposture? De pareilles idées ne servent qu'à révolter contrç ceux qui en font ressource.

Du moins, nous dira-t-on, il paraît bien inconcevable qu'un acte aussi important que celui dont il s'agit n'exprime que par des lettres initiales une partie des noms des deux époux; c'est exposer leur sort à l'incertitude et à la critique, quand au contraire la vérité la plus lumineuse doit se faire reconnaître dans un titre de cette qualité. Mais quand on aurait pu apporter plus de précautions dans la rédaction de cet acte , ne sumt-il pas d'y reconnaître si parfaitement les ^qmx époux , qu'il soit impossible de s y tromper? Quatre noms propres, six lettres initiales, iorment, par leur concours et par leur accord, une application si juste et si nécessaire, qu'il y aurait de l'aveuglement à demeurer encore dans quelque sorte d'incertitude.

Ajoutons que les lettres initiales deviennent encore plus claires, quand on observe que rien n'est plus commun en Allemagne que de s'en servir dans des actes m^me de la plus grande conséquence. Par rapport au feu duc de Montbelliard en particulier, on voit qu'il n'a signé les actes des 17 juin et 3o novembre 1720, qu'avec les mêmes noms et les mêmes lettres initiales qui S|^ trouvent dans l'acle de célébration^ Léopqld^Ebo^

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