PREMIÈRE PARTIE
parmi nous. On pourrait y insërer des actes de mariage entre des parties qui n'auraient jamais pense à s'ëpouser. Deux personnes pourraient se présenter devant un ministre, et prendre d'autres noms, d'autant plus qu'il n'est Î>as nécessaire de s'adresser à son propre pasteur; ainsi a foi publique pourrait facilement être violée, ce qui vient de l'imperfection des lois et de la police de ces ëtats. Comment donc la foi des mariages peut-elle y être établie? Comment pourrait-on convaincre un des époux de perfidie? Ce serait en joignant à l'autorité du registre la preuve par témoins, ce serait par les reconnaissances que les deux époux auraient faites de la vérité de leur mariage, avant que l'un des deux eut eu la mauvaise foi de le désavouer; ce serait, en un mot , par tous les autres genres de preuves que l'on pourrait rassembler. •
Appliquons ces réflexions au mariage du duc de \
Montbelliard , et à la difficulté qu'élèvent nos adversaires. Si l'un des deux avait voulu méconnaître l'autre pour son mari ou pour sa femme , aurait-on pu le confondre par le seul acte de célébration de Rejouits? Cela aurait peut-être été difficile; mais il en aurait été de même de tous les autres mariages contractés, soit à Rejouits, soit dans tous les pays où l'on n'apporte pas plus de forme pour la rédaction des actes de célébration. Ces actes n'étant signés de personne, ne font pas naturellement une preiive complète et décisive; la circonstance des lettres initiales dans celui du duc de Montbelliard , ne l'aurait pas mis dans une classe différente, soit parce que l'expression des noms propres du mari et de la femme est si claire , soit parce que les lettres initiales ont une application si juste et si nécessaire , qu'on n'aurait pas pu douter qu'on ne dût les entendre du duc de Montbelliard et delà demoiselle de Hedwiger; mais il ëtait toujours vrai que cet acte n'étant signé de personne , ne pouvait raire une foi entière. Il aurait donc fallu, de même que pour les autres mariages , recourir au3^ autres genres de preuves , à la preuve testimoniale, à la reconnaissance du mari et de la femme; aux lumières que la duchesse d'Oëls était en çtat de donner.
et avec ces secours si nécessaires pour tous les mariages des protestans , Finfidëlité n aurait-elle pas ëté confondue ?
Nous les rapportons ces preuves si décisives ; en-
3uêtes juridiques , traités solennels , actes géminés et ans les termes les moins suspects, reconnaissances des princes et princesses de la même maisdii; c'est donc une illusion de nous dire que l'acte par lui-même ne ferait pas une preuve complète. Le même reproche serait commun à tous les mariages, et par conséquent ne peut rien décider; mais pour ce mariage, comme pour tous les autres, le registre renferme un monument qui , soutenu des autres preuves qui s'y réunissent, dissipe jusqu'au moindre doute.
On croit donc avoir vengé l'acte de célébration qui est sur le registre de Rejouits , de tous le§ reprochés qu'une aveugle passion a tenté de faire valoir. Mais peut-on finir cette réponse saïis observer avec quelle tranquillité les barons de l'Espérance passent sur l'acte de célébration écrit et signé du ministre Fuchs, et délivré en allemand le jour même du mariage? Cet acte ne fait point à la vérité partie du registre public , mais il est écrit et signé de la main du ministre , ce qui lui donne encore plus de poids que n'en aiu*ait une simple mention non signée sur le registre ; il n'est point daté , maïs il a au moins une date certaine avant la mort de ce ministre décédé en 1716. La pièce, au surplus , n^est exposée à aucune des critiques élevées contre le registre; si ce n'est celle qui se tire des lettres initiales , que l'on croit avoir pleinement détruite; cependant, quoique cette pièce fût suffisante indépendamment du reçistre , il plaît aux barons de l'Espérance de la passer absolument sous silence , ou du moins de l'écarter en passant comme un certificat qui n'étanrsigné de personne , ne mérite pas de fixer leurs regards; mais cependant c^esl un acte entièrement écrit et signé de la maân du ministre : quelle témérité ! Est-îi difficile avec une pareille conduite d'éblouir et de surprendre ceux qui n'étant pas instruits ne peuvent pas être en garde contre de pareilles suppositions ?
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