‹ Œuvres complètes de Cochin (volume 3)Chapitre 150 sur 196 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

avec de pareils moyens resiera-l-ii donc une vérîtë sur la terre ? Que les barons de l'Espérance nous disent donc quels sont les genres de preuves dont l'esprit humain puisse être frappe ? Mais quelle preuve d'antidaté et de fausseté trouve-t-on dans le divorce ? Ne seraitce point assez qu'il fiit signé d'un souverain , dont ils se disent entans légitimes , pour les tenir dans le respect ? Mais non, il ne faut pas leur demander de pareils sentimens ; cet acte les blesse , c'en est assez pour qu'il devienne criminel à leurs yeux , et leur propre père n'échappera pas à la plus atroce de toutes les accusations.

On juge bien qu'après cela ils ne seront pas touchés de ce grand nombre de ministres consistorl^x qui l'ont signé, et qui par leur signature et leur approbation en assurent la date. Voici cependant une observation qui peut les embarrasser : entre ces ministres on trouve le sieur GropOy qui est le même qui a marié leur mère, et qui en a délivré l'acte de célébration ; on trouve encore le sieur Brissehouoc y qui a signé l'attestation du mariage de la baronne de l'Espérance ; ces deux hommes sont-ils des imposteurs, des faussaires, gens capables de se prêter à une antidate ? Mais alors que devient la jfoi de ce mariage dont les barons de l'Espérance font trophée ? Ne tomberait-il pas sous le même coup qu'ils veulent porter au divorce/ C'est trop s'arrêter à combattre des absurdités qui ne sont propres qu'à attirer sur leiurs auteurs la plus juste indignation.

A la reconnaissance du mariage qui se trouve dans l'acte de divorce , on a joint celle qui résulte du traité de Wilbade , dans lequel le duc de Montbelliard déclare qu'// n'a jusqu'à présent passé à aucunmariagelicite, suffisamment qualifié^ ainsi que Vétat de leur maison de prince le requiert. On a conclu de ces termes que 1^ duc de Montnelliard était donc marié , quoique avec une pbx«<mne de condition inégale ; et comme il n'y a jamais eu d'autre ntcnrU.^. mm celui de i6q5^ ^^^ sou-, tenu que le traité même de Wilbade en contenait la reconnaissance. Ce raisonnement est simple et décisif; mais y en a-t-il que les barons de l'Espérance ne lour-

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lient à leur avantage? Il est vrai, disent-ils, que le traite de Wilbade prouve que le duc de Montbelliard avait été marié, mais avec qui? Ce n'est pas avec Anne-Sabine de Hedwiger dont on ne rapporte qu'un faux acte de célébration ; c'est avec la baronne de l'Espérance notre mère. D est vrai que nous n'avons point d'actes qui prouvent ce mariage, que nous n'en trouvons ni énonciations, ni aucune sorte de vestige : n'importe, puiscpie le duc de Montbelliard était marié, c'était avec la baronne de l'Espérance ; de simples paroles suivies de copulation forment un mariage parmi les protestans ; c'était ce qui avait formé l'engagement avec la baronne de l'Espérance.

A de pareilles suppositions , fruits d'une imagination

au'aucun fr^in ne peut retenir , quelle réponse nous emanderait-on? Aussi habiles à forger un mariage chimérique, qu'à combattre un mariage parfaitement

i'ustifié, les barons de l'Espérance nous promènent dans e pays des visions et des vapeurs ; ils nous donnent leurs rêves pour des réalités; bien assurés que si nous entreprenions de les combattre , nos armes porteraient toujours à faux puisqu'on ne nous présente que des fantômes ; dans ce combat , les enfans de la baronne de l'Espérance auraient trop d'avantage si on voulait se livrer à Ja discussion du prétendu mariage dont ils nous

Sarlent; ils seraient à l'abri de toute critique : point ^ alibi à leur opposer, point de feusses énonciations a relever, point de lettres. initiales à expliquer, point d'acte rédigé après coup ; ils sont inabordables de tous les côtés : aussi est-ce un avantage qui n'est réservé qu'à la chimère.

Mais , disent-ils , lisez bien le traité de Wilbade , et pesez bien tous les termes de la clause que vous venez de rapporter. On dit que le duc de MontbeUiard n'a point passé à un mariage licite suffisamment cmalifié: voilà deux épithètes qui ont chacune en partici^»*»» ^^^ graudQ «^nereie; la seconde pon^**^* vunVenir à un mariage avec Ta demoiselle de Hedwiger mais il n'en était pas de même de la première : il aurait été licite ^ parce qu'il n'y avait point d'empêchement à leur union.

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